Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les oriels rouges au-dessus du trottoir
- Les pavés de verre du trottoir
- L’étroite façade le long de la rue Pender
L’histoire du lieu
Au rez-de-chaussée se tenaient des boutiques, au-dessus on louait des chambres, et le sous-sol servait de lieu où se laver. Tout cela tint dans un bâtiment large d’environ un mètre quatre-vingts, étiré le long d’une charpente d’acier de près de trente mètres. Les oriels rouges des étages supérieurs surplombent le trottoir, et des inserts de verre dans le pavement laissent passer la lumière du jour jusqu’au sous-sol situé en dessous. Les habitants de Chinatown utilisaient les bains, car leurs logements ne comportaient souvent pas de salles de bains, et une association communautaire occupait les pièces de l’étage ; désormais, une agence d’assurances occupe cette adresse exiguë.
Dans le nom de cet immeuble se cache une première erreur : il n’y a jamais eu de personne appelée Sam Kee. C’était le nom de l’entreprise de l’entrepreneur chinois Chang Toy, et ses associés d’affaires blancs ont attribué le nom de la société au propriétaire lui-même. L’entreprise importait du riz et des marchandises de Chine, expédiait du saumon et du hareng salé à travers l’océan Pacifique, finançait des entrepreneurs de la pêche et investissait ses bénéfices dans l’immobilier. La parcelle à l’angle de la rue Pender et de la rue Carrall faisait partie de ces activités.
En mille neuf cent douze, la ville élargit la rue Pender et prit presque toute la profondeur de la parcelle : des plus de neuf mètres d’origine, il ne resta qu’environ un mètre quatre-vingts. Chang Toy ne fut pas indemnisé pour cette bande restante : elle fut jugée inutilisable. Pour ce commerçant, cela signifiait la perte d’un terrain qui devait lui rapporter un revenu.
Chang Toy chargea les architectes Bryan et Gillam de construire un véritable immeuble commercial sur ce reste. En mille neuf cent treize, les constructeurs dressèrent une charpente d’acier longue de près de trente mètres. Les pièces des étages supérieurs furent élargies par des oriels au-dessus du trottoir, tandis que le sous-sol s’étendait sous celui-ci dans l’autre sens. Des boutiques ouvrirent au niveau de la rue ; à l’étage se trouvaient des chambres d’habitation et une organisation communautaire. Au sous-sol, d’après les informations qui nous sont parvenues, fonctionnaient des bains publics : les habitants de Chinatown les utilisaient, car leurs logements ne comportaient souvent pas de salles de bains.
La bande jugée inutile accueillit des commerces, des logements et des bains. Plus tard, Guinness World Records désigna l’immeuble comme le bâtiment commercial le plus étroit du monde. Aujourd’hui, on y continue de faire des affaires : une agence d’assurances y fonctionne.
Les oriels rouges avancent au-dessus de la partie de la parcelle prise par la rue. Les pavés de verre du trottoir laissent passer la lumière jusqu’au sous-sol aménagé sous le terrain municipal. Entre eux subsiste un couloir aussi large que l’étroite parcelle que la ville a laissée à Chang Toy.
Sur place
L’observation extérieure est accessible en permanence ; un bureau privé fonctionne à l’intérieur.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’essentiel se voit de l’extérieur : comparez la profondeur du bâtiment à la largeur du trottoir, sans gêner les entrées ni les passants.
