Étape 4 sur 8

Palais de Cristal

Palacio de Cristal

La serre permettra de parler de ceux que l’exposition impériale considérait comme des objets d’exposition.

10 min
Le Palais de Cristal dans le parc du Retiro, se reflétant dans l’étang
Carlos Delgado · CC BY-SA 3.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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0 sur 8 terminé

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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Le dôme de verre
  • L’armature en fer
  • L’étang artificiel

L’histoire du lieu

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Le Palais de Cristal se trouve près de l’étang artificiel ; son dôme de verre repose sur une armature en fer. Autrefois, une grande serre se trouvait sous ce dôme, puis le palais fut confié au Musée Reina Sofía pour l’art contemporain. Il ne reste rien des constructions qui l’entouraient autrefois ; l’étang a subsisté, et des embarcations philippines y naviguaient autrefois. Le bâtiment est aujourd’hui entouré d’échafaudages : les restaurateurs renforcent le métal rouillé et remplacent les vitres endommagées.

En mille huit cent quatre-vingt-sept, le ministre des Territoires d’outre-mer Víctor Balaguer eut l’idée de montrer à Madrid les Philippines, qui restaient alors une colonie espagnole. Il espérait stimuler le commerce avec l’archipel et renforcer ses liens avec la métropole. Une immense serre était nécessaire pour les plantes tropicales. En cinq mois, l’architecte Ricardo Velázquez Bosco l’assembla à partir d’éléments préfabriqués en fer et de panneaux de verre. Le verre recouvrait les murs, les voûtes et le dôme de vingt-quatre mètres de haut : d’où le nom de Palais de Cristal.

Les plantes seules parurent insuffisantes aux organisateurs. Quarante-trois habitants des Philippines furent amenés à Madrid. Tous recevaient un salaire, mais les rôles furent répartis différemment. Les tisseuses et les fabricantes de cigares travaillaient devant le public en tant qu’artisanes salariées. Les représentants des peuples que les Espagnols considéraient comme sauvages furent logés dans des huttes construites près du palais. Ils tiraient à l’arc, préparaient les repas et passaient leurs journées sous les yeux des visiteurs. Une telle exposition d’êtres humains est aujourd’hui appelée un zoo humain.

Parmi les arrivants se trouvait Basalia, une musulmane de trente ans originaire de l’île de Jolo. Elle ne représentait aucun artisanat à l’exposition : ce que les organisateurs voulaient montrer, c’étaient ses vêtements, son apparence et sa vie quotidienne. Durant la longue traversée en mer, Basalia tomba malade. Dans la baraque madrilène, son rhume se transforma en pneumonie. À la fin du mois de mai, avant même l’ouverture officielle de l’exposition, elle mourut.

Le publiciste Evaristo Aguirre, originaire des Philippines, tenta de contester l’image de l’archipel construite par les organisateurs. Dans l’hebdomadaire madrilène « España en Filipinas », il publia anonymement un article sur les circonstances de la maladie de Basalia et lui dédia un sonnet. L’anonymat ne sauva pas la publication : des hommes politiques liés à l’administration coloniale accusèrent la rédaction de séparatisme. Le journal dépendait de l’argent de riches abonnés conservateurs ; après le scandale, ce soutien se tarit et il ferma bientôt faute de fonds.

Basalia fut l’une des trois participantes adultes mortes à Madrid ; un nouveau-né y mourut également. Après la fin de l’exposition, les autres furent reçus au palais par la reine régente María Cristina, puis renvoyés chez eux par mer.

Il ne reste rien des huttes de l’exposition. Ont subsisté l’étang artificiel où étaient présentées des embarcations philippines et la serre, qui fut plus tard confiée au Musée Reina Sofía pour l’art contemporain. Depuis la fin de l’année deux mille vingt-trois, le palais est fermé : les restaurateurs renforcent l’armature métallique rouillée et remplacent les vitrages endommagés. Les échafaudages sont recouverts d’une toile artistique d’Andrea Canepa, et la réouverture du bâtiment est attendue en deux mille vingt-sept.

Sur place

Temps sur place10 min
Point suivantéglise San Jerónimo el Real
Entréede l’extérieur

Le pavillon est fermé aux visiteurs jusqu’en 2027. Il peut être observé de l’extérieur pendant les heures d’ouverture du parc : 06:00–22:00 (octobre–mars) et 06:00–00:00 (avril–septembre) ; une partie de la façade est couverte d’une toile de restauration jusqu’au 1 janvier 2027.

Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Si le pavillon est fermé ou entouré de barrières, observez-le depuis la rive opposée : la structure et le lien du bâtiment avec la vitrine de l’exposition sont visibles de l’extérieur.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Traversez le parc vers l’ouest et sortez jusqu’à l’église à deux tours, en face de la porte de Felipe IV.

Étape 4 sur 8Ensuite : église San Jerónimo el Real

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Le Prado, le Retiro et le « Paysage de la Lumière » » — 8 étapes, environ 4,5 km, 4–5 heures.

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