Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les cinq arches de façade
- L’entrée principale du marché
- Le relief en bronze à gauche
- Le carrefour avec la rue Hàng Khoai
L’histoire du lieu
Le marché Đồng Xuân se compose de plusieurs bâtiments commerciaux, dissimulés derrière une façade percée de cinq hautes ouvertures. Après l’incendie, les rangées intérieures furent reconstruites en conservant la division extérieure de l’ancien bâtiment. À gauche de l’entrée principale, au carrefour avec la rue Hàng Khoai, un relief en bronze montre, sur fond de marché, des combattants, des ouvriers et des femmes. Les anciens étals de viande et la salle de billetterie ont disparu d’ici.
Les cinq hautes arches de la façade reprennent les cinq bâtiments commerciaux de l’ancien marché Đồng Xuân. Nombre de vendeurs à l’intérieur travaillent avant tout avec des grossistes : les marchandises partent d’ici vers les petites boutiques de Hanoï et des environs. Cette organisation fut mise en place dès mille huit cent quatre-vingt-neuf. L’administration française combla un bras de la rivière Tô Lịch qui passait à proximité, ferma deux anciens marchés riverains et installa les commerçants sur un terrain libre près de la maison communale Đồng Xuân. Le terrain fut entouré d’une clôture de bambou, et l’on commença à percevoir un droit pour chaque emplacement de vente. Les Français appelaient le nouveau complexe le Grand Marché, mais les Hanoïens continuaient de dire « Đồng Xuân », d’après la maison communale voisine.
En décembre mille neuf cent quarante-six, cette concentration commerciale détermina la fonction militaire du marché. Au nord se trouvait le pont Long Biên, par lequel les troupes françaises pouvaient entrer dans la vieille ville. Par cette même lisière du quartier, les défenseurs restaient en contact avec les faubourgs. La perte de Đồng Xuân menaçait de couper le Régiment de la capitale qui se trouvait ici.
Vers deux heures du matin, le vingt-deux décembre, un peloton d’anciens employés de la gare routière occupa le marché. Il était commandé par Vũ Tam, un jeune Hanoïen d’une vingtaine d’années, à qui l’on avait confié la défense de la sortie nord du quartier. Ses combattants creusèrent des passages devant le marché, entre les rangées et derrière les bâtiments, et aménagèrent cinq positions de tir. Après les bombardements, le toit avait presque disparu, et les hommes creusaient des abris sous les étals de viande : c’étaient des tables de ciment de quinze mètres, recouvertes de lisses plaques blanches. Les objets sur lesquels les commerçants découpaient leurs marchandises devinrent des couvertures au-dessus des tranchées.
Le quatorze février mille neuf cent quarante-sept, des soldats et des chars français avancèrent vers le marché de plusieurs côtés. Dans les rangs du 101e bataillon de Đồng Xuân, il restait environ cent trente hommes, dont une vingtaine de blessés. Vers le soir, les troupes françaises pénétrèrent à l’intérieur, et le combat se déplaça vers ces mêmes tables de viande.
Près de l’une d’elles, l’adjoint du chef de groupe Nguyễn Thanh Chương se retrouva dans un combat au corps à corps et commença à céder face à l’ennemi. Son camarade Đỗ Văn Thìn quitta son abri pour lui venir en aide. D’un coup de crosse, il renversa un soldat français, et, avec Chương, ils l’arrêtèrent. En se dressant au-dessus de l’étal, Thìn s’exposa à un tir dans le dos. Chương abattit l’assaillant et mena le groupe vers l’avant ; les soldats français durent se retirer de cette partie du marché.
Thìn fut transporté dans la petite salle de billetterie à gauche de l’entrée principale. Il était impossible d’évacuer le corps à travers le quartier encerclé, et ses camarades l’enterrèrent sur place. La nuit, le bataillon rassembla les combattants restants, remit les blessés en ligne, reçut vingt hommes en renfort et contre-attaqua. Les unités françaises se retirèrent du marché vers leurs positions précédentes. Vũ Tam, lui-même blessé par un éclat d’obus à l’arrière de la tête, considéra plus tard que le principal résultat de ce combat était la préservation de la voie vers le nord : trois nuits plus tard, le Régiment de la capitale put quitter Hanoï et passer au-delà du fleuve Rouge.
Nguyễn Thanh Chương survécut à la guerre et n’oublia pas où reposait son camarade. Lorsque le marché fut reconstruit en mille neuf cent quatre-vingt-dix, il indiqua l’emplacement de l’ancienne salle de billetterie. Quarante-trois ans après le combat, la famille et les compagnons d’armes retrouvèrent les restes de Đỗ Văn Thìn, avec les objets qui avaient été conservés auprès de lui, et les transférèrent dans un cimetière militaire.
Les anciennes tables de viande et la salle de billetterie n’existent plus aujourd’hui. Après l’incendie de mille neuf cent quatre-vingt-quatorze, les bâtiments intérieurs furent reconstruits, et les cinq arches de façade ne firent que reprendre l’ancienne division du marché. À gauche, au carrefour avec la rue Hàng Khoai, se trouve désormais un relief en bronze représentant des combattants, des ouvriers et des femmes sur fond de marché Đồng Xuân. La salle de billetterie que Nguyễn Thanh Chương avait retrouvée de mémoire en mille neuf cent quatre-vingt-dix se trouvait de ce côté de l’entrée de l’époque.
Sur place
Selon Vietnam Airlines, le marché principal est habituellement ouvert tous les jours de 06:00–18:00 ; le marché nocturne, du vendredi au dimanche, jusqu’à 22:30. Avant d’entrer à une heure précise, mieux vaut vérifier sur place.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.À l’intérieur, restez sur le bord des allées et laissez passer les porteurs chargés de marchandises. S’il y a trop de monde ou si le marché est fermé, la façade et les rues alentour suffisent pour cette halte.
