Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Coupole de la salle de lecture
- Salle de lecture circulaire
- Vitrine avec les livres de Jefferson
- Emplacements vides dans la collection
L’histoire du lieu
En mille huit cent soixante-dix-sept, le bibliothécaire du Congrès Ainsworth Rand Spofford annonça que plus de soixante-dix mille livres étaient déjà entassés à même le sol du Capitole des États-Unis. Il avait lui-même favorisé cet afflux : il voulait transformer une petite collection destinée aux législateurs en bibliothèque de tout le pays.
Pour Spofford, c’était l’œuvre de toute une vie et son gagne-pain. Lorsqu’il entra comme assistant bibliothécaire, on lui proposa mille huit cents dollars par an. Dans une lettre à sa femme, il reconnut que le salaire était bon, mais craignait qu’après un changement de président, ce poste politique soit confié à quelqu’un d’autre. Spofford resta. Abraham Lincoln le nomma bibliothécaire en chef, et Spofford reçut sept employés et environ quatre-vingt-deux mille volumes.
En mille huit cent soixante-dix, Spofford convainquit le Congrès des États-Unis de confier à la bibliothèque l’enregistrement des droits d’auteur. Un auteur ou un éditeur souhaitant enregistrer une œuvre devait envoyer deux exemplaires. Des romans, des cartes, des photographies, des partitions et des brochures arrivaient. En seulement quatre ans, ces arrivages furent plus nombreux que les achats. Spofford entreposait les livres dans les greniers du Capitole des États-Unis, dans les couloirs des sous-sols, près des portes des comités et le long des escaliers publics.
Presque aussitôt, il réclama un bâtiment distinct. Le Congrès des États-Unis discuta son projet pendant quinze ans. Le terrain fut choisi en face du Capitole des États-Unis : la bibliothèque quittait ses salles surpeuplées, mais restait près de ceux pour qui elle avait été créée. Spofford proposa aussi l’aménagement intérieur : une salle de lecture circulaire sous une coupole, entourée de magasins de livres et de départements. Ce plan se lit encore au centre du bâtiment.
Le dénouement fut brutal pour Spofford. À l’été mille huit cent quatre-vingt-dix-sept, quelques mois avant l’ouverture du bâtiment, le président nomma un autre bibliothécaire en chef. Spofford passa au poste d’assistant. Plus de huit cents tonnes de livres, de manuscrits, de cartes, de partitions et de photographies furent transportées du Capitole des États-Unis vers les nouveaux locaux dans des fourgons tirés par des chevaux. Le premier novembre, les portes s’ouvrirent aux lecteurs. Spofford continua d’enrichir la collection dans une fonction subalterne et y travailla jusqu’à sa mort.
Le bâtiment reçut son nom actuel bien plus tard. En mille neuf cent quatre-vingt, il fut nommé en l’honneur de Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis. Jefferson n’a pas conçu ce palais. Son nom y apparut à cause des livres.
En mille huit cent quatorze, des soldats britanniques incendièrent le Capitole des États-Unis avec la première Bibliothèque du Congrès. Jefferson, qui vivait déjà retiré à Monticello, proposa de remplacer la collection détruite par la sienne : six mille quatre cent quatre-vingt-sept volumes, qu’il avait réunis pendant environ cinquante ans. Il était endetté, et une part importante du produit de la vente fut immédiatement versée à ses créanciers.
L’achat rencontra une opposition. Certains membres du Congrès des États-Unis jugeaient le prix excessif ; d’autres s’indignaient des livres en langues étrangères, de la philosophie et des sujets éloignés des lois. La Chambre des représentants des États-Unis l’approuva par seulement dix voix d’écart. Le Congrès des États-Unis paya vingt-trois mille neuf cent cinquante dollars et, au printemps mille huit cent quinze, des fourgons livrèrent la collection de Monticello à Washington. Avec elle, la bibliothèque reçut le principe de Jefferson : un législateur peut avoir besoin d’un livre sur n’importe quel sujet.
Près des deux tiers de ces volumes périrent dans un nouvel incendie au Capitole des États-Unis en mille huit cent cinquante et un. Environ deux mille survécurent. Plus tard, des bibliothécaires retrouvèrent des milliers de livres des mêmes éditions et reconstituèrent la collection. À présent, dans la salle d’exposition, se trouvent côte à côte les exemplaires originaux de Jefferson, les remplacements retrouvés et les emplacements restés vides. Sous la coupole centrale fonctionne la salle de lecture conçue par Spofford, et, dans la galerie, reposent les livres grâce auxquels le bâtiment porte le nom de Jefferson.
Sur place
Le bâtiment Thomas Jefferson est ouvert aux visiteurs du mardi au samedi de 10:00 à 17:00, dernière entrée à 16:30 ; un laissez-passer gratuit pour un créneau horaire est obligatoire.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.À l’extérieur, concentrez-vous sur le contraste avec l’architecture fonctionnelle du Congrès des États-Unis. Vérifiez avant la promenade la possibilité de voir le Great Hall et les espaces d’exposition.
