Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’inscription dorée sur l’aile latérale
- Les figures de la façade
- Les détails dorés de la façade
L’histoire du lieu
La salle derrière cette façade sert encore aujourd’hui de principale scène de la ville. Le terrain au bord du lac fut choisi après qu’une commune voisine eut proposé de l’argent à la ville pour le théâtre, espérant attirer du public dans les établissements les plus proches. Le bâtiment lui-même fut payé par les propriétaires des actions du théâtre, et des mécènes ajoutèrent les figures et la dorure de la façade. Le théâtre reçut son nom actuel plus tard, mais la scène resta la même.
Sur l’aile latérale du théâtre, une phrase est gravée en lettres d’or : « Dédié à l’art par la bienveillance des citoyens. » Cette inscription indique qui a obtenu que le bâtiment soit construit précisément ici et qui l’a payé.
Dans la nuit du premier janvier mille huit cent quatre-vingt-dix, l’ancien Aktientheater, près du Hirschengraben — la première scène permanente de Zurich — brûla. Le président de la société théâtrale fit sortir les spectateurs de la salle en feu ; personne ne mourut. Après l’incendie, le riche industriel de la soie Robert Schwarzenbach, qui dirigeait le conseil de la société et militait pour un nouveau théâtre, refusa un local provisoire. Celui-ci aurait permis aux fonctionnaires de repousser le grand chantier. Schwarzenbach promit d’ouvrir une nouvelle salle dès la saison théâtrale suivante.
La société émit sept cent cinquante actions de mille cinq cents francs. Chacune donnait le droit de louer deux places privilégiées dans les loges ou à la galerie. Au début, les acheteurs manquaient et il fallut prolonger le délai de souscription, mais les moqueries d’un journal de province piquèrent les riches Zurichois : une semaine plus tard, toutes les actions avaient été souscrites.
Il fallait alors un terrain. On discuta du Heimplatz, près de l’actuel Kunsthaus de Zurich, et d’un terrain près de l’Utoquai, alors appelé Dufourplatz. Les communes voisines espéraient que le public apporterait de l’argent aux établissements les plus proches et commencèrent à proposer des subventions à la ville. Riesbach attribua cinquante mille francs à condition que le théâtre soit construit près du lac. Les députés choisirent ce terrain. La ville paya la consolidation du sol marécageux, les actionnaires le bâtiment lui-même, et les mécènes les figures, les fresques et la dorure. Vingt et un mois plus tard, le Stadttheater Zürich ouvrit ici.
Quarante-six ans plus tard, une première eut lieu sur sa scène et détermina le destin de l’un des grands opéras du vingtième siècle. Le compositeur autrichien Alban Berg écrivait « Lulu » à l’époque où les fonctionnaires nazis déclaraient la musique atonale dégénérée et où les théâtres allemands cessaient de jouer son opéra antérieur, « Wozzeck ». Berg perdait ses honoraires et préparait une suite pour orchestre, espérant intéresser au moins une scène étrangère. En décembre mille neuf cent trente-cinq, il mourut soudainement, n’ayant eu le temps d’orchestrer entièrement que les deux premiers actes de « Lulu » et certaines parties du troisième.
La veuve du compositeur, Helene Berg, voulait porter sa dernière œuvre à la scène. Elle demanda à Arnold Schönberg et Anton Webern d’achever l’orchestration, mais tous deux refusèrent. Le chef d’orchestre Robert Denzler entreprit alors de mettre en scène ce qui avait été conservé ici, à Zurich. Le deux juin mille neuf cent trente-sept, Bachrija Nuri Hadžić chanta Lulu pour la première fois. Après les deux actes, les interprètes durent remplacer le troisième acte manquant par une pantomime accompagnée de deux fragments achevés de la suite.
Le succès de cette mise en scène convainquit Helene Berg que l’opéra pouvait exister dans sa version zurichoise. Elle se mit à interdire à d’autres musiciens d’achever la partition et limita l’accès aux manuscrits de son mari. Pendant près de quatre décennies, les théâtres ne jouèrent que deux actes.
Le compositeur Friedrich Cerha reconstitua secrètement l’orchestration du troisième acte. Après la mort de Helene Berg, son fonds tenta d’empêcher la mise en scène intégrale par voie judiciaire, mais perdit. En mille neuf cent soixante-dix-neuf, « Lulu » en trois actes fut jouée pour la première fois à Paris.
Le bâtiment au bord du lac reçut son nom actuel — Opéra de Zurich — en mille neuf cent soixante-quatre. La scène principale demeure derrière la même façade où la première « Lulu » s’acheva par une pantomime ; son véritable troisième acte ne retentit dans son intégralité que quarante-deux ans plus tard.
Sur place
L’extérieur est accessible depuis l’extérieur ; spectacles et visites guidées uniquement selon les horaires et avec des billets de l’Opéra de Zurich.
Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Le récit concerne avant tout le bâtiment et l’espace devant lui ; aucun billet n’est donc nécessaire. Il faut prévoir séparément un spectacle ou une visite guidée à l’intérieur.
