Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le long rectangle de la place
- Des vêtements et des ustensiles à même le sol
- De la vieille ferraille
- Des emplacements commerciaux
L’histoire du lieu
Le dix février mille huit cent soixante-treize, Charles-Henri Lemaire, échevin bruxellois des travaux publics — membre de l’administration municipale chargé des rues — exigea que le Vieux Marché soit retiré de l’actuelle place Anneessens. Dans le procès-verbal de son rapport, la marchandise est désignée brièvement : vieille ferraille et autres choses. Selon Lemaire, un tel étalage gâchait sensiblement l’aspect des nouveaux boulevards centraux.
Derrière les « autres choses » se cachait le gagne-pain des marchands de bric-à-brac, des chiffonniers et des vendeurs de vêtements d’occasion. Ils ramassaient, triaient et revendaient ce que les autres jetaient ou cédaient pour presque rien. Parmi leurs acheteurs se trouvaient aussi bien des collectionneurs de raretés que des personnes qui ne pouvaient pas s’offrir un objet neuf. Le marché occupait son ancien emplacement depuis le dix-septième siècle ; toutefois, après que la Senne eut été mise sous terre et que de larges boulevards eurent été tracés au-dessus d’elle, des magasins coûteux ouvrirent à proximité et de riches citadins s’y installèrent. L’administration municipale jugea leurs plaintes fondées.
Il fut décidé non pas d’interdire le commerce, mais de l’éloigner des nouvelles rues d’apparat. À partir du quinze mars, les vendeurs reçurent l’ordre d’étaler ici leurs marchandises, dans les Marolles. Pour eux, cela signifiait le risque de perdre leurs clients habituels, mais le droit de vendre chaque jour fut conservé, et la clientèle suivit peu à peu le marché jusqu’à son nouvel emplacement.
Un terrain libre était déjà prêt. Jusqu’au milieu du dix-neuvième siècle, l’usine de machines et de locomotives Société du Renard fonctionnait ici. La ville acheta son terrain, les bâtiments de l’usine furent démolis et, en mille huit cent soixante-trois, un long rectangle avait été dégagé. Les habitants y jouaient à la pelote : deux équipes se renvoyaient une petite balle en la frappant de la paume de la main. C’est pourquoi le nom français signifie « place du jeu de balle ». Le nom néerlandais « place du Jeu de Balle », c’est-à-dire « place du Renard », conserve le souvenir de l’usine.
Sur les sept mille mètres carrés ainsi libérés, les marchands de bric-à-brac étalèrent vêtements, ustensiles et ferraille à même le sol. Avec les commerçants, le nom de Vieux Marché fut lui aussi transféré ici : c’était le marché lui-même qui était ancien, et non la place, nouvelle pour lui. L’ancien emplacement, sur la place Anneessens, fut dégagé pour le centre rénové, et les commerçants continuèrent de vivre de la revente des affaires des autres dans les Marolles.
Aujourd’hui, le marché s’ouvre ici chaque matin. Le règlement municipal lui réserve trois cent soixante-dix emplacements commerciaux et n’autorise à vendre que des objets déjà utilisés. Cette même « vieille ferraille et autres choses » que Lemaire avait retirée des nouveaux boulevards a encore aujourd’hui sur la place une place officiellement attribuée.
Sur place
Le marché a lieu tous les jours : en semaine environ 09:00–14:00, les week-ends et jours fériés environ 09:00–15:00 ; il est le plus riche le matin.
Vérifié : 1 juillet 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Venez le matin pour le commerce, demandez l’autorisation avant de photographier des personnes et renseignez-vous sur le prix avant d’acheter. Ne considérez pas l’abri souterrain comme un lieu normalement accessible.
