Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façades des anciens entrepôts
- Enseigne de la SFAO
- Ligne du quai oriental
L’histoire du lieu
Le premier débarcadère sur cette rive apparut dès la première moitié du dix-neuvième siècle, puis il fut prolongé par un quai de pierre. Le long de la bordure orientale de l’île s’étirent d’anciennes maisons de commerce, dont les façades donnent sur le fleuve. La profondeur au bord permettait aux navires d’approcher presque au plus près : les marchandises étaient reçues dans les entrepôts, triées dans les cours, puis apportées vers la rue pour être vendues. C’est ainsi que passaient par ce quartier les arachides, le caoutchouc et la gomme arabique venus de l’intérieur du continent, et, dans l’autre sens, les tissus et d’autres produits européens.
Au quai Roume, la SFAO vend encore aujourd’hui des automobiles. Cette enseigne ne laisse guère deviner que la première représentation africaine de l’entreprise a ouvert précisément à Saint-Louis en mille huit cent quatre-vingt-huit — et qu’elle n’a pas commencé par les voitures.
C’était ici la rive de débarquement la plus commode de l’île : la profondeur permettait aux navires d’approcher plus près que des autres quais. Les maisons de commerce occupaient des îlots entiers. Du côté du fleuve se trouvaient les entrepôts, dans la cour intérieure on triait les marchandises, et du côté de la rue on les vendait. De l’intérieur du continent arrivaient des arachides, du caoutchouc et de la gomme arabique ; en retour partaient des tissus et d’autres produits européens. Les anciens bâtiments de la SFAO, de Maurel & Prom et de Devès et Chaumet se sont élevés le long de l’eau précisément pour cette succession : navire, entrepôt, cour, boutique.
Frédéric Bohn, négociant marseillais et dirigeant de la SFAO, reprit l’entreprise après une grave récession commerciale. Les arachides indiennes bon marché évincaient celles du Sénégal, le chiffre d’affaires de l’ancienne société avait diminué de moitié, et son fondateur s’était retiré des affaires en emportant les huileries et une partie du capital. Bohn renonça à sa propre production et misa sur un réseau de comptoirs commerciaux. Il lui fallait des quais, des chemins de fer et un crédit bon marché : sans eux, les marchandises restaient bloquées dans les entrepôts et l’argent revenait trop lentement.
En mille huit cent quatre-vingt-dix-huit, Bohn proposa de doter l’Afrique-Occidentale française (AOF), une fédération de colonies françaises, d’un budget commun, d’une banque et du droit d’emprunter avec la garantie de la France. Quatre ans plus tard, Ernest Roume devint gouverneur général, un fonctionnaire qui œuvrait pour une administration unifiée de cette fédération et pour un vaste programme de travaux portuaires et ferroviaires. Par l’intermédiaire de ses représentants, Bohn mit Roume en relation avec le ministère français des Finances.
En mille neuf cent trois, un emprunt de soixante-cinq millions de francs à trois pour cent fut autorisé pour le programme de Roume. Le remblaiement de terrains à Saint-Louis et des travaux portuaires figuraient parmi les dépenses prévues. Un nouvel emprunt suivit, cette fois de cent millions. En mille neuf cent quatre, des fonds furent attribués à l’élargissement des quais orientaux de l’île ; la ligne actuelle du quai Roume commença à être construite en mille neuf cent sept, et l’élargissement fut achevé en mille neuf cent quatorze.
Le quai porte le nom de cet Ernest Roume. L’ancien débarcadère existait bien avant lui : les premiers tronçons furent aménagés dès la première moitié du dix-neuvième siècle, et le quai de pierre fut prolongé jusque-là sous ses prédécesseurs. Le nom de Roume est associé à l’étape suivante : l’élargissement de la rive grâce à des fonds empruntés, pour de grands entrepôts et un flux de marchandises croissant.
Bohn obtint l’infrastructure dont il avait besoin. Entre mille huit cent quatre-vingt-sept et mille neuf cent douze, le nombre de comptoirs commerciaux de la SFAO passa de quarante-six à cent cinquante et un, et le chiffre d’affaires fut multiplié par sept. Plus tard, les marchandises quittèrent le fleuve pour le chemin de fer et le port de Dakar ; les entrepôts du quai Roume furent désertés ou changèrent d’usage. La SFAO resta : sur le même quai, ses employés vendent désormais et entretiennent de nouvelles Peugeot.
Sur place
ouvert en tant que quai urbain ; certains secteurs peuvent être restreints en raison de travaux
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez l’ensemble depuis la rive ; n’entrez pas sur les plateformes en ruine ni dans les zones fermées.
