Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les sept niveaux de la pagode
- L’épais parement de briques
- Les deux stèles de pierre à l’entrée sud
L’histoire du lieu
Les sept niveaux de la pagode actuelle se dressent à l’emplacement d’une tour beaucoup plus basse, à cinq niveaux, avec un noyau de terre et des murs de briques. Lorsqu’elle se dégrada rapidement, elle fut démontée et reconstruite au début du huitième siècle grâce à l’argent de l’impératrice et de la cour ; les guerres et les restaurations en modifièrent ensuite plusieurs fois la hauteur. L’épais parement de briques ajouté par les artisans de la dynastie Ming dissimule l’essentiel de cette longue transformation. À l’entrée sud subsistent deux stèles de pierre de la dynastie Tang, portant des préfaces impériales recopiées par le calligraphe de cour Chu Suiliang.
En six cent cinquante-deux, Xuanzang, abbé et traducteur du monastère Da Ci'en, demanda à Li Zhi (empereur Gaozong), empereur de la dynastie Tang, de faire construire ici une tour de pierre haute d’environ quatre-vingt-dix mètres. Elle n’était destinée ni aux cloches ni à la prière. Xuanzang voulait y enfermer, à l’abri du feu et de l’humidité, des centaines de manuscrits sanskrits, des statues de Bouddha et des reliques rapportés d’Inde.
Il savait déjà combien une telle cargaison était facile à perdre. Lors de la traversée de l’Indus, au retour, Xuanzang perdit environ cinquante ballots de manuscrits. Les autres furent transportés à dos d’animaux de bât à travers montagnes et déserts. Le moine revint à Chang'an — c’est ainsi que Xi'an s’appelait alors — en six cent quarante-cinq. L’empereur Taizong des Tang lui proposa une fonction de fonctionnaire : les renseignements d’un homme ayant traversé des dizaines d’États étaient utiles à la cour. Xuanzang refusa et demanda qu’on lui permette de traduire.
Il vivait en moine entretenu par les monastères impériaux. La cour lui fournissait des locaux et des assistants, mais Xuanzang ne pouvait pas élever un dépôt pour sa cargaison sans l’accord de l’empereur. Li Zhi (empereur Gaozong) approuva la tour, mais le projet initial en pierre se révéla trop coûteux. On construisit cinq niveaux, avec un noyau de terre et une enveloppe de briques. Une biographie rédigée par ses disciples affirme que Xuanzang portait lui-même des briques et des pierres sur le chantier.
Dans chaque niveau, on aménagea des chambres pour les manuscrits, les images et les reliques. Des traducteurs travaillaient à côté : l’un lisait l’original sanskrit, les autres en dégageaient le sens, choisissaient les mots chinois, vérifiaient et recopiaient le texte. Avant la mort de Xuanzang, son groupe traduisit soixante-quinze œuvres, soit mille trois cent trente-cinq rouleaux. Il n’eut pas le temps d’achever tout ce qu’il avait rapporté, mais les traductions chinoises se répandirent dans les monastères d’Asie orientale. La pagode fut créée comme un dépôt protégé auprès d’un atelier de traduction.
Il est inutile de chercher devant vous les cinq premiers niveaux. Le noyau de terre et l’enveloppe de briques se dégradèrent rapidement. Au début du huitième siècle, l’impératrice Wu Zetian et les courtisans financèrent le démontage et la reconstruction de la tour ; plus tard, les guerres et les restaurations en modifièrent encore le nombre de niveaux, et les artisans de la dynastie Ming ajoutèrent à l’extérieur un épais parement de briques. La pagode actuelle à sept niveaux conserve l’emplacement du dépôt de Xuanzang, mais non son volume initial.
Le nom non plus ne nous est pas parvenu dans sa forme initiale. Au début, la tour était appelée pagode du monastère Ci'en. Le nom de l’oie est généralement lié à une légende que Xuanzang consigna en Inde. Les moines d’une communauté mangeaient de la viande, mais un jour ils ne purent pas s’en procurer. Voyant au-dessus d’eux une volée, l’un d’eux dit que le bodhisattva devait se souvenir de leur repas. À cet instant, une oie tomba devant eux et mourut. Les moines prirent ce qui était arrivé pour un reproche, enterrèrent l’oiseau, élevèrent un stupa au-dessus de lui et renoncèrent à la viande. C’est une légende bouddhique, et non un événement attesté à Chang'an. La pagode devint « Grande » plus tard, lorsqu’une autre pagode de l’Oie, plus petite, apparut à proximité.
Les manuscrits sanskrits pour lesquels Xuanzang avait entrepris la construction ne se sont pas conservés ici comme une collection unique ; leur destin ultérieur est inconnu. En revanche, deux stèles de pierre de la dynastie Tang subsistent de part et d’autre de l’entrée sud. L’une porte la préface de l’empereur Taizong des Tang aux traductions de Xuanzang, l’autre le texte de Li Zhi (empereur Gaozong). Toutes deux furent recopiées par le calligraphe de cour Chu Suiliang. Les stèles se dressent là où l’argent impérial, le travail des traducteurs et la maçonnerie de briques devaient protéger des livres qui étaient déjà tombés un jour dans le fleuve.
Sur place
La visite extérieure est plus simple ; vérifiez séparément les conditions actuelles pour monter à l’intérieur.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Commencez par faire le tour de la base et observez la maçonnerie depuis le sol. La montée à l’intérieur peut être soumise à des conditions d’accès distinctes ; décidez-en séparément et ne construisez pas votre parcours autour de cette possibilité.
