Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les pavés de Naka-dōri
- Les rangées d’arbres
- Les façades de bureaux
L’histoire du lieu
La Naka-dōri pavée passe entre des rangées d’arbres et des façades de bureaux. Le nom de Marunouchi conserve l’ancien plan du quartier, situé entre les douves intérieures et extérieures du château d’Edo, à l’intérieur de l’enceinte. Avant les bureaux, il y avait ici les demeures de princes féodaux, puis des casernes de la garde du palais et un terrain d’exercice. Dans la partie sud, la façade rouge a été reconstruite après la démolition de l’ancien bâtiment, d’après des plans, des photographies et des relevés précis ; elle ne contient aucune maçonnerie ancienne.
En mars mille huit cent quatre-vingt-dix, le ministre des Finances Matsukata Masayoshi se rendit auprès d’Iwasaki Yanosuke avec une demande que les plus grands entrepreneurs de Tokyo avaient éludée. Matsukata avait besoin d’argent pour de nouvelles casernes de l’armée à Azabu. Il comptait l’obtenir en vendant le terrain où passe aujourd’hui Marunouchi Naka-dōri.
Avant la vente, des casernes de la garde du palais impérial se trouvaient ici, ainsi qu’un terrain d’exercice. Plus tôt encore, le territoire était occupé par les demeures de princes féodaux. Elles se situaient entre les douves intérieures et extérieures du château d’Edo — d’où le nom de Marunouchi, qui signifie « à l’intérieur de l’enceinte ». Naka-dōri signifie « rue du milieu » : elle traverse le quartier du nord au sud.
Les militaires estimèrent la construction des nouvelles casernes à environ un million et demi de yens, soit plus d’un dixième du budget de l’armée. Le gouvernement divisa l’ancien terrain en seize lots et organisa des enchères, mais même les meilleures offres réunies n’atteignirent pas la somme demandée. Tokyo refusa aussi : le prix équivalait à trois budgets annuels de la ville. Matsukata demanda alors à Iwasaki d’acheter tout le territoire d’un seul bloc.
Iwasaki était le deuxième dirigeant de Mitsubishi et cherchait une nouvelle activité pour l’entreprise. Après la fusion de son activité de navigation à vapeur avec celle d’un concurrent, la société avait perdu sa précédente source de revenus et investissait dans les mines, les chantiers navals et l’immobilier. Le terrain près du palais coûtait un million deux cent quatre-vingt mille yens, deux à trois fois le prix du marché de l’époque. Un tel achat pouvait ébranler même Mitsubishi.
Shōda Heigorō, directeur de l’entreprise alors en voyage d’affaires au Royaume-Uni, l’aida à se décider. Il proposait de transformer l’ancien terrain d’exercice en quartier de bureaux sur le modèle de la City de Londres. Iwasaki accepta les conditions de Matsukata. Le gouvernement obtint l’argent pour les constructions militaires, et Mitsubishi le terrain que les autres jugeaient trop cher et peu commode.
Deux ans plus tard, on commença ici à tracer des rues et à construire des bureaux. En mille huit cent quatre-vingt-quatorze, l’architecte Josiah Conder acheva Mitsubishi Ichigōkan, le premier immeuble de bureaux moderne du quartier. Le dirigeant suivant de l’entreprise, Iwasaki Hisaya, commença à louer les locaux à différentes sociétés. Les premiers bâtiments étaient divisés en sections étroites : chaque locataire avait sa propre entrée, son escalier et ses toilettes. C’est ainsi qu’apparut le long des rues un quartier où l’entreprise gagnait désormais non plus en transportant des marchandises, mais en fournissant des espaces à ceux qui les vendaient et les géraient. La gare de Tokyo n’ouvrit qu’en mille neuf cent quatorze, vingt-quatre ans après l’achat.
Les dirigeants de Mitsubishi Estate donnèrent à Naka-dōri sa largeur actuelle lors de la reconstruction d’après-guerre. Depuis mille neuf cent cinquante-neuf, ils supprimèrent les voies privées parallèles et élargirent la rue de treize à vingt et un mètres : la largeur de la voie déterminait la hauteur autorisée des nouveaux immeubles de bureaux. Les anciens bâtiments de brique rouge furent démontés et, en mille neuf cent soixante-huit, le Mitsubishi Ichigōkan d’origine fut lui aussi démoli.
Le bâtiment rouge de la partie sud de Naka-dōri réapparut en deux mille neuf. Il fut construit sur son ancien terrain d’après les plans de Conder, des photographies et des relevés effectués avant la démolition. C’est une reconstruction exacte ; ses murs ne contiennent aucune des briques posées ici après l’accord conclu par Iwasaki.
Sur place
La rue est ouverte en permanence ; de 11:00 à 15:00 les jours ouvrables et de 11:00 à 17:00 les week-ends et jours fériés, elle fonctionne comme une Urban Terrace piétonne.
Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Même lorsqu’une partie de la rue est réservée aux piétons, faites attention aux intersections et aux véhicules de service ; il n’est pas nécessaire d’entrer dans les bâtiments pour suivre le récit.
