Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Deux pièces souterraines
- Une petite fenêtre
- Une rigole dans le sol
- Les panneaux métalliques de l’exposition
L’histoire du lieu
À l’emplacement du marché de Mkunazini fonctionne aujourd’hui une exposition permanente sur la traite des esclaves en Afrique de l’Est. Des personnes capturées sur le continent y étaient amenées, et les acheteurs s’intéressaient aux plantations de Zanzibar et de Pemba ou à la revente à travers l’océan Indien. Lorsque le marché a fermé, des missionnaires anglicans ont construit le bâtiment Sainte-Monique pour servir d’hôpital ; dans ses pièces inférieures, ils conservaient des médicaments et des provisions, à l’abri de la chaleur derrière d’épais murs. La nouvelle exposition a été installée à la fois dans l’ancien café et dans des pièces de service, et ses panneaux métalliques ont été suspendus à des poutres d’acier.
Un étroit escalier depuis l’exposition mène à deux petites pièces souterraines, séparées par un court passage. Une petite fenêtre est percée dans l’un des murs, une rigole court le long du sol et des copies de chaînes sont exposées à côté. Les guides racontent qu’avant la vente aux enchères, soixante-quinze femmes et enfants étaient détenus ici, et cinquante hommes dans la chambre voisine ; les personnes auraient été enfermées pendant trois jours, tandis que la marée marine rinçait la rigole. C’est une légende muséale tardive, et non un fait établi.
L’historien Jonathan Glassman a décidé de vérifier ce récit touristique à l’aide des documents de la mission et de l’histoire des bâtiments. Le marché aux esclaves de Mkunazini a fermé en mille huit cent soixante-treize. Le bâtiment Sainte-Monique, sous lequel se trouvent les pièces, a été construit environ vingt ans plus tard par des missionnaires anglicans pour servir d’hôpital. Dans son sous-sol, ils entreposaient des médicaments et des provisions : les murs épais protégeaient les réserves de la chaleur et de la lumière du soleil. Au temps de la traite des êtres humains, ces locaux n’existaient pas encore.
Le marché lui-même se trouvait bien ici. Des marchands amenaient sur l’île de Zanzibar des hommes, des femmes et des enfants capturés sur le continent, puis les vendaient sur un espace à ciel ouvert. Les acheteurs envoyaient les uns vers les plantations de clous de girofle des îles de Zanzibar et de Pemba, et revendaient les autres plus loin, à travers l’océan Indien. L’erreur concerne le sous-sol, non le sort des personnes vendues à Mkunazini.
En deux mille treize, le diocèse anglican et le gouvernement de Zanzibar ont chargé le World Monuments Fund de restaurer le complexe et d’y créer une exposition permanente. Sa conception a été dirigée par Maria Kovačević, une designer chargée de raconter l’histoire de la traite des esclaves en Afrique de l’Est dans un bâtiment sans climatisation et soumis à des coupures d’électricité. L’argent et les spécialistes manquaient ; elle s’est donc occupée à la fois de la recherche historique, des textes, des graphismes, de l’éclairage et du montage. L’ancien café est devenu la première salle, tandis qu’une réserve et des toilettes sont devenues la seconde. Les panneaux explicatifs ont été imprimés sur des plaques métalliques revêtues d’une couche de protection et suspendus à des poutres d’acier.
Avant l’ouverture, l’équipe a consulté des historiens et a appris la conclusion de Glassman. Dans l’exposition ouverte le quinze juin deux mille seize, le parcours commence par la vie d’une personne avant sa capture, puis suivent la captivité, la caravane, le transport maritime, la vente, le travail forcé, la libération et ses conséquences. Sur le panneau consacré au marché de Mkunazini lui-même, les chambres souterraines ne sont pas mentionnées.
Le sous-sol est néanmoins resté dans le parcours des visites guidées. L’anthropologue Marie-Aude Fouéré, qui a étudié la manière dont l’esclavage est raconté ici, a participé à environ cinquante visites entre deux mille treize et deux mille dix-sept. Même après l’ouverture de la nouvelle exposition, les guides continuaient de répéter l’histoire de cent vingt-cinq captifs, de trois jours sans lumière et de la marée dans la rigole. Elle a constaté que les panneaux métalliques avaient déjà corrigé la chronologie, tandis que le récit oral était resté le même.
Le panneau sur le marché ne montre pas de chambres. Elles commencent derrière l’escalier : deux réserves de l’ancien hôpital auxquelles les guides ont attribué un autre passé.
Sur place
Tous les jours 08:00–18:00. Dernière entrée 30 minutes avant la fermeture. Billet combiné avec la cathédrale.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’intérieur est étroit et il faut surveiller la hauteur du plafond. En cas d’anxiété dans les espaces clos ou de mobilité réduite, mieux vaut ne pas descendre.
