Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La surface de quartzite de la place
- Le centre ouvert de la place
- Les arrêts de tramway de Bellevue
- L’ancien bâtiment du Grand Hôtel Bellevue
L’histoire du lieu
Au sud des arrêts de tramway de Bellevue s’étend une vaste place, presque entièrement pavée de quartzite du Valais. Un garage a été aménagé sous les dalles, ce qui a permis de retirer les automobiles de la surface et de laisser un centre dégagé pour les grands rassemblements urbains. Autrefois, cette parcelle était occupée par l’ancienne Tonhalle, une salle de concert aménagée dans un ancien grenier à grain. Au bord nord subsiste l’ancien bâtiment de l’hôtel auquel Bellevue doit son nom.
Deux places voisines se rejoignent ici. Celle du nord, avec les arrêts de tramway, s’appelle Bellevue. Le vaste rectangle de pierre au sud est Sechseläutenplatz, la place de la sonnerie de six heures. Dans la conversation, les habitants de Zurich appellent souvent Bellevue tout cet ensemble.
La sonnerie de six heures annonçait à l’origine le temps de travail. Les corporations de Zurich, associations d’artisans et de commerçants, fixaient les règles des ateliers, y compris la durée de la journée de travail. En hiver, à cause de l’obscurité, on terminait le travail à cinq heures. Après l’équinoxe de printemps, les maîtres travaillaient une heure de plus. Depuis mille cinq cent vingt-cinq, les documents mentionnent la cloche du Grossmünster, qui annonçait la première fin de travail printanière à six heures.
Pour le propriétaire d’un atelier, ce coup de cloche marquait un changement tout à fait concret : le cordonnier, le tailleur ou le boucher gagnait une heure supplémentaire de lumière du jour pour ses commandes. Les frères de corporation célébraient le passage à l’horaire d’été par un repas commun. C’est ainsi que le nom de « Sechseläuten », c’est-à-dire « sonnerie de six heures », s’est attaché à la réunion de printemps.
Le bonhomme de neige lui-même est apparu bien plus tard dans cette histoire. Au début du dix-neuvième siècle, les garçons du quartier de Kratz, situé entre le Fraumünster et l’actuelle Bürkliplatz, promenaient dans les rues des figures bourrées de paille, y dissimulaient des artifices et les brûlaient sur des feux de printemps. Le mot « Böögg » désignait alors une figure déguisée ou effrayante ; il n’était pas encore obligatoirement un bonhomme de neige.
Heinrich Kramer, maître boucher de la corporation Zunft zum Widder et directeur des défilés festifs de la ville, décida de donner un ordre durable à cette initiative de garçons. En mille huit cent soixante-deux, il organisa le premier défilé d’enfants. Le Böögg était transporté dans le cortège, qui se terminait par l’incinération de la figure. Kramer mourut neuf ans plus tard et ne vit pas la principale conséquence de son travail : en mille huit cent quatre-vingt-douze, le Comité central des corporations de Zurich intégra l’incinération du Böögg au programme officiel de Sechseläuten. Les feux dispersés des garçons et la fête des corporations devinrent un seul événement.
Il fallait encore à cette fête une place permanente. À l’emplacement de l’actuelle surface de pierre se dressait l’ancienne Tonhalle, une salle de concert aménagée dans un ancien grenier à grain. Le bâtiment fut démonté en mille huit cent quatre-vingt-seize. Sur le terrain ainsi libéré, le Böögg fut brûlé en mille neuf cent deux, et depuis mille neuf cent quatre, le bûcher s’y tient en permanence. En mille neuf cent quarante-sept, le conseil municipal remplaça le nom de Tonhalleplatz par Sechseläutenplatz. La place reçut son nom de l’action qui y était répétée depuis plus de quarante ans.
Aujourd’hui, un lundi d’avril, les colonnes des corporations convergent ici après le défilé dans le centre. Les cavaliers tournent autour du bûcher et, à six heures précises, les organisateurs mettent le feu aux fagots de bois assemblés à la main. Le Böögg se tient au sommet sous la forme d’un bonhomme de neige ; sa tête est toujours bourrée d’artifices. On plaisante en jugeant l’été à venir d’après le temps qui s’écoule avant l’explosion : c’est une divination de fête, non une prévision météorologique. Le lendemain, il ne reste rien de l’objet principal de la célébration, mais le défilé d’enfants du dimanche créé par Kramer et l’incinération du lundi se succèdent toujours.
Pendant la plus grande partie du vingtième siècle, des automobiles occupaient cet endroit entre les fêtes. Après la construction d’un garage souterrain, la surface fut libérée et recouverte de quartzite du Valais en mille quatorze. Avant l’incinération du Böögg, les services municipaux posent sur la pierre une couche ignifuge : elle protège les dalles de la chaleur et offre un appui aux chevaux. Le centre ouvert est nécessaire à la place tant les jours ordinaires que pour les quelques événements qui l’occupent entièrement.
Le nom de Bellevue est venu par un autre chemin. En mille huit cent cinquante-six, le Grand Hôtel Bellevue, « Belle vue », apparut au bord nord. L’hôtel donna son nom à la place et au nœud de transports. Son ancien bâtiment est conservé, bien qu’il n’abrite plus de chambres d’hôtel depuis longtemps. Ainsi, la partie avec les tramways porte le nom de l’ancien hôtel, tandis que l’espace de pierre voisin porte le nom de la cloche, de l’heure de travail et du bûcher.
Sur place
La place est ouverte en tant qu’espace urbain ; pendant Sechseläuten, le cirque, les marchés et d’autres événements, l’accès peut varier.
Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Le Böögg n’apparaît ici que pendant la fête ; un jour ordinaire, il ne faut pas le chercher. En traversant les voies de tramway, surveillez la circulation venant de plusieurs directions.
