Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Enseignes des associations familiales
- Balcons en retrait
- Locaux commerciaux du premier étage
- Fenêtres de la salle de réunion supérieure
L’histoire du lieu
Dans le bloc des numéros cent de la rue East Pender, des enseignes d’associations Wong, Lee, Ma et d’autres noms de famille chinois se succèdent au-dessus des commerces. Ces organisations remplaçaient la famille des nouveaux arrivants : une personne était accueillie selon son lignage familial ou le district dont elle venait, aidée à trouver une chambre et un travail, et accompagnée dans le règlement des conflits. Les locaux commerciaux du bas rapportaient des loyers, tandis que les étages supérieurs abritaient des bureaux et des salles de réunion.
Le bâtiment de quatre étages aux balcons en retrait appartient à l’Association chinoise de bienfaisance de Vancouver. Elle fut créée comme association générale de Chinatown : on pouvait s’y adresser indépendamment de son nom de famille, de son lieu de naissance ou de son appartenance à l’une des associations voisines.
En mille neuf cent quarante-sept, le Parlement canadien abrogea la loi qui interdisait presque entièrement l’immigration chinoise depuis mille neuf cent vingt-trois. Pourtant, les familles ne pouvaient toujours pas se réunir librement. Des hommes vivant au Canada depuis des décennies continuaient d’entretenir leurs épouses et leurs enfants en Chine, sans pouvoir les faire venir auprès d’eux.
Le dirigeant de l’Association chinoise de bienfaisance de Vancouver, Wong Foon Sien, mena la campagne pour modifier les règles. Il avait fait des études de droit, mais l’obtention d’une licence d’avocat dépendait de l’inscription sur les listes électorales, auxquelles les Canadiens chinois n’étaient alors pas admis. Il dut gagner sa vie par la traduction et la médiation dans les tribunaux. La plupart des fonctions communautaires de Wong Foon Sien restaient non rémunérées. Lorsqu’il invitait les interlocuteurs nécessaires dans les restaurants de Chinatown, les propriétaires ne lui présentaient souvent pas l’addition, considérant le repas comme leur part de la campagne. Son épouse, qui travaillait dans une usine, payait les dépenses du foyer.
De mille neuf cent quarante-huit à mille neuf cent cinquante-neuf, Wong Foon Sien se rendit onze fois à Ottawa en traversant tout le pays. Il rencontrait des responsables politiques fédéraux et expliquait à maintes reprises que l’interdiction abrogée continuait de s’appliquer au sein des familles. Les règles furent assouplies par étapes : les Canadiens chinois purent inviter leurs conjoints, leurs fiancées, leurs enfants célibataires et leurs parents âgés. Des centaines de familles, auparavant séparées pendant des décennies, furent ainsi réunies au Canada.
L’Association chinoise de bienfaisance de Vancouver occupe encore les étages au-dessus des commerces, et sa salle de réunion est conservée au quatrième étage. Sur les façades voisines figurent toujours des noms de famille distincts ; au-dessus d’eux se trouve l’organisation au nom de laquelle Wong Foon Sien œuvrait pour le retour des épouses, des enfants et des parents.
Sur place
La visite extérieure est possible en permanence ; les espaces intérieurs des associations sont généralement privés.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Considérez les associations comme des espaces en activité ou privés : écoutez le récit depuis le trottoir et n’essayez pas d’entrer sans invitation explicite.
