Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Fermes d’acier
- Travée mobile
- Piliers de pierre
- Embouchure de la rivière Suzhou
L’histoire du lieu
Les fermes d’acier du pont Waibaidu se dressent là où les habitants de Shanghai ont un jour contraint les propriétaires du pont à supprimer le péage de passage.
En mille huit cent cinquante-six, l’ancienne traversée à l’embouchure de la rivière Suzhou ne suffisait déjà plus au flux de personnes entre les rives sud et nord. Charles Wills, représentant de la maison de commerce britannique Jardine Matheson, et le marchand américain Edward Cunningham réunirent vingt investisseurs. Ils investirent douze mille dollars d’argent dans un pont de bois doté d’une travée mobile et fondèrent une compagnie qui devait récupérer cette somme grâce aux droits perçus sur les piétons et les véhicules hippomobiles.
Pour Wills, l’affaire était particulièrement avantageuse. Il vivait du commerce et possédait des terrains sur la rive nord de la rivière Suzhou. Le nouveau passage lui rapportait un péage tout en augmentant la valeur de ses terres. Le pont reçut son nom.
Officiellement, les Chinois comme les étrangers devaient payer. Mais les clients étrangers réglaient souvent à crédit : ils passaient sans sortir d’argent sous les yeux des autres. Les Chinois payaient immédiatement. Vu de l’extérieur, cela donnait l’impression que les uns passaient librement et que les autres étaient arrêtés à l’entrée. Lorsque le tarif fut doublé en mille huit cent soixante-trois, les habitants commencèrent à boycotter le pont et des marchands cantonais ouvrirent à côté une traversée gratuite en bateau.
Wills ne vit pas cette lutte. Un an après l’ouverture du pont, il mourut sur un vapeur en route vers l’Angleterre. Ses associés héritèrent d’une traversée rentable, mais aussi de piliers de bois vieillissants. En mille huit cent soixante-dix, le pont exigeait d’importantes réparations. Les propriétaires ne respectèrent pas les prescriptions du Conseil municipal de Shanghai et tentèrent de construire un remplacement en fer, mais la travée inachevée s’affaissa dans la rivière.
Le Conseil construisit alors son propre pont de bois à quelques pas de là et l’ouvrit gratuitement à tous. La compagnie privée perdit son flux de clients. À l’automne de mille huit cent soixante-treize, le Conseil racheta le pont de la compagnie, supprima le péage et démantela le pont Wills.
Le nouveau nom fut associé à la fois à la traversée en bac extérieure, la plus proche de l’embouchure, et à la possibilité de franchir la rivière gratuitement. C’est ainsi que s’imposa « pont Waibaidu » : « passage extérieur gratuit ». Les fermes d’acier actuelles furent installées plus tard : le pont fut achevé en mille neuf cent sept afin de permettre le passage des tramways et des automobiles. Le pont de bois de Wills n’est plus là. Le péage qui avait motivé sa construction a lui aussi disparu ; le nom de la traversée gratuite est resté.
Sur place
Espace urbain ouvert ; choisissez un point d’observation qui ne gêne pas le flux des piétons.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est un passage en service : écoutez le récit au bord de la zone piétonne et ne vous arrêtez pas au milieu de la circulation.
