Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’étoile sur le clocher
- L’ancien sarcophage de marbre
- La coupole à seize compartiments de la chapelle
- L’arc de marbre de Pierre de Vérone
L’histoire du lieu
Sur le clocher de la basilique Sant'Eustorgio, une étoile a été installée à la place d’une croix. Elle est liée à l’homme dont la basilique porte le nom. Eustorge Ier, évêque de Milan au quatrième siècle, aurait, selon la tradition ecclésiastique, rapporté de Constantinople les restes des Rois mages. Deux bœufs tiraient le lourd sarcophage de marbre. Près du cimetière de la ville, les animaux s’effondrèrent, et l’évêque y vit le signe qu’il fallait bâtir l’église précisément ici.
Cette histoire relève de la tradition. Les archéologues ont bien découvert sous la basilique un cimetière de l’Antiquité tardive, mais les vestiges de la première église sont datés du sixième siècle, deux siècles après Eustorge. Son nom s’est attaché à l’église parce que les Milanais associaient à Eustorge l’arrivée de la principale relique du lieu.
Le destin ultérieur de la relique est mieux connu. Après le sac de Milan, le chancelier impérial et archevêque de Cologne Rainald de Dassel emporta les restes des Rois mages à Cologne en mille cent soixante-quatre. À la basilique Sant'Eustorgio resta l’immense sarcophage de pierre. Pendant des siècles, les Milanais cherchèrent à obtenir le retour de la relique ; en mille neuf cent trois, le cardinal Andrea Carlo Ferrari ne reçut que quelques fragments osseux. Lors de l’Épiphanie de l’année suivante, ils furent placés au-dessus de l’autel des Rois mages. L’étoile du clocher, l’ancien sarcophage presque vide et la petite chasse contenant les fragments rendus relèvent d’une même histoire.
Le désir d’unir sa propre tombe à des restes vénérés amena aussi Pigello Portinari ici. Orphelin enfant, il grandit dans la maison de Cosme de Médicis et servit dès sa jeunesse dans la banque familiale. En mille quatre cent cinquante-deux, les Médicis l’envoyèrent à Milan pour y ouvrir une nouvelle succursale, nécessaire au duc François Sforza. La position de Pigello reposait sur la confiance des deux familles : il gérait l’argent de la banque, faisait le commerce de tissus florentins et transmettait des missions politiques entre Milan et Florence.
Vers mille quatre cent soixante-deux, Pigello fut associé à la commande d’une chapelle auprès de la basilique Sant'Eustorgio. Il la destinait à la relique de la tête de Pierre de Vérone et à l’inhumation de sa famille. Pierre était un prédicateur dominicain et inquisiteur, tué par ses adversaires près de Seveso en mille deux cent cinquante-deux. Les dominicains l’inhumèrent dans cette basilique, et le pape le canonisa moins d’un an plus tard. La relique explique le choix du lieu : Pigello établissait son tombeau près des restes du saint qu’il vénérait particulièrement.
La salle carrée sous une coupole à seize compartiments reprenait l’architecture florentine familière au banquier. Vincenzo Foppa peignit sur les murs la prédication, les miracles et le meurtre de Pierre. Sur un retable distinct, Pigello se tient à genoux devant le saint. Une tradition tardive affirmait que Pierre était apparu au banquier dans un rêve et lui avait ordonné de faire construire la chapelle ; aucun document ne confirme un tel rêve.
Pigello mourut le onze octobre mille quatre cent soixante-huit, alors que les travaux s’achevaient. Selon la version admise par le musée, il fut enterré au centre du sol ce même mois. Le contrat direct de construction et une inscription contemporaine de l’inhumation n’ont pas été conservés ; certains historiens contestent donc à la fois la commande et la présence de ses restes ici. Il n’existe plus non plus de dalle funéraire distincte de Pigello.
L’arc de marbre qui occupe le centre de la chapelle appartient à Pierre de Vérone. Les dominicains l’avaient commandé dès les années mille trois cent trente et l’avaient d’abord placé dans la nef gauche de la basilique. Il fut transféré dans la chapelle Portinari en mille sept cent trente-six, puis à son emplacement actuel en mille huit cent soixante-quinze. Au-dessus de la tombe supposée du banquier se retrouva le sarcophage du saint, pour la relique duquel il avait aménagé ce tombeau. Pigello lui-même resta sur le retable, à genoux devant Pierre.
Sur place
Le musée de la basilique Sant'Eustorgio et la chapelle Portinari sont ouverts, selon l’horaire vérifié, du mardi au dimanche de 10:00 à 18:00 ; la billetterie ferme à 17:30 ; fermé le lundi. L’église principale est en activité ; vérifiez les possibilités de visite selon l’horaire paroissial et les offices.
Horaires par jour
Le récit extérieur fonctionne même lorsque le musée est fermé. Le sarcophage, les espaces du musée et la chapelle Portinari exigent une visite intérieure possible ; vérifiez-en les conditions à l’avance et tenez compte des offices.
