Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Granit rose
- Colonnes ioniques
- Frontons triangulaires
- Pavillons de douane
L’histoire du lieu
Deux portes du même nom se trouvent dans l’axe du corso di Porta Ticinese. L’arc médiéval est resté plus près de saint Laurent, tandis qu’ici passait une frontière plus récente de Milan : la ligne des bastions espagnols. Le nom est passé d’une enceinte de la ville à l’autre : les Romains appelaient Pavie Ticinum, et la route vers cette ville partait d’ici.
À l’été de l’an mille huit cents, l’armée française entra à Milan par cette route. Elle était menée par Napoléon Bonaparte, premier consul et chef de fait de la France. Peu auparavant, les Autrichiens avaient chassé les Français du nord de l’Italie ; Napoléon franchit les Alpes, les vainquit à Marengo et reprenait alors Milan. L’actuelle construction en granit n’existait pas encore.
On décida de consacrer ici la victoire. Des dizaines de propriétaires milanais réunirent par souscription l’argent nécessaire à de nouvelles portes et les appelèrent Porta Marengo. Parmi les contributeurs figurait Luigi Cagnola, un riche noble qui considérait l’architecture comme une activité d’amateur et ne dépendait pas du prochain honoraire. Il remporta le concours et eut la possibilité de transformer l’entrée sud en monument à Napoléon.
La première pierre fut posée le seize juin mille huit cent un, presque à l’anniversaire de Marengo. Cagnola donna au poste de passage de la ville l’apparence d’une entrée cérémonielle antique : granit rose de Baveno, colonnes ioniques, frontons triangulaires et haute voûte au-dessus du passage. Il comptait aussi reconstruire un long tronçon de rue devant les portes, bâtir des colonnades symétriques et des halles de marché. Les fonds des souscripteurs ne suffirent que pour les portes elles-mêmes et les pavillons de douane.
Ces petits bâtiments derrière les colonnes expliquent la fonction quotidienne de l’ouvrage. Des percepteurs de l’impôt municipal contrôlaient ici les marchandises acheminées à Milan depuis le sud par les routes et les canaux. Les portes furent installées au-delà de la ligne des fortifications, près d’un canal, afin que les marchands ne puissent pas éviter le contrôle douanier.
La construction se prolongea jusqu’en mille huit cent quatorze. À cette date, Napoléon avait subi une défaite, le royaume d’Italie qu’il avait créé avait cessé d’exister et l’administration autrichienne était revenue à Milan. Cagnola acheva l’ouvrage sous les anciens maîtres de la ville. La dédicace « à Napoléon le grand et invincible » fut retirée, Porta Marengo reprit le nom de Porta Ticinese, et d’autres mots furent gravés sur le fronton.
Sur le côté tourné vers le corso San Gottardo, cette inscription latine a été conservée. Elle dédie les portes « à la paix, libératrice des peuples ». Du nom de l’homme pour lequel les propriétaires milanais avaient financé toute la construction, il ne reste rien sur le granit.
Sur place
La place ouverte et l’observation extérieure sont accessibles à tout moment ; il s’agit d’une zone de circulation, observez donc l’architecture depuis le côté piéton.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez les portes depuis la place accessible au public et tenez compte de la circulation alentour. L’aspect extérieur suffit pour comprendre cette étape : il n’est pas nécessaire d’entrer dans les bâtiments.
