Étape 1 sur 8

Le seuil de fer de Ndar

Pont Faidherbe

Ici, vous comprendrez pourquoi on a attribué à ce célèbre passage l’histoire d’un autre ingénieur.

12 min
Le pont Faidherbe relie la partie continentale de Saint-Louis à l’île de Ndar.
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À remarquer

  • Sept travées métalliques
  • La travée tournante
  • Les appuis de pierre

L’histoire du lieu

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Sept travées d’acier sur des appuis de pierre portent la route entre l’île de Ndar et le quartier de Sor ; l’une d’elles pivote, laissant au fleuve son chenal de navigation. Avant ce passage permanent, il y avait ici un tablier sur pontons que l’on écartait pour les navires, mais, avec l’arrivée du chemin de fer sur la rive de Sor, il ne supportait plus les lourdes charrettes. Par cette route, les personnes et les marchandises arrivaient des trains sur l’île : le port, les maisons de commerce et les administrations y restaient installés. Le pont actuel a remplacé ce passage provisoire, tout en héritant de son nom.

Gustave Eiffel n’a pas construit ce pont. L’entreprise qui poursuivait son œuvre a participé au concours — et l’a perdu. Le seuil de fer de Ndar, comme on appelle Saint-Louis en wolof, est né d’une décision prise ici contre l’avis des ingénieurs parisiens.

Avant lui, des bacs reliaient l’île au quartier continental de Sor. En mille huit cent soixante-cinq, Robin, qui assurait temporairement les fonctions de gouverneur, obtint la construction d’un pont flottant : quarante pontons de fer soutenaient un tablier de bois, et trois pontons devaient être écartés pour laisser passer les navires. Un décret impérial donna à ce passage le nom de pont Faidherbe.

Louis Faidherbe était un ingénieur militaire français et gouverneur colonial du Sénégal. Il étendait le contrôle français à l’intérieur du pays et réaménageait Saint-Louis : il asséchait les rives, traçait des rues, aménageait des quais et des passages. Mais le premier pont fut achevé sous Robin, l’année du départ définitif de Faidherbe. L’ouvrage actuel apparut plus tard encore et hérita simplement du nom de son prédécesseur.

Lorsque le chemin de fer venant de Dakar atteignit Sor, l’ancien tablier ne suffisait plus. Il faisait environ quatre mètres de large ; les lourdes charrettes n’y étaient déjà plus admises. Il fallait tout de même transporter sur l’île les voyageurs et les marchandises arrivés par train, car le port, les maisons de commerce et les administrations y restaient installés.

En mille huit cent quatre-vingt-onze, le gouverneur Henri-Félix de Lamothe proposa au Conseil général du Sénégal d’emprunter cinq millions de francs pour les dettes et les travaux publics urgents. Le conseil attribua la plus grande part — un million huit cent quatre-vingt mille francs — à un pont métallique. C’était un emprunt de la colonie, qui devait être remboursé sur son budget, et non un cadeau venu de Paris.

Sur cinq candidatures, deux parvinrent en finale. Les commissions techniques préférèrent le projet de la Société de construction de Levallois-Perret, ancienne entreprise d’Eiffel. Robert, chef du service colonial des travaux publics, défendait une autre décision. Lui-même et les conseillers qui le soutenaient estimaient que le pont de Nouguier, Kessler et Cie convenait mieux par son aspect ; le prix des concurrents était le même. La majorité du conseil vota pour Nouguier. Le choix parisien fut rejeté, l’entreprise d’Eiffel resta sans commande et son concurrent obtint le marché.

Les travaux commencèrent en mille huit cent quatre-vingt-quatorze. Trois ans plus tard, les arches d’acier relièrent Sor à l’île. Lors de la première inauguration, la femme du gouverneur général coupa les rubans, les fonctionnaires s’avancèrent sur la travée tournante, et celle-ci pivota pour libérer le passage du navire militaire L'Ardent. Le pont remplissait ainsi ses deux fonctions à la fois : les personnes et les marchandises disposaient d’une route permanente vers Ndar, tandis que les navires conservaient un passage sur le fleuve.

La confusion avec Eiffel ne vient pas de rien. L’ingénieur Émile Nouguier avait auparavant travaillé avec Gustave Eiffel et participé à la création du premier projet de la tour Eiffel. Et lorsque, de deux mille huit à deux mille onze, les sept travées métalliques du pont furent toutes refabriquées à l’identique, les nouvelles sections provenaient effectivement de l’usine d’une entreprise qui portait alors le nom d’« Eiffel ». Devant nous se trouvent les arches d’acier reproduites et la travée tournante de ce projet grâce auquel le Conseil général du Sénégal avait autrefois rejeté le projet de l’ancienne entreprise d’Eiffel.

Sur place

Temps sur place12 min
Point suivantQuai Roume
Entréeaccès libre

accessible vingt-quatre heures sur vingt-quatre comme passage urbain ; à observer depuis le trottoir

Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Écoutez depuis le côté sûr du passage et ne vous attardez pas sur la chaussée.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Descendez du pont sur l’île et prenez à gauche, vers les anciens entrepôts au bord de l’eau.

Étape 1 sur 8Ensuite : Quai Roume

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Île de Saint-Louis : ponts, places et quais » — 8 étapes, environ 4,5 km, 2 h 20 min.

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