Étape 5 sur 8

Cour suprême des États-Unis

Supreme Court of the United States

Une requête mal rédigée montrera comment une question constitutionnelle peut commencer loin des salles de la capitale.

15 min
Façade en marbre blanc de la Cour suprême des États-Unis, avec colonnes et marches.
Ken Hammond / U.S. Department of Agriculture · Public domain; cropped/resized for app
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Colonnes centrales
  • Inscription « Une justice égale devant la loi »
  • Great Hall
  • Portes de la salle d’audience

L’histoire du lieu

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Le quinze janvier mille neuf cent soixante-trois, dans la salle derrière cette façade, Abe Fortas plaidait : c’était l’avocat que la Cour suprême avait désigné pour défendre le détenu Clarence Earl Gideon. Gideon, lui, restait dans une prison de Floride. Plusieurs feuilles couvertes de son écriture au crayon étaient arrivées jusqu’à Washington.

Gideon vivotait de petits travaux et louait une chambre en face d’un billard, dans les environs de Panama City. Lorsque de la monnaie, de la bière et du vin disparurent du billard, il fut accusé de vol par effraction. Gideon n’avait pas d’argent pour un avocat. Il demanda au juge de lui en désigner un, mais, en Floride, un accusé pauvre n’y avait droit que lorsqu’il risquait la peine de mort.

Gideon se défendit lui-même : il prononça une déclaration liminaire, interrogea des témoins, fit comparaître les siens et contesta le procureur. Les jurés le déclarèrent coupable et le juge le condamna à cinq ans de prison. Pour un homme qui n’avait achevé que huit années de scolarité, c’était le prix d’une erreur dans une question qu’il ne savait même pas poser correctement devant un tribunal.

Dans la bibliothèque de la prison, Gideon lut la Constitution et décida que le droit à un avocat ne devait pas dépendre de l’argent. Il rédigea sa demande de réexamen au crayon, sur du papier fourni par la prison : les détenus n’avaient pas le droit d’utiliser des stylos. Il dut emprunter un stylo uniquement pour signer. La Cour suprême comprit ce message négligemment formulé, accepta l’affaire et chargea Fortas de transformer l’idée du détenu en argument juridique.

Ici, on ne cherchait pas à établir de nouveau qui avait emporté la monnaie du billard. La Cour suprême vérifie si les décisions des juridictions inférieures sont conformes à la Constitution et aux lois fédérales. Fortas soutenait devant les neuf juges qu’une personne sans formation juridique ne peut pas mener un procès pénal à armes égales avec un procureur professionnel. L’assistant du procureur général de Floride, Bruce Jacob, défendait l’ancienne règle : depuis mille neuf cent quarante-deux, la Cour suprême elle-même autorisait les États à désigner un défenseur gratuit uniquement dans des circonstances particulières.

Fortas retourna cette règle contre la Floride. Le procès-verbal montrait que le juge et le procureur avaient même essayé d’aider Gideon ; pourtant, il ne savait toujours pas quelles objections soulever, comment vérifier les témoignages ni où chercher des informations pour sa défense. Les concessions ponctuelles du juge ne remplaçaient donc pas un avocat.

Le dix-huit mars, le juge Hugo Black annonça la décision unanime : le droit de l’accusé à être défendu est nécessaire à un procès équitable ; les États sont donc tenus de fournir un avocat à ceux qui ne peuvent pas le payer. Cette décision ne libéra pas Gideon immédiatement. Il fut renvoyé en Floride pour y être rejugé.

Gideon choisit alors un avocat local, Fred Turner. Celui-ci enquêta sur l’affaire, releva les contradictions dans les paroles du témoin principal et obtint le témoignage d’un chauffeur de taxi qui ne confirmait pas le récit sur les boissons emportées du billard. Les jurés acquittèrent Gideon. Après deux ans de détention, il fut libéré, et les tribunaux des États commencèrent à désigner des défenseurs pour les accusés pauvres dans les affaires criminelles graves.

La Cour suprême siège dans ce bâtiment depuis mille neuf cent trente-cinq ; auparavant, on lui attribuait des salles de l’autre côté de la rue, au Capitole des États-Unis. La salle où Fortas parla à la place de Gideon, resté en prison, se trouve encore derrière les colonnes centrales, au bout du Great Hall. Au-dessus de l’entrée est toujours gravée l’inscription : « Une justice égale devant la loi ». Ces mots apparurent sur la façade presque trois décennies avant que la lettre au crayon n’oblige la Cour à décider ce qu’ils signifiaient pour un homme sans argent pour payer un avocat.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantBibliothèque Folger Shakespeare
Entréegratuit, avec contrôle de sécurité

Ouvert au public du lundi au vendredi de 09:00 à 15:00, sauf les jours fériés fédéraux ; l’activité de la Cour peut limiter l’accès.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Tous les détails essentiels sont visibles de l’extérieur, depuis l’espace public. L’accès à l’intérieur peut dépendre de l’activité de la Cour ; vérifiez-le donc séparément.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Laissez la Cour derrière vous et parcourez un pâté de maisons vers l’est jusqu’à la façade blanche.

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Capitol Hill : loi et vie urbaine » — 8 étapes, environ 3,8 km, 3 heures.

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