Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’inscription à l’entrée
- Deux récipients en pierre
- Les tapis le long des murs
- Les lots roulés
L’histoire du lieu
On a d’abord vendu de la laine dans cette cour ; plus tard, les tapis ont occupé le même espace. Deux récipients en pierre se trouvent au centre, et des lots roulés attendent le long des murs que les marchands se rassemblent vers le soir. L’intermédiaire expose la marchandise près des récipients, recueille les enchères et remet le rouleau à celui qui a annoncé le dernier prix ; dans la boutique, l’achat reçoit un prix destiné à l’acheteur ordinaire.
« Zrabi » signifie « tapis » en marocain. L’inscription à l’entrée appelle cet endroit le Grand marché des tapis, et la petite cour la Vente berbère. Ce nom se rapporte avant tout aux tapis tissés dans les villages amazighs, ou berbères, de l’Atlas. Lors de cette vente, ce sont des intermédiaires urbains qui les négocient.
À l’approche du soir, sauf le vendredi, un intermédiaire étale les tapis près de deux grands récipients en pierre, au centre de la cour, et les propose aux marchands un par un. Les acheteurs annoncent un prix ; l’intermédiaire obtient l’enchère suivante, car il touche une commission lorsqu’une vente est conclue. Le gagnant emporte le tapis dans sa boutique et y fixe ensuite le prix de détail. Ainsi, la marchandise passe ici de main en main avant même de rencontrer l’acheteur ordinaire.
En mille huit cent quatre-vingt-deux, le médecin français Adolphe Marçais observa dans cette cour une procédure presque identique. Aux autres heures, on y vendait de la laine et des tissus ; les mercredis, jeudis et vendredis, peu avant le coucher du soleil, les intermédiaires y amenaient des personnes réduites en esclavage.
La majorité étaient des femmes. Certaines arrivaient avec les caravanes à travers le Sahara, d’autres étaient enlevées au Maroc même. Les acheteurs recherchaient des servantes, des cuisinières et des concubines ; les intermédiaires, une enchère élevée et une commission. Chaque intermédiaire faisait passer dans la cour jusqu’à trois femmes : la première marchait devant, les autres la suivaient. Celui qui voulait acheter faisait un signe et en choisissait une.
On faisait mettre la femme debout ou assise devant lui. L’acheteur examinait ses dents, ses yeux, ses mains et ses pieds, demandait son âge et ce qu’elle savait faire. Puis il annonçait un prix ou refusait. Dans le second cas, l’intermédiaire la faisait de nouveau passer dans la cour et annonçait la dernière enchère à la rangée suivante d’acheteurs. Lorsque plus personne ne surenchérissait, on concluait la transaction, et son nouveau maître l’emmenait. Sa famille précédente pouvait même ne pas savoir dans quelle ville elle s’était retrouvée.
Des témoins du début du vingtième siècle décrivaient ici des femmes avec des enfants et de très petites filles. Presque personne ne notait les noms : les rapports ne retenaient que l’âge, les compétences, l’apparence et le montant de la vente. Après l’instauration du Protectorat français au Maroc, les ventes publiques de personnes furent interdites, même si le commerce à huis clos disparut plus lentement.
On commerçait déjà la laine dans cette cour, et les tapis ont donc pris sa place. Désormais, l’intermédiaire parcourt le même circuit avec un tapis neuf ou d’occasion. Lorsque les enchères s’arrêtent, le marchand emporte le lot roulé dans sa boutique. La cour et l’ordre de l’enchère ont subsisté ; il ne reste aucun nom des femmes qu’on faisait autrefois passer ici en cercle.
Sur place
Le passage public est ouvert ; la visibilité des tapis exposés dépend des boutiques ouvertes et du commerce en cours. Les appellations historiques et commerciales de Zrabi exigent une vérification locale avant de renforcer le texte.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Demandez à faire dérouler les tapis seulement si votre intérêt est sérieux, et ne prenez pas une belle histoire pour une preuve d’âge ou d’origine. Pour un achat coûteux, renseignez-vous séparément sur le matériau, l’état et les conditions de livraison.
