Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façades à treillis
- La clôture rouge de Ichiriki
- Le théâtre Gion Kobu
- Le bâtiment de l’école
L’histoire du lieu
Entre la rue Shijō et les portes de Kennin-ji, la rue Hanamikoji traverse d’anciennes terres de temple. Jusqu’aux années mille huit cent soixante-dix, ce tronçon de rue n’existait pas : on y trouvait des clôtures et de petits ermitages de Kennin-ji.
Après le transfert de la cour impériale de Kyoto à Tokyo, les fonctionnaires, les courtisans et leurs familles quittèrent Kyoto. Le vice-gouverneur Masanao Makimura décida de faire revenir des visiteurs dans la ville grâce à une grande exposition. Pour le programme de divertissement, il s’adressa à Jirōemon Sugiura, chef du quartier local et neuvième propriétaire de la maison de thé Mantei, l’actuelle Ichiriki, au croisement de la rue Shijō et de la rue Hanamikoji. Sugiura gagnait sa vie grâce à des réceptions privées : le nombre d’invités déterminait les revenus de sa maison comme de ceux des établissements voisins.
Sugiura fit appel à Haruko Katayama, troisième cheffe de l’école de danse sous le nom d’Inoue Yachiyo. Au lieu de la prestation intime habituelle dans une pièce, ils imaginèrent une danse collective de geiko et de maiko pour un vaste public. Ils l’appelèrent « Miyako Odori », les « Danses de la capitale ». La première représentation eut lieu au printemps de l’année mille huit cent soixante-douze dans une autre partie de Gion. Les spectateurs l’accueillirent si bien que, dès l’année suivante, l’ancien ermitage Seijūin, près de la future rue Hanamikoji, fut transformé pour ce spectacle. La danse devint annuelle, et l’école Inoue obtint le droit exclusif de former les artistes de Gion Kobu à cette danse.
Durant ces mêmes années, les autorités abolissaient l’ancien système de contrats d’endettement qui permettait de retenir les femmes dans les établissements. La Compagnie artisanale féminine, créée avec la participation de Sugiura, devait offrir aux geiko et aux autres femmes du quartier des activités dont elles pourraient vivre : on y enseignait d’abord la couture, le tissage, la sériciculture et la préparation du thé, puis la danse, la musique et les règles d’accueil des invités y prirent de plus en plus de place. C’est ainsi qu’apparut Gion Nyokoba, une école de femmes et, en même temps, une organisation de propriétaires de maisons de thé.
Après la confiscation d’une partie des terres de Kennin-ji, le gouvernement remit ce terrain à la nyokoba. En mille huit cent soixante-quatorze, les propriétaires y tracèrent la rue Hanamikoji et plusieurs ruelles transversales, divisèrent le terrain en parcelles et y établirent des maisons de thé. En mille neuf cent treize, l’actuel théâtre Gion Kobu fut construit pour le « Miyako Odori », et la rue Hanamikoji devint la voie principale entre la rue Shijō, le théâtre et l’école.
Derrière les façades à treillis, la répartition des rôles née à cette époque reste toujours en vigueur. La maison de thé organise la réception privée, choisit les geiko et les maiko et commande les repas ; l’okiya, maison où résident les artistes, leur fournit un logement, leur enseigne les règles du quartier et les envoie aux représentations ; la nyokoba donne les cours ; le théâtre ouvre leur art à un large public. Une maiko qui passe par la rue Hanamikoji se rend généralement de l’okiya à un cours ou à une réception réservée.
À l’extrémité nord de la rue subsiste la clôture rouge de Ichiriki, la maison de Sugiura. Plus près de Kennin-ji se trouvent le théâtre et l’école, issus de la compagnie fondée sous son égide. Une grande partie des terrains qui les séparent est encore administrée aujourd’hui par son successeur, l’école Yasaka Nyokoba.
Sur place
La rue est publique et passante durant la journée et la soirée, mais l’intérieur du quartier n’est pas ouvert : les maisons de thé et les façades privées ne constituent pas une invitation à entrer.
Vérifié : 16 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La rue Hanamikoji est ouverte au passage, mais les ruelles voisines peuvent être privées. Ne poursuivez pas les personnes en kimono, ne les retenez pas pour une photo et n’essayez pas d’entrer dans une maison de thé privée sans invitation.
