Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Numéro 28
- Plaque commémorative
- Colonnes doriques près de la porte
- Balcon en fonte
L’histoire du lieu
Regent Terrace est une rangée de trente-quatre maisons de ville édifiées le long du versant de Calton Hill dans les années mille huit cent vingt et au début des années mille huit cent trente. Les façades identiques en pierre, les colonnes doriques près des portes et les balcons continus en fonte devaient donner à ces logements privés l’apparence d’un palais unique. Le mot « régent » renvoie à George IV : avant son accession au trône, il exerçait les fonctions de prince-régent auprès de son père malade. Les concepteurs donnèrent ce nom à la rue après la venue du roi à Édimbourg en mille huit cent vingt-deux.
Près du numéro vingt-huit, une plaque portant le nom du général Charles de Gaulle a été conservée. En mille neuf cent quarante, il refusa de reconnaître la cessation de la guerre par la France et prit en Grande-Bretagne la tête de la France libre, c’est-à-dire des Français qui avaient décidé de poursuivre le combat contre l’Allemagne nazie. Une partie de leurs unités navales se trouvait en Écosse. Pour les marins et les officiers, les permissions posaient un problème simple : ils ne pouvaient pas rentrer chez eux et ne disposaient pas d’un logement permanent à Édimbourg.
Un entrepreneur franco-belge remit cette maison de ville au mouvement. Le vingt-trois juin mille neuf cent quarante-deux, de Gaulle vint à Regent Terrace et inaugura officiellement la Maison écossaise des Français libres. Les militaires pouvaient y séjourner pendant que le personnel leur cherchait des familles écossaises prêtes à accueillir des pensionnaires. Des rencontres étaient également organisées dans les chambres, où l’on soutenait la vie culturelle française. Pour des personnes coupées de leur pays, le numéro vingt-huit devint à la fois un hébergement temporaire et une adresse française reconnaissable.
Après la fin de la guerre, les représentants français décidèrent de conserver cette adresse. En octobre mille neuf cent quarante-cinq, ils achetèrent la maison avec son jardin et y transférèrent le consulat général depuis Glasgow. En mille neuf cent soixante-six, les bureaux consulaires furent déplacés dans le bâtiment voisin, et le numéro vingt-huit fut réservé à la résidence officielle du consul général.
La plaque de façade reprend les mots de de Gaulle sur l’alliance franco-écossaise, la plus ancienne du monde. Depuis la rue, rien ne permet de voir les chambres où les militaires français attendaient une invitation ; leur adresse exacte est conservée par le numéro vingt-huit et la date d’ouverture gravée sur le mur de pierre.
Sur place
Accessible toute la journée ; c’est un quartier résidentiel
Vérifié : 17 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est une rue résidentielle : observez les façades depuis le trottoir, ne franchissez pas les grilles et ne vous attardez pas près des fenêtres ni des entrées.
