Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Marches de pierre
- Façades de maisons de ville
- Calebasses séchées
- Boutique Hyōtanya
L’histoire du lieu
En mille neuf cent cinquante-cinq, les habitants du quartier de Kiyomizu-dera adressèrent une pétition aux fonctionnaires municipaux : ils demandaient de paver le chemin de Sannen-zaka jusqu’à la descente voisine. La pétition expliquait clairement pourquoi ils voulaient de la pierre sous leurs pieds. Les personnes qui passaient d’un temple à l’autre devaient s’arrêter dans les maisons de thé, les boutiques de céramique et chez les vendeurs de souvenirs. Beaucoup de familles vivaient ici de l’argent des pèlerins ; un bon chemin piétonnier leur apportait des clients. La ville accepta la pétition.
Le commerce existait sur cette pente bien avant le tourisme moderne. On la remontait pour aller à Taizan-ji, un petit temple rattaché à Kiyomizu-dera, où l’on attribuait à la pagode Koyasu le pouvoir d’aider lors des accouchements. Les femmes s’y rendaient pour demander un heureux dénouement de leur grossesse. D’où l’une des anciennes explications du nom : « san » signifie la naissance, « nei » le calme et le bonheur ; Sannen-zaka devenait la « route des accouchements heureux ».
C’est une légende, et non l’histoire établie du nom. Dès les guides de mille six cent cinquante-huit, trois variantes coexistent : Sannen-zaka, la « pente des trois ans » ; Sannen-zaka, la « pente des accouchements heureux » ; et Sannen-zaka, la « pente de la prière répétée ». Un guide plus tardif affirme que le chemin fut tracé en huit cent huit, la troisième année de l’ère d’alors, et qu’il fut donc nommé Sannen-zaka. Il n’existe aucun document de cette époque qui confirmerait cette date.
En revanche, l’ancienne croyance des trois ans est attestée avec précision. Une description de la ville datant de mille six cent soixante-dix-neuf dit déjà que celui qui tombe dans cet escalier raide mourra avant d’avoir vécu encore trois ans. Les vendeurs trouvèrent un remède à cette condamnation. Ils proposaient aux pèlerins de petites calebasses séchées : on croyait qu’en cas de chute, l’âme glissait hors du corps, et que la calebasse creuse la capturait et la rendait à son propriétaire. Tout le long des marches se dressait une rangée entière de telles boutiques. Une personne craignait de perdre la vie, le commerçant gagnait de l’argent grâce à l’amulette, et le nom de « pente des trois ans » recevait une explication convaincante à chaque achat.
Après la guerre, les propriétaires des magasins d’ici misèrent de nouveau sur les piétons. En mille neuf cent soixante et onze, ils se regroupèrent au sein de l’Association de protection des promenades de Higashiyama et obtinrent des restrictions pour les automobiles les dimanches et jours fériés. La ville proposa ensuite de préserver non plus un seul escalier, mais toute la rangée de maisons. Les propriétaires devraient faire approuver les modifications des façades ; en échange, on leur promettait une aide pour les réparations.
Les habitants craignaient qu’après cette décision, ils ne puissent plus réparer librement leurs propres maisons et que l’argent promis ne s’épuise. Les fonctionnaires et les propriétaires tinrent plusieurs séries de réunions avant de parvenir à un accord. En mille neuf cent soixante-douze, Sannen-zaka devint le premier district spécial de préservation du bâti historique à Kyoto. Quatre ans plus tard, elle fut intégrée au premier groupe d’ensembles protégés par l’État.
Depuis lors, ce que renferment les maisons peut changer bien plus librement que leur aspect côté rue. D’où l’organisation actuelle de la pente : derrière les façades d’anciennes maisons de ville s’ouvrent de nouveaux magasins, mais l’escalier reste un passage commerçant. À son extrémité basse subsiste Hyōtanya, une boutique de calebasses fondée en mille huit cent trente-sept. Les autres vendeurs de cette amulette ont disparu ; les marches sur lesquelles leurs clients craignaient de tomber ont intégré l’ensemble protégé.
Sur place
La rue est toujours ouverte ; le rythme le plus calme est tôt le matin et en fin de journée, les magasins suivent leur propre horaire.
Vérifié : 16 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Regardez où vous mettez les pieds, surtout sur la pierre mouillée, et écartez-vous sur le côté avant de vous arrêter : l’escalier reste un passage animé, et non une plateforme d’observation.
