Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Panneaux de béton lisses
- Peinture « Hymne à la joie »
- Peinture « Hands »
L’histoire du lieu
Le long de la Mühlenstraße, près de la Spree, s’étire une rangée de panneaux de béton lisses qui fermaient autrefois la bande frontalière du côté de Berlin-Est. La frontière se trouvait sur la rive opposée, du côté de Kreuzberg, et toute la largeur de la rivière restait à l’est. Les étrangers venant de Schönefeld entraient dans le centre par cette route ; le mur y était donc composé de panneaux réguliers de trois mètres et demi de haut. Plus tard, plus de cent artistes de vingt et un pays peignirent toute cette rangée, et l’ancien mur intérieur devint l’East Side Gallery à ciel ouvert.
En mai mille neuf cent quatre-vingt-onze, l’artiste sarde Fulvio Pinna demanda que sa propre peinture sur le mur de Berlin soit reconnue comme monument historique. Il voulait que « Hymne à la joie » reste sur la Mühlenstraße : en haut du tableau, une sirène chassait la dictature ; en bas s’ouvrait un paysage italien. Pinna l’avait peinte en quelques heures, sans esquisse préparée. Quinze ans plus tôt, il avait quitté ses emplois d’enseignant et d’employé d’assurance et vivait depuis de sa peinture. À présent, son œuvre devait être découpée dans le béton et vendue.
Cette peinture se trouvait sur une portion particulière du mur. La frontière passait sur la rive opposée de la Spree, du côté de Kreuzberg ; toute la largeur de la rivière appartenait à Berlin-Est. Le béton le long de la Mühlenstraße formait le mur intérieur qui fermait la bande frontalière du côté de la ville. C’est par cette rue que les visiteurs étrangers étaient conduits de l’aéroport de Schönefeld vers le centre ; les gardes-frontières y avaient donc installé des panneaux lisses de trois mètres et demi de haut. Ils paraissaient plus soignés que le mur ordinaire, fait de dalles assemblées, et formaient une surface presque continue de mille trois cents mètres de long.
Le nom « East Side Gallery » désigne précisément cette surface est-berlinoise. Tant que la frontière était gardée, il était interdit de la peindre. Après l’ouverture du mur de Berlin, l’artiste de Berlin-Est Heike Stephan et l’organisateur ouest-berlinois de projets culturels David Monti conçurent l’idée de transformer toute la rangée de panneaux en galerie à ciel ouvert. Monti conclut un accord avec le ministère de la Défense nationale de la RDA et obtint une autorisation écrite en février mille neuf cent quatre-vingt-dix.
Lorsque Monti se retira du projet, la coordinatrice Christine MacLean poursuivit les préparatifs. Elle répartissait les sections et trouvait les peintures et les échelles. De février à septembre, cent dix-huit artistes de vingt et un pays travaillèrent ici. Beaucoup peignaient pour la première fois une œuvre d’une telle taille. Le groupe entier ne se réunit que le vingt-huit septembre, lors de l’inauguration officielle de la galerie.
Mais, dès le premier mars, le conseil d’arrondissement de Friedrichshain avait confié ce même mur à la société de publicité et de spectacles « Wuva ». La société commença à rémunérer le travail des organisateurs et proposa des contrats aux artistes : les droits de vente des images lui étaient cédés pour cinq ans, et l’auteur devait recevoir cinq cents marks allemands après remboursement des frais. Seuls quelques-uns reçurent cet argent. « Wuva » imprimait les peintures sur des cartes postales et des tee-shirts, prévoyait d’envoyer les panneaux de béton en tournée mondiale, puis d’organiser une vente aux enchères.
La tournée échoua faute d’argent et en raison de droits incertains sur l’ancienne frontière. Au printemps mille neuf cent quatre-vingt-onze, la société demanda alors l’autorisation de découper et de vendre les peintures séparément. C’est à cela que Pinna s’opposa. Après sa déclaration, l’administration d’arrondissement créa un nouveau conseil avec les artistes qui insistaient pour conserver la galerie ici. En juin, le sénateur de Berlin chargé du développement urbain, Volker Hassemer, annonça la future protection de l’ensemble. Le quinze novembre, le mur peint fut inscrit sur la liste régionale des monuments historiques ; « Wuva » se retira du projet et la vente des panneaux fut arrêtée.
La peinture de mille neuf cent quatre-vingt-dix avait pourtant presque disparu. Les artistes avaient travaillé sans apprêt ; les images se dégradaient sous l’effet des intempéries, des gaz d’échappement et des inscriptions ajoutées plus tard. En deux mille neuf, des ouvriers nettoyèrent le béton avec des appareils de sablage, puis invitèrent les auteurs à refaire leurs tableaux. Pinna repeignit « Hymne à la joie » à l’endroit qu’il avait autrefois protégé de la vente. La couche picturale d’origine ne subsiste que sur une seule œuvre : « Hands » de Margaret Hunter et Peter Russell.
Sur place
La galerie à ciel ouvert est accessible à toute heure ; les visites guidées et le pavillon d’information suivent les horaires en vigueur de la Stiftung Berliner Mauer.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La galerie se visite de l’extérieur, sans entrée séparée. Reculez de quelques pas pour voir les compositions dans leur ensemble et ne touchez pas aux peintures.
