Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La petite coupole
- Les murs de pierre portant des inscriptions
- Le carrefour des rues Abovian et Sayat-Nova
L’histoire du lieu
À l’été mille neuf cent vingt, l’ancienne rue Astafiev fut renommée en l’honneur de Khatchatour Abovian. Il enseignait et écrivait pour des lecteurs auxquels l’ancienne langue arménienne des livres était déjà étrangère. Abovian rédigea le roman « Les Blessures de l’Arménie » en arménien oriental parlé ; cette œuvre lui vaut d’être considéré comme le fondateur de la nouvelle littérature arménienne.
À l’angle des rues Abovian et Sayat-Nova se trouve la petite église Katoghiké. Sa taille actuelle est la trace d’une démolition inachevée.
En décembre mille neuf cent trente-six, le Conseil municipal d’Erevan commença à démonter la grande église de la fin du dix-septième siècle qui se trouvait ici. Le terrain était destiné à de nouvelles constructions. L’Institut d’histoire et de littérature donna son accord aux travaux à une condition : le démontage devait se dérouler sous la surveillance quotidienne d’un archéologue, afin que les pierres inscrites et les anciennes parties du bâtiment ne disparaissent pas.
Karo Ghafadaryan, jeune archéologue et spécialiste des inscriptions, fut désigné comme surveillant. Il passait toute la journée de travail sur le chantier et arrêtait le démontage à chaque découverte. Plus tard, Ghafadaryan écrivit qu’en raison de ces interdictions, il se poursuivit deux fois plus longtemps que prévu, jusqu’en mars de l’année suivante.
Sous la maçonnerie tardive apparut une petite église à coupole du treizième siècle. Elle ne se trouvait pas à côté de la grande église : les bâtisseurs du dix-septième siècle l’avaient intégrée au nouveau bâtiment et en avaient fait l’autel principal. De l’extérieur, personne ne voyait plus un édifice religieux distinct. La plus ancienne inscription sur ses murs date de l’an mille deux cent soixante-quatre.
La surveillance de Ghafadaryan protégeait les découvertes au fil du démontage. Le professeur Ashkharbek Kalantar cherchait à faire arrêter l’ensemble des travaux. Il enseignait l’archéologie à l’Université d’Erevan et était secrétaire scientifique du Comité de protection des antiquités. Le dix-neuf janvier mille neuf cent trente-sept, Kalantar écrivit à Amatuni, premier secrétaire du Parti communiste arménien, le principal dirigeant du parti dans la république. Le professeur avertissait qu’il ne restait à Erevan que deux ou trois monuments anciens, tout au plus, et que dans une telle précipitation il était impossible d’étudier les peintures murales, les inscriptions et les maçonneries qui apparaissaient. Il demandait d’arrêter la démolition et de réunir immédiatement une commission de spécialistes.
La lettre fut transmise pour vérification, mais le bureau du parti n’examina jamais la question. En mars, la grande église fut démontée. Kalantar ne fut pas arrêté à cause de cette lettre : en mars mille neuf cent trente-huit, il fut accusé de haute trahison dans le cadre de l’« affaire des professeurs » fabriquée de toutes pièces. Sa condamnation à mort fut commuée en huit ans d’emprisonnement. En juin mille neuf cent quarante-deux, l’archéologue mourut en exil sibérien ; plus tard, il fut entièrement réhabilité à titre posthume.
Le conseil scientifique de l’Institut conserva l’église médiévale découverte par Ghafadaryan. Elle fut dégagée des restes de la basilique tardive et ses parties endommagées furent restaurées. La Grande Katoghiké disparut, tandis que la petite église qui avait servi d’autel resta une église en activité et hérita de son nom. « Katoghiké » signifie église principale, cathédrale ; ce nom désigne désormais un bâtiment d’un peu plus de cinq mètres sur sept mètres et demi.
Sur place
Église en activité ; aucun horaire officiel unique de visite n’est publié. La cour est généralement accessible en journée, les offices sont prioritaires.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Visitez l’église calmement et sans diffuser l’audio à fort volume ; pendant l’office, les intérêts de la communauté priment sur cette étape de la visite.
