Étape 2 sur 7

Oberbaumbrücke

Oberbaumbrücke

Ce point montrera comment la frontière transformait un simple sauvetage près de la rive en négociations entre les deux parties de la ville.

15 min
Le pont Oberbaumbrücke en briques rouges, avec ses tours
dronepicr · CC BY 2.0; cropped/resized for app
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0 sur 7 terminé

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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Les tours de brique
  • Les trains au-dessus de la chaussée
  • Le mur de pierre de la rive de Kreuzberg

L’histoire du lieu

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Le trente octobre mille neuf cent soixante-douze, Cengaver Katrancı, âgé de huit ans, nourrissait des cygnes sur l’étroite bordure du quai, à environ cent mètres de l’Oberbaumbrücke. Il vivait à Kreuzberg avec sa mère, arrivée de Turquie, et ses trois frères et sœurs. Cengaver perdit l’équilibre et tomba dans la Spree.

Son ami courut chercher de l’aide. Un pêcheur sur la rive commença à se déshabiller pour sauter après lui, mais s’arrêta. Le quai se trouvait à Berlin-Ouest, mais toute la rivière, jusqu’au mur de pierre de la berge, était considérée comme territoire de Berlin-Est. Le pêcheur risquait de franchir la frontière devant des gardes-frontières armés.

Les douaniers de Berlin-Ouest appelèrent les pompiers et tentèrent d’arrêter un bateau de pompiers de Berlin-Est qui, à ce moment-là, escortait un pétrolier sur la rivière. Ils criaient et montraient l’enfant du doigt. Le bateau ralentit brièvement, puis poursuivit sa route. Des policiers se rendirent au poste de contrôle de l’Oberbaumbrücke et entamèrent des négociations avec un officier des troupes frontalières de la RDA. Deux plongeurs-pompiers se tenaient déjà près de l’eau, mais n’obtinrent pas l’autorisation d’entrer dans la rivière.

Même une vedette de la police fluviale de Berlin-Est ne pouvait pas s’approcher de la rive ouest sans ordre particulier. Les policiers la rapprochèrent, puis firent demi-tour : une vedette des gardes-frontières les rattrapa pour être entrés dans une zone interdite. Le bateau de secours n’arriva qu’au bout d’une heure et demie. Un plongeur trouva Cengaver tout près de la rive, mais ne le remit pas aux pompiers de l’Ouest : ils n’étaient plus qu’à environ deux mètres. Les gardes-frontières auraient pu prendre le déplacement d’un homme avec l’enfant vers Kreuzberg pour une tentative de fuite.

Le soir, la mère fut autorisée à entrer à Berlin-Est et à identifier son fils à la clinique Charité. Le corps fut ensuite ramené du côté ouest et enterré à Ankara.

Après la mort de Cengaver, le Sénat de Berlin-Ouest déclara qu’il obtiendrait des règles pour les sauvetages dans les eaux frontalières. Les négociations traînèrent : les deux parties se disputaient même sur la formulation, à savoir à qui appartenait la rivière et si l’apparition d’un sauveteur de l’Ouest signifiait la reconnaissance de la frontière. Entre-temps, trois autres enfants se noyèrent ici et à proximité. Après la cinquième mort, en mille neuf cent soixante-quinze, le Sénat et le gouvernement de la RDA signèrent enfin un accord. Au printemps suivant, des colonnes de signalisation spéciales furent installées sur la rive ouest : leur lumière circulaire avertissait les gardes-frontières que les pompiers entraient dans l’eau pour sauver une personne. Il n’y eut plus ici de telles morts d’enfants.

Le nom même d’Oberbaumbrücke est aussi lié au contrôle de la rivière. En mille sept cent vingt-quatre, des fonctionnaires berlinois installèrent ici un pont de bois pour percevoir une taxe sur les bateaux. La nuit, le passage était barré par un lourd tronc, la barrière supérieure en rondins, ou Oberbaum ; une barrière inférieure se trouvait plus en aval. L’actuel pont de brique fut érigé à la fin du dix-neuvième siècle, et ses tours lui donnèrent l’aspect d’anciennes portes de ville.

Pendant les années de division, un poste-frontière piétonnier passait par ces portes ; la circulation automobile et ferroviaire fut arrêtée. Désormais, les trains circulent de nouveau au-dessus de la chaussée ; en bas, voitures, cyclistes et piétons traversent la Spree. La rivière, au pied du mur de pierre de la rive de Kreuzberg, ne devient plus un autre pays.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantSchlesisches Tor et Burgermeister
Entréede l’extérieur

Le passage piéton sur le pont est ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; la circulation des voitures et des trains se poursuit.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Pour cette étape, il suffit de traverser le pont à pied et de s’arrêter près du bord sûr de la partie piétonne. Ne bloquez pas le passage et surveillez la circulation autour de vous.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Descendez du pont à Kreuzberg et dirigez-vous sous le viaduc ferroviaire.

Étape 2 sur 7Ensuite : Schlesisches Tor et Burgermeister

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Du mur de Berlin au Landwehrkanal » — 7 étapes, 4,3 km, 3–4 h.

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