Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Murs de briques ouverts
- Escaliers et passerelles en acier
- Éléments en verre
- Portrait de Glória Maria
L’histoire du lieu
Des escaliers et des passerelles en acier traversent l’ancienne maçonnerie de briques, et les ouvertures de fenêtres vides sont par endroits remplies de verre. Les architectes n’ont pas restauré les pièces disparues : ils ont consolidé la maçonnerie et installé entre les murs une salle d’exposition, une scène et des espaces pour les concerts. C’est ainsi que le Parque des ruines a ouvert ici à la fin du siècle dernier. Plus tard, le parc a reçu le nom de Parque Glória Maria, en hommage à la journaliste Glória Maria, et son portrait de quatre mètres a été installé sur la place.
De l’ancien hôtel particulier, il ne reste qu’une enveloppe de murs de briques. Autrefois, il y avait à l’intérieur des meubles, des tableaux et un piano à queue, et la maîtresse de maison décidait qui entrerait dans ces pièces et avec qui il y ferait connaissance.
En mille neuf cent onze, Laurinda Santos Lobo hérita de la maison et de l’immense fortune de son oncle, Joaquim Murtinho. L’argent provenait des entreprises familiales, surtout du commerce du maté. Laurinda pouvait vivre de son héritage, mais elle l’utilisa aussi comme mécène : elle organisait régulièrement dans l’hôtel particulier des réceptions avec de la musique, des poèmes et des danses. Ces réunions étaient alors appelées des salons. Pour un artiste débutant, une invitation signifiait rencontrer des critiques de journaux, des diplomates et des personnes prêtes à financer un concert ou un voyage.
L’un des invités était Heitor Villa-Lobos, un compositeur qui cherchait à faire jouer sa musique nouvelle. En mille neuf cent vingt, il gagnait encore sa vie comme violoncelliste dans des théâtres, des cinémas, des cafés et des cabarets. Laurinda organisait des concerts de ses œuvres et rejoignit le cercle de riches mécènes qui réunissaient pour lui de l’argent destiné à son travail et à ses voyages.
En mille neuf cent vingt et un, Villa-Lobos lui dédia « Quarteto – Impressões da vida mundana », pour voix féminines, flûte, saxophone, célesta et harpe. La création eut lieu dans la salle du journal Jornal do Commercio, et non dans cette maison. Mais c’est dans le salon d’ici que le compositeur trouva le soutien et les auditeurs sans lesquels il n’y aurait peut-être pas eu de concert public. Dès février mille neuf cent vingt-deux, le même « Quarteto » fut donné lors de la Semana de Arte Moderna à São Paulo, puis, en mai mille neuf cent vingt-quatre, à Paris sous la direction de l’auteur. La dédicace à Laurinda est restée dans la partition.
Après la mort de Laurinda, en mille neuf cent quarante-six, les réceptions cessèrent. Elle n’avait pas d’enfants ; elle légua la maison et la collection à une société homéopathique qui ne parvint pas à entretenir ces biens. L’hôtel particulier se vida, fut pillé et occupé par des tiers. Dans les années mille neuf cent quatre-vingt-dix, des salons, il ne restait que des murs aux ouvertures vides.
Les architectes Ernani Freire et Sônia Lopes ne cherchèrent pas à recréer les intérieurs disparus. Ils consolidèrent l’ancienne maçonnerie avec de l’acier, y firent passer des escaliers et des passerelles, et fermèrent certaines ouvertures avec du verre. En mille neuf cent quatre-vingt-dix-sept, on ouvrit ici le Parque Glória Maria, alors appelé le parc des Ruines, avec une salle d’exposition, une scène et des espaces pour les concerts. Le mot « ruines » était le nom littéral du matériau de construction que les architectes avaient conservé.
Officiellement, le parc porte désormais le nom de Glória Maria. Elle n’a pas vécu dans l’hôtel particulier, bien qu’elle y ait travaillé une fois : elle y a tourné la Retrospectiva télévisée de deux mille onze. Glória Maria était une journaliste brésilienne noire qui, en mille neuf cent soixante-dix-sept, réalisa le premier reportage télévisé en direct et en couleur du Brésil : depuis l’Avenida Brasil, elle montrait un embouteillage. Son apparition à l’écran ouvrit la profession aux téléspectatrices qui, jusque-là, voyaient rarement des femmes noires dans le rôle de reporter de télévision.
Quelques mois après la mort de la journaliste, en deux mille vingt-trois, la ville donna son nom à ce parc culturel populaire, en citant explicitement comme raison sa contribution au journalisme et son importance pour plusieurs générations de femmes noires. Plus tard, un portrait de quatre mètres de Glória Maria, un globe terrestre entre les mains, fut installé sur la place. Derrière lui se dressent les murs ouverts du salon de Laurinda Santos Lobo.
Sur place
L’accès à l’intérieur dépend de l’activité actuelle du parc, qu’il vaut mieux vérifier à l’avance. Sur les espaces ouverts, restez sur les passages balisés et tenez compte du fait que les escaliers et les passerelles peuvent être inconfortables en cas de peur du vide.
