Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le bâtiment de la cathédrale actuelle
- Les reliquaires de Vassili et de Konstantin
- La haute rive de la Volga
L’histoire du lieu
La haute rive de la Volga est occupée par l’actuelle cathédrale de la Dormition, construite là où se trouvait, au début du treizième siècle, la cour princière de l’ancienne forteresse urbaine. On y édifia alors la première église en pierre de Iaroslavl, qui devint la principale église de la ville et le lieu d’inhumation de ses souverains. Le bâtiment moderne se dresse à l’ancien emplacement, mais il est sensiblement plus grand que l’ancienne cathédrale et n’en reprend pas l’aspect. C’est aujourd’hui le siège du métropolite de Iaroslavl, et les offices quotidiens y rassemblent les paroissiens.
En mille cinq cent un, des personnes démontaient ici les voûtes effondrées après un incendie et découvrirent sous le sol deux tombeaux de pierre. Les dalles portaient les noms des princes de Iaroslavl Vassili et Konstantin Vsevolodovitch. Ces sépultures firent de la cathédrale de la ville un lieu de pèlerinage et déterminèrent, cinq siècles plus tard, ce qui serait ramené dans un nouveau bâtiment sur la même rive.
La première église en pierre de Iaroslavl fut fondée ici, en mille deux cent quinze, dans la cour princière de Roubliony Gorod. Elle fut dédiée à la Dormition de la Vierge Marie : c’est ainsi que l’Église appelle la mort de la Vierge Marie, comprise comme un sommeil avant son ascension au ciel. La cathédrale devint l’église principale de la Iaroslavl princière et le lieu d’inhumation de ses souverains.
L’aîné des frères retrouvés, Vassili, reçut Iaroslavl alors qu’il était enfant : son père avait péri en mille deux cent trente-huit dans une bataille contre l’armée de Batu. Pour conserver son héritage, Vassili dut se rendre deux fois auprès du khan. Il cherchait à faire reconnaître ses droits sur la ville, dont les terres et les revenus faisaient vivre sa cour et sa druzhina. Perdre Iaroslavl l’aurait privé de revenus princiers et d’hommes. Batu laissa Vassili repartir avec le domaine de son père.
Vers l’âge de vingt-deux ans, Vassili mourut à Vladimir. Son corps fut transporté à Iaroslavl ; des princes, parmi lesquels Aleksandr Nevski, accompagnaient le cortège funèbre. En février mille deux cent cinquante, Vassili fut enterré sous le sol de cette cathédrale. Environ sept ans plus tard, son frère cadet Konstantin, qui lui avait succédé à Iaroslavl, fut placé à ses côtés. Les circonstances de la mort de Konstantin sont inconnues : un récit détaillé de sa disparition apparut bien plus tard dans une tradition locale.
Après l’incendie de mille cinq cent un, les dalles funéraires permirent d’associer les dépouilles retrouvées aux deux frères. Des chercheurs avertissent que les inscriptions furent réalisées bien après les inhumations elles-mêmes. Une vie de saints rédigée à la génération suivante affirmait que les corps avaient été retrouvés incorrompus et attribuait à cette découverte quinze guérisons miraculeuses. Ce témoignage relève de la tradition ecclésiale et n’a pas été consigné par des témoins de l’incendie.
Tikhon, archevêque de Rostov, qui administrait alors aussi les églises de Iaroslavl, ordonna de transférer provisoirement les dépouilles dans l’église en bois Saints-Boris-et-Gleb qui se dressait à côté. Le grand-prince de Moscou Ivan III envoya des maîtres pour construire une nouvelle cathédrale. Une fois les travaux achevés, les reliquaires furent placés entre les piliers, sous les icônes familiales des princes. En mille cinq cent quatre, Ivan III vint lui-même ici vénérer les deux frères. Dès le début du seizième siècle, Vassili et Konstantin furent vénérés comme des saints, et leurs dépouilles devinrent l’une des principales reliques de la cathédrale.
Un nouvel incendie, en mille sept cent quarante-quatre, endommagea les dépouilles ; les parties conservées furent rassemblées dans des reliquaires séparés. En mille neuf cent dix-neuf, le comité exécutif provincial, organe local de l’administration soviétique, les saisit et les remit au musée historique. La cathédrale elle-même fut dynamitée en mille neuf cent trente-sept, sur décision du conseil municipal.
Le bâtiment actuel fut édifié entre deux mille six et deux mille dix. Il ne reproduit pas l’ancienne cathédrale : c’est une église nettement plus grande, construite à son emplacement historique. C’est aujourd’hui le siège du métropolite de Iaroslavl et des offices y sont célébrés chaque jour. Lors de la consécration, en deux mille dix, des ecclésiastiques y rapportèrent les reliquaires de Vassili et de Konstantin, dans la même cour princière d’où leurs corps avaient été emportés après l’incendie, cinq cent neuf ans auparavant.
Sur place
Cathédrale en activité avec des offices quotidiens. Selon l’horaire paroissial officiel : en semaine, les Heures à 08:00, la liturgie à 08:15 et l’office du soir à 17:00 ; les dimanches et lors des fêtes des Douze, les Heures à 08:40 et la liturgie à 09:00. Aucun horaire de musée distinct n’est publié.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est une cathédrale en activité : pendant un office, ne faites pas de visite bruyante, ne photographiez pas les personnes sans leur autorisation et ne bloquez pas les passages.
