Étape 3 sur 8

Gros Caillou

Le Gros Caillou

Ce point reliera le nouveau transport urbain à une découverte que les bâtisseurs ont décidé de préserver.

15 min
Le grand bloc de Gros Caillou à la Croix-Rousse, à Lyon.
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Le bloc de métaquartzite
  • Le bord de l’esplanade

L’histoire du lieu

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Gros Caillou signifie en français « grande pierre ». Ce nom est apparu après que l’on eut choisi, parmi plusieurs blocs, celui qui était le plus gros et le plus dur, puis qu’on l’eut exposé au-dessus de Lyon. Dans les premiers documents, il n’a pas encore de surnom : il s’agit simplement du nouveau bloc erratique glaciaire de la Croix-Rousse.

On l’atteignit à cause de la concurrence pour les voyageurs. Dans les années mille huit cent quatre-vingt, l’entrepreneur Antonin Poy cherchait à obtenir le droit de construire un deuxième funiculaire à la Croix-Rousse. Le premier avait été ouvert du côté de la rue Terme, mais sa station inférieure restait assez haut sur le versant. Poy proposait une montée plus pratique depuis la place de la Croix-Paquet et un billet à cinq centimes, deux fois moins cher que celui de son concurrent. La compagnie existante tenta d’empêcher le projet : le nouveau tunnel menaçait de lui faire perdre une partie de ses recettes. Le conseil municipal choisit néanmoins la proposition de l’ingénieur Augustin Oisan-Chapon, et Poy réunit des investisseurs puis obtint le droit d’exploiter la ligne.

Les ouvriers durent entailler le versant sous les rues et les immeubles d’habitation. À un endroit, ils rencontrèrent un sol semi-liquide que des étaiements en bois retenaient à peine. Dans la tranchée supérieure, on autorisa l’emploi de poudre pour briser la roche. C’est là, parmi les déblais, que plusieurs blocs erratiques glaciaires furent découverts en mille huit cent quatre-vingt-dix.

Un récit populaire affirme que l’actuel Gros Caillou aurait interrompu la construction du premier funiculaire dès mille huit cent soixante et un : les ouvriers n’auraient pas réussi à le briser et auraient été contraints de l’extraire entier. Deux découvertes sont ici confondues. Un énorme bloc de calcaire fut bien découvert lors de la construction de la première ligne, mais il ne fut pas exposé : les bâtisseurs en firent la base d’une pile de pont. La pierre devant vous fut trouvée presque trente ans plus tard, pendant la construction du deuxième funiculaire.

Entre-temps, des scientifiques avaient convaincu les autorités que ces blocs ne devaient pas être employés comme de simples matériaux de construction. Les géologues Albert Falsan et Ernest Chantre avaient vu de gros blocs brisés pour paver les routes et cuits dans des fours afin d’en faire de la chaux. Pour eux, ces pierres étaient des marqueurs survivants d’un ancien glacier : elles permettaient de reconstituer la limite de la glace là où les travaux de terrassement avaient déjà détruit la moraine meuble. Après les démarches des scientifiques, le ministre de l’Instruction publique ordonna en mille huit cent soixante-dix-neuf de préserver les grands blocs restants. C’est pourquoi on sélectionna, parmi la nouvelle découverte, le bloc le plus dur, et la municipalité décida de l’exposer.

La pierre fut installée sur une base artificielle à l’extrémité est du boulevard de la Croix-Rousse, près de la station supérieure de la ligne alors en construction. Le boulevard fut tracé à l’emplacement des fortifications qui, avant le rattachement de la Croix-Rousse à Lyon en mille huit cent cinquante-deux, séparaient les deux villes. D’ici s’ouvrait la plaine du Rhône, et les géologues pouvaient littéralement tourner le bloc vers les Alpes. La composition de la roche indiquait la Haute-Maurienne ou la Haute-Tarentaise : un glacier avait transporté ce métaquartzite sur au moins cent soixante-quinze kilomètres, il y a environ cent quarante mille ans.

Le douze avril mille huit cent quatre-vingt-onze, le funiculaire bon marché d’Antonin Poy ouvrit tout près ; à Lyon, on appelait ces remontées des « ficelles », des cordes. Plus tard, son tunnel et son tracé abrupt furent transformés pour devenir l’actuelle ligne C du métro de Lyon. En deux mille huit, afin de construire un parking souterrain et une nouvelle esplanade, le Gros Caillou fut déplacé d’environ trente mètres et retiré de son ancien socle. Le bloc actuel repose au bord de la place, tandis que sous le versant continue le tracé dont la construction l’avait extrait de terre.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantCour des Voraces
Entréede l’extérieur

Espace urbain ouvert au 196 Boulevard de la Croix-Rousse ; soyez prudent aux bords de l’esplanade et près de la chaussée.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Ne montez pas sur le bloc : sa forme et sa roche, étrangère au versant local, se contemplent mieux depuis le sol. Sur l’espace ouvert, tenez compte du vent et du revêtement mouillé.

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Où aller ensuite ?

Descendez du plateau jusqu’à la place Colbert et entrez sous les volées de l’escalier.

Étape 3 sur 8Ensuite : Cour des Voraces

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Croix-Rousse : canuts, traboules et descente vers la place des Terreaux » — 8 étapes, environ 3 km, 3–3,5 heures.

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