Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La fontaine avec la Sirène de Varsovie
- Le rang nord des maisons du Musée de Varsovie
- Les plaques du côté Dekert
L’histoire du lieu
Le deux décembre mille sept cent quatre-vingt-neuf, des carrosses quittèrent l’hôtel de ville, qui occupait le centre de cette place, pour se rendre au Château royal. Ils transportaient près de trois cents représentants des villes royales — c’est ainsi qu’on appelait les villes soumises à la Couronne plutôt qu’à un propriétaire privé. Les délégués étaient vêtus de noir. C’est à leurs vêtements que leur déplacement dut le nom de Procession noire.
Elle était menée par Jan Dekert, chef de la magistrature de la Vieille Varsovie — une ville située à l’intérieur des remparts. Il réclamait pour les habitants des villes les droits dont, auparavant, la noblesse avait presque exclusivement joui. Dekert avait débuté comme commis dans une boutique de drap, puis repris l’affaire de son patron et fait fortune dans le commerce des tissus et la production de laine. Mais sa fortune ne lui donnait pas le statut d’un noble. Même un riche marchand ne bénéficiait pas de la même protection contre l’arrestation et la confiscation sans condamnation judiciaire, ne pouvait pas acheter librement des propriétés foncières et ne participait presque pas à l’adoption des lois de l’État.
La procession commença précisément ici parce que le marché était organisé autour de l’administration municipale. Le conseil siégeait dans l’hôtel de ville, où étaient conservés les documents et le trésor, tandis que des échoppes se dressaient autour de ses murs. Dekert envoya des invitations à travers le pays, et les délégués se réunirent dans ce bâtiment. Ils exigeaient l’inviolabilité de la personne et des biens, le droit d’acquérir des terres, d’occuper des fonctions publiques et de représenter les villes à la Diète.
Depuis l’hôtel de ville, les délégués se rendirent auprès du roi, du maréchal de la Diète et des sénateurs avec un mémoire écrit. Après cette manifestation, la Diète créa une commission spéciale chargée d’examiner les revendications des villes. Le dix-huit avril mille sept cent quatre-vingt-onze, la loi sur les villes royales libres fut adoptée. Les habitants des villes n’obtinrent pas une égalité complète avec la noblesse, mais ils ne pouvaient plus être emprisonnés ni privés de leurs biens sans condamnation judiciaire. Ils furent autorisés à acheter des terres, à progresser dans le service de l’État et le service militaire, et à participer, par l’intermédiaire de mandataires, à la discussion des affaires urbaines. La loi ne s’appliquait qu’aux villes royales. Deux semaines plus tard, elle fut intégrée à la Constitution du 3 Mai.
Dekert ne vit pas cela. La campagne menée pendant de nombreuses années ruina sa fortune personnelle, et il mourut le quatre octobre mille sept cent quatre-vingt-dix — environ six mois avant l’adoption de la loi. Les réformes mises en œuvre furent elles aussi de courte durée : les partages de la République des Deux Nations interrompirent leur application dans les années suivantes.
L’hôtel de ville fut démoli en mille huit cent dix-sept, lorsque l’administration municipale déménagea place du Théâtre. C’est pourquoi le centre dégagé, avec sa fontaine et la Sirène de Varsovie, avait autrefois un autre aspect : l’hôtel de ville et les échoppes qui l’entouraient occupaient la majeure partie de l’espace. Depuis mille neuf cent seize, le rang nord des maisons, où se trouve le Musée de Varsovie, porte officiellement le nom de côté Dekert. Des plaques à son nom sont accrochées en face de l’endroit d’où partirent les carrosses de la Procession noire.
Sur place
Espace urbain ouvert ; choisissez un point de vue qui ne gêne pas le passage des piétons.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La figure présente sur la place est une copie ; l’original historique endommagé est conservé au Musée de Varsovie et nécessite une visite distincte. Pour écouter, éloignez-vous des cafés et des groupes de visite guidée.
