Étape 1 sur 7

Tour du Tambour (Gulou)

鼓楼

Vous comprendrez ici comment une tour qui a perdu sa fonction d’État a acquis un rôle public.

30 min
La Tour du Tambour à Pékin
David Stanley from Nanaimo, Canada · CC BY 2.0; cropped/resized for app
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Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Les passages voûtés en brique
  • L’authentique tambour principal
  • La rangée de vingt-cinq tambours

L’histoire du lieu

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L’ordre nocturne de Pékin était autrefois donné depuis le niveau supérieur. Les serviteurs de la cour réglaient l’heure à l’aide d’un mécanisme à eau, puis de bâtonnets d’encens, et donnaient cent huit coups. La tour de la cloche voisine reprenait ce signal, après quoi on fermait les portes et la circulation était interdite dans les rues. Les passages voûtés de la base en brique mènent sous les pièces supérieures, où se trouve une rangée de vingt-cinq tambours fabriqués pour des représentations d’après d’anciennes descriptions.

En mille neuf cents, l’Alliance des huit nations prit Pékin après le siège du quartier des Légations. Les soldats atteignirent aussi le niveau supérieur de la Tour du Tambour (Gulou). C’est là que l’on conservait l’heure de la ville : un tambour principal et vingt-quatre plus petits. De l’ancien ensemble, seul le tambour principal a survécu. La version officielle relie les entailles de sa peau à ce saccage, bien que les chercheurs qui étudient les anciennes photographies discutent de la date d’apparition de tous les dommages. Le pillage de la tour lui-même est documenté.

Les tambours étaient gérés par des serviteurs de la cour impériale. Ils mesuraient les heures de la nuit, d’abord à l’aide d’horloges à eau, puis de bâtonnets d’encens spéciaux. Au moment prévu, ils frappaient cent huit coups ; la cloche de la tour voisine répondait ensuite. Après le signal du soir, on fermait les portes de la ville et la circulation était interdite dans les rues. La Tour du Tambour (Gulou) annonçait l’heure à tout Pékin ; c’est pourquoi elle dominait les maisons basses, à l’extrémité nord de l’axe principal de la ville.

Après la chute de l’empire, ce service subsista encore quelques années. En mille neuf cent vingt-quatre, le dernier empereur, Puyi, fut expulsé de la Cité interdite, l’heure officielle commença à être comptée selon des horloges modernes et les joueurs de tambour cessèrent de monter là-haut.

C’est alors que Xue Dubi, chef du district de la capitale et membre d’une société d’éducation populaire, s’occupa de la tour abandonnée. Il voulait donner une instruction aux citadins qui ne pouvaient pas étudier dans une école ordinaire. Ses contemporains qualifiaient Pékin de capitale culturelle, mais beaucoup de ses habitants restaient illettrés. Dans ses propres notes de souvenirs, Xue racontait comment il était passé devant la Tour du Tambour (Gulou) délabrée et avait décidé à la fois d’en changer le nom et de lui trouver une nouvelle fonction.

Il donna d’abord au niveau supérieur le nom de tour Mingchilou — « Tour de la prise de conscience de la honte ». On y exposa des photographies, des objets et des maquettes liés à la prise de Pékin en mille neuf cents, des tableaux des emprunts étrangers, des indemnités et des traités imposés à la Chine. Le nom expliquait directement le contenu de l’exposition : Xue voulait que les visiteurs sachent quelle défaite l’invasion avait représentée pour le pays.

Au printemps suivant, il demanda au ministère de l’Intérieur de transférer les deux tours à un établissement d’éducation populaire. Le trésor municipal manquait d’argent ; le groupe désigné par Xue recueillit donc des fonds auprès des administrations des finances et des transports, des militaires et de donateurs privés. Cinq mois plus tard, le quatre octobre mille neuf cent vingt-cinq, le premier Centre d’éducation populaire de Pékin ouvrit ici.

Les passages voûtés en brique à la base de la Tour du Tambour (Gulou) furent fermés par du verre et répartis selon leur fonction. Dans la salle centrale, on installa plus de six cents chaises, une lanterne de projection et un gramophone : des conférences publiques s’y tenaient le samedi. Dans la partie est, on plaça environ trois mille livres et des espaces de lecture séparés pour les femmes et les enfants. Dans la partie ouest, on présentait des minéraux, des produits agricoles, des appareils de physique et un modèle de squelette humain. Dans l’un des passages fonctionnait un bureau où l’on pouvait lire un document à un visiteur illettré ou l’aider à rédiger une lettre.

Les jours de fête, il n’y avait plus de place. Entre les deux tours, on aménagea des espaces pour les enfants et les adultes ; plus tard, on ouvrit un marché et un cinéma. Le Centre d’éducation populaire de Pékin organisait des cours d’alphabétisation, des expositions et des conférences, et des établissements semblables apparurent, sur son modèle, dans d’autres quartiers de Pékin.

Ce travail détermina aussi le destin ultérieur de la collection. Dans les années trente, les employés organisèrent des représentations et des expositions contre l’occupation japonaise de la Mandchourie. Après la prise de Pékin, l’administration japonaise changea le nom de l’établissement, détruisit plus de quatre mille livres et plus de trois cents pièces exposées. En mille neuf cent quarante-deux, le centre ferma. Après la fin de la guerre, des éducateurs de la ville y réinstallèrent des salles de lecture, des classes et des collections de musée ; un centre culturel occupa la Tour du Tambour (Gulou) jusqu’en mille neuf cent quatre-vingt-trois.

L’actuelle rangée de vingt-cinq tambours a été fabriquée d’après d’anciennes descriptions pour des démonstrations. L’unique authentique tambour principal est exposé séparément. Et dans la base de brique subsistent ces mêmes passages voûtés où une personne qui ne savait pas écrire pouvait demander qu’on lui rédige une lettre.

Sur place

Temps sur place30 min
Point suivantTour de la Cloche (Zhonglou)
Entréesur billet

Tous les jours 09:30–17:30 (26 avril – 25 octobre, dernière entrée à 17:20) et 09:30–16:30 (26 octobre – 25 avril, dernière entrée à 16:20).

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Depuis l’extérieur, appréciez la hauteur de la tour et sa position au-dessus des hutongs. Si vous entrez, ne vous pressez pas près des tambours et évaluez à l’avance la montée selon vos forces.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Traversez la place entre les deux tours et approchez-vous de la Tour de la Cloche (Zhonglou).

Étape 1 sur 7Ensuite : Tour de la Cloche (Zhonglou)

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Tours, lacs et hutongs de Shichahai » — 7 étapes, 4 km, 2–3 heures.

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