Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade semi-circulaire du théâtre
- Monument à Hovhannès Toumanian
- Monument à Alexander Spendiaryan
- Tombe d’Alexander Spendiaryan
L’histoire du lieu
La façade du théâtre est construite en demi-cercle, et l’actuelle place de la Liberté s’étend devant l’entrée principale. Le théâtre fut conçu comme le Théâtre national académique d’opéra et de ballet Alexandre-Spendiarian, avec une salle destinée aux représentations ; la ville ne possédait alors pas encore de scène d’opéra. Le demi-cercle devant l’entrée fut aménagé en même temps que le bâtiment et porta pendant de longues années le nom de place du Théâtre. Aujourd’hui, on s’y réunit pour des concerts et d’autres événements urbains, en utilisant la façade comme fond de scène.
De part et d’autre de l’entrée principale se dressent deux statues représentant les hommes dont la rencontre marqua le début de l’histoire de ce théâtre. À droite se trouve le compositeur et chef d’orchestre Alexander Spendiaryan, dont le Théâtre national académique d’opéra et de ballet Alexandre-Spendiarian porte le nom. À gauche, un livre sur les genoux, se trouve le poète Hovhannès Toumanian. Les figures de bronze apparurent ici en mille neuf cent cinquante-sept, tandis que les personnes qu’elles représentent s’étaient rencontrées quatre décennies plus tôt.
En mille neuf cent seize, Spendiaryan cherchait un sujet pour un opéra arménien. Il ne connaissait pas la langue arménienne ; Toumanian lui lisait donc ses poèmes et lui expliquait aussitôt les passages incompréhensibles. Le compositeur choisit « La Prise de la forteresse de Tmouk », récit d’un chef militaire, de sa femme Almast et de la trahison qui causa la perte des défenseurs de la forteresse. La poétesse russe Sofia Parnok transforma le poème en livret, et Spendiaryan passa les dix années suivantes à écrire et remanier la partition. « Almast » resta son seul opéra.
En mille neuf cent vingt-quatre, le compositeur quitta Soudak pour Erevan à l’invitation des dirigeants de la république. Son travail quotidien consistait à enseigner au jeune Conservatoire d’Erevan et à créer son orchestre symphonique. Il n’existait pas encore de théâtre d’opéra dans la ville, et il n’y avait nulle part où monter « Almast », en quatre actes.
Au printemps mille neuf cent vingt-huit, Spendiaryan tomba malade d’une pneumonie lobaire et mourut sans avoir vu le spectacle d’Erevan. Alexander Tamanyan, l’architecte qui concevait pour la ville le Théâtre national académique d’opéra et de ballet Alexandre-Spendiarian avec une salle de théâtre, proposa d’enterrer le compositeur dans le jardin près du futur bâtiment. C’est ainsi que la tombe apparut ici avant que le théâtre n’accueille son premier spectateur.
Le vingt janvier mille neuf cent trente-trois, le rideau se leva au nouveau Théâtre national académique d’opéra et de ballet Alexandre-Spendiarian. Le premier spectacle fut « Almast ». Quelques années plus tard, le théâtre reçut le nom de Spendiaryan : l’inscription de la façade a conservé le nom de l’auteur de la partition avec laquelle débuta le travail de toute la troupe.
Le demi-cercle devant l’entrée principale fut aménagé en même temps que le théâtre. À l’époque soviétique, on l’appelait tout simplement la place du Théâtre. C’est aujourd’hui la place de la Liberté ; des concerts urbains et d’autres événements publics s’y déroulent, et le bâtiment leur sert de fond de scène déjà prêt.
À gauche des portes, Toumanian est toujours assis avec son livre ; à droite, Spendiaryan se tient debout ; dans le jardin alentour se trouve la tombe du compositeur ; et entre les deux monuments s’ouvre l’entrée du théâtre, où leur « Almast » fut le premier spectacle.
Sur place
La place est accessible vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; l’accès à l’intérieur du théâtre et de la salle de concert se fait avec un billet pour un événement ou selon un régime distinct.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’essentiel de l’histoire se lit depuis l’extérieur ; un spectacle ou un concert doit être envisagé comme une visite distincte.
