Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Figures bouddhiques et taoïstes
- Autels domestiques
- Brûle-parfums
- Paquets de monnaie rituelle
L’histoire du lieu
Dans les vitrines de la rue Xiyuan, des figures bouddhiques côtoient des divinités taoïstes, des autels domestiques, des brûle-parfums et des paquets de monnaie rituelle. Le nom de « rue des articles bouddhiques » ne recouvre qu’une partie de l’activité. Les artisans d’ici aident à choisir un jour favorable pour commencer les travaux, sculptent et dorent une statue, accomplissent le rituel de « l’ouverture de la lumière » — en touchant de leur pinceau ses yeux, ses oreilles et sa bouche — puis installent l’autel dans une maison ou un temple. L’acheteur commande tout le parcours, du morceau de bois à l’objet de vénération.
C’est ainsi que gagnait sa vie Li Banglu, un artisan de Fuzhou arrivé à Taïwan à la fin du dix-neuvième siècle. Il avançait vers le nord en exécutant des commandes pour les temples et s’arrêta près du temple de Longshan : on y demandait constamment de nouvelles statues, et les pèlerins devenaient des clients pour des images domestiques. En mille huit cent quatre-vingt-quinze, Li ouvrit l’atelier Longshan. Les familles se contentaient alors souvent de figures en papier peintes — peu coûteuses, mais peu durables. Dans l’atelier de Li, on se mit à modeler une forme en argile, à la recouvrir de papier, à retirer l’argile après le séchage, puis à peindre et à couvrir de feuille d’or l’enveloppe restante. On obtenait une statue légère et creuse, capable de durer plus longtemps.
Les grandes figures destinées aux temples devaient être réalisées sur place. Les hommes de la famille Li partaient longtemps, d’un sanctuaire en chantier à l’autre ; pendant leur absence, la grand-mère s’occupait de la maison et des enfants. Li Ziyong, le petit-fils du fondateur, commença à travailler aux côtés de son père alors qu’il était encore adolescent. Avant d’avoir vingt ans, il avait eu le temps de modeler deux gardiens du maître-autel pour le temple de Longshan. Plus tard, plus de quatre cents élèves et élèves de ses élèves passèrent par son atelier.
C’est précisément le succès de cette famille qui transforma les environs en rue spécialisée. Selon les souvenirs de Li Ziyong, après la guerre, les propriétaires des boutiques voisines de vitrerie et de peinture virent affluer les commandes. Ils commencèrent à acheter en gros à Longshan des statues achevées et à les exposer parmi leurs propres marchandises. Certains apprirent ensuite le métier ou firent venir des artisans. Dans les années quatre-vingt du vingtième siècle, on y trouvait déjà des dizaines de magasins et plus d’une centaine de sculpteurs, de modeleurs, de doreurs et de peintres.
Aujourd’hui, les clients choisissent plus souvent une figure achevée en vitrine : un travail sur mesure prend des mois, et avant la fin de la sculpture, on ne peut pas comparer le résultat à la figure voisine. Les artisans sont donc rarement visibles à l’entrée, bien qu’une vingtaine de boutiques continuent à vendre des statues et des autels, à fixer le jour de la consécration et à aménager des sanctuaires domestiques.
Le magasin familial Longshan reste aux numéros cent quarante-deux et cent quarante-quatre de la rue Xiyuan ; Li Ziyong l’a transmis à ses fils. Et dans le hall principal du temple se trouvent les deux gardiens d’argile qu’il réalisa à dix-huit ou dix-neuf ans. Entre l’atelier de ses fils et le premier grand ouvrage de Li Ziyong, il n’y a que quelques minutes à pied.
Sur place
La rue est accessible comme une rue urbaine ordinaire ; les boutiques n’ont pas d’horaires communs, comptez donc sur la journée et le début de soirée, et vérifiez chaque magasin séparément.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ce sont des magasins en activité, et non des salles d’exposition. Regardez les vitrines depuis la rue et, avant de photographier un artisan ou l’intérieur, demandez l’autorisation.
