Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La figure de Guanyin
- Deux demi-lunes divinatoires rouges
- L’autel sculpté
- La toiture du hall principal
L’histoire du lieu
Le toit au-dessus du hall central, les lourdes poutres et l’autel sculpté appartiennent à la reconstruction d’après-guerre : l’ancien sanctuaire en bois a brûlé, et les artisans l’ont rebâti à la même échelle et avec la même silhouette. Lorsque Mengjia était un bourg fluvial vivant du commerce portuaire, des migrants de trois districts du Fujian donnèrent au temple le nom du sanctuaire de leur pays d’origine à Anhai ; la Montagne du Dragon n’a rien à voir avec les collines de Taipei. Les deux demi-lunes rouges en bois près de l’autel restent des objets en usage : on les jette et on lit leur position comme réponse à une question.
Dans le hall principal, les visiteurs s’approchent avant tout de Guanyin, la bodhisattva bouddhiste de la compassion. Dans la cour arrière, ils demandent à d’autres divinités de les favoriser dans les études, le commerce, les voyages en mer ou le mariage, mais le temple fut créé précisément pour cette figure sur son trône de lotus. Elle est plus ancienne que le bâtiment qui l’entoure.
En mille sept cent trente-huit, des migrants venus de trois districts du sud du Fujian financèrent ensemble la construction d’un temple dans le bourg fluvial de Mengjia, ancien nom de l’actuel Wanhua. Ils vivaient du commerce qui passait par le port et avaient apporté une image consacrée du temple de Longshan de la ville d’Anhai. Son nom signifie « Montagne du Dragon » et reprend celui de ce temple d’origine ; il ne se rapporte pas au relief de Taipei.
Les migrants avaient besoin d’un lieu où rester soudés en communauté. Devant Guanyin, ils priaient, se réunissaient pour discuter des affaires communes et réglaient des litiges en demandant à la divinité de trancher entre les parties. Avec le temps, une association de marchands exerça ici son activité : elle prélevait des droits sur les bateaux, finançait les routes, le bac, les patrouilles nocturnes et l’aide aux pauvres. Dès l’origine, le temple s’occupait donc d’affaires qui dépassaient largement le cadre du culte.
L’épreuve la plus terrible de ce lien survint en mille neuf cent quarante-cinq. Taïwan était alors sous administration du Japon, et l’aviation américaine bombardait Taipei. Lors des raids, les habitants de Mengjia avaient pris l’habitude de se réfugier dans le hall principal, sous la grande table d’autel de Guanyin.
Cette nuit-là, lorsque des bombes incendiaires frappèrent le temple, personne ne se trouvait sous l’autel. La tradition du temple l’explique par une invasion de moustiques : les gens ne supportèrent pas les piqûres et rentrèrent chez eux. On raconte aussi qu’une femme vêtue de blanc attrapait de ses mains les bombes qui tombaient. Ce ne sont que des traditions. Ce qui est établi est différent : le hall en bois brûla, les images, les sculptures et les anciennes planches inscrites qui s’y trouvaient furent détruites, et il n’y eut aucune victime humaine dans le temple. La figure de Guanyin fut retrouvée à son emplacement initial. Son visage avait noirci de suie, mais le feu ne l’avait pas détruite ; la grille de fer qui l’entourait avait eu le temps de fondre.
Les habitants relièrent le salut des personnes et de la statue à l’intervention de Guanyin. Pour ceux qui avaient auparavant choisi son autel comme refuge, cela devint une raison de faire encore davantage confiance au temple. Ils ne purent toutefois pas reconstruire le hall immédiatement : après la guerre, l’argent manquait. Les travaux ne commencèrent qu’en mille neuf cent cinquante-cinq. L’architecte Wang Shinan s’efforça de retrouver les dimensions et les contours d’autrefois, et les artisans achevèrent le nouveau hall principal en mille neuf cent cinquante-neuf.
La toiture, les poutres et l’autel sculpté actuels datent d’après le bombardement. Guanyin est restée la même. Aujourd’hui encore, on lui pose des questions en jetant au sol deux demi-lunes rouges en bois : l’une doit retomber face plate vers le haut, l’autre face bombée. Cette réponse est considérée comme un consentement. Les gens la reçoivent devant la figure autour de laquelle il a fallu reconstruire le hall principal.
Sur place
Tous les jours 06:00–22:00 ; les grandes dates du temple et le calendrier lunaire modifient fortement l’affluence et le rythme rituel.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Laissez passer les personnes qui prient et ne vous placez pas entre une personne et l’autel. Observez les détails de l’intérieur sans flash ni agitation.
