Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les larges marches
- Les plateformes pour l’arati
- Les grandes lampes à plusieurs étages
- Le temple Shri Ram
L’histoire du lieu
L’escalier de la rive relie le quartier des temples de Bénarès au Gange ; les pèlerins l’empruntent pour descendre vers l’eau avant de visiter Kashi Vishwanath. Les larges marches de pierre sont interrompues par des plateformes, le temple Shri Ram se dresse au-dessus d’elles, et lors des crues, le niveau inférieur se retrouve sous l’eau. Le nom du ghat renvoie à une tradition religieuse : Brahma y accomplit dix sacrifices royaux de chevaux en l’honneur de l’arrivée de Shiva à Kashi, bien qu’aucune chronique ne le confirme.
La grande cérémonie du soir sur ces marches s’est constituée tout récemment. En mille neuf cent quatre-vingt-onze, le pandit Satyendra Mishra, savant brahmane et connaisseur des rituels, prit la tête des prêtres locaux qui décidèrent d’accomplir ici chaque jour l’arati du matin et du soir. Le culte rendu au Gange existait bien avant eux ; Mishra lui donna son organisation publique actuelle, avec une rangée d’exécutants et de grandes lampes à plusieurs étages.
C’était un homme de ce ghat même. Mishra naquit en mille neuf cent cinquante et un dans une famille de pandits, fut diplômé de l’Université hindoue de Bénarès et vivait auprès du temple Shri Ram, juste au-dessus du Dashashwamedh Ghat. La position de la famille dépendait de la connaissance des textes sacrés, de la conduite des rituels et de la confiance des pèlerins. Ici, on le connaissait sous le nom de Munnana Maharaj.
Selon la version du fonds qu’il avait créé, Mishra et ses compagnons s’inquiétaient de voir les habitants traiter de plus en plus le Gange comme un fleuve ordinaire. Ils choisirent l’arati, une offrande de lumière à une divinité. Dans le temple, on passe le feu devant l’image d’un dieu ; sur le ghat, les prêtres tournent les lampes vers l’eau elle-même, car Ganga est une déesse pour les croyants. Les mouvements identiques des exécutants permettent aux milliers de personnes rassemblées de participer à un même rituel, même si elles se tiennent loin sur les marches ou sont assises dans des bateaux.
Mishra nomma l’organisation « Ganga Seva Nidhi », le fonds du service de Ganga. Ce service ne s’arrêtait pas à la cérémonie. Les participants retiraient de l’eau les offrandes florales, le plastique et d’autres déchets, tentaient de bloquer les rejets des égouts et, après les crues, enlevaient le limon laissé par le fleuve. Ils ne s’occupaient d’abord que du Dashashwamedh Ghat, puis s’étendirent à d’autres secteurs de la rive. L’image de leur arati du soir figura sur des affiches touristiques officielles, et le rituel devint l’une des raisons pour lesquelles d’immenses foules viennent ici chaque soir.
Mishra choisit aussi ce ghat parce que les pèlerins y descendaient depuis longtemps vers le fleuve avant de visiter le temple de Kashi Vishwanath. Le nom même explique la vénération de cet endroit. « Dasha » signifie « dix », « ashva », « cheval », et « medha », « sacrifice ». Selon la tradition, le dieu Brahma accomplit ici dix ashvamedhas, des sacrifices royaux de chevaux, en l’honneur de l’arrivée de Shiva à Kashi. Dans un tel rituel, on laissait le cheval parcourir le pays sous la garde de guerriers ; celui qui l’arrêtait contestait les prétentions du roi. Le récit des dix rituels relève de la tradition religieuse, et non d’une chronique confirmée.
Satyendra Mishra mourut en deux mille treize. Son fils Sushant prit la tête du fonds, et l’adresse de l’organisation resta la même : le temple Shri Ram au-dessus du Dashashwamedh Ghat. Pendant la crue, lorsque les marches et les plateformes inférieures disparaissent sous l’eau, les exécutants déplacent l’arati plus haut, parfois sur le toit de ce bâtiment. Les lampes montent alors jusqu’à l’endroit d’où la famille Mishra avait autrefois fait descendre la cérémonie vers le fleuve.
Sur place
Ghat public, généralement accessible jour et nuit ; lors des cérémonies du soir et des grandes fêtes religieuses, l’affluence augmente fortement, les passages peuvent être resserrés à l’avance et parfois régulés.
Vérifié : 17 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Pendant l’arati, n’occupez pas les passages et laissez aux participants l’espace nécessaire pour travailler. Une place dans un bateau est un service distinct, dont les conditions doivent être discutées directement avec le batelier choisi.
