Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Buste de Manuel Pinto da Fonseca
- Armoiries personnelles de Pinto avec une couronne fermée
- Armoiries de Castille, de Léon et de Portugal
L’histoire du lieu
Les armoiries au-dessus de la fenêtre centrale énumèrent le nom complet de cette maison : Auberge de Castille, de Léon et de Portugal. C’était le nom de l’un des regroupements de chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Ils étaient groupés selon leur origine et leur langue ; les Castillans, les Léonais et les Portugais formaient une même « langue ».
On appelait auberge la maison commune de ce groupe. Les chevaliers y recevaient gratuitement deux chambres et un domestique, et le trésor attribuait à leur supérieur de l’argent ou du grain pour la cuisine. Ils devaient se présenter à la table commune au moins quatre jours par semaine. Le chef de la langue déjeunait séparément, sur une estrade, avec un tapis et un coussin sous les pieds. Il occupait aussi la charge de grand chancelier : il était responsable de l’enregistrement et de la conservation des lois, décrets, chartes et lettres officielles de l’ordre. C’est pourquoi la maison fut construite sur la partie la plus élevée du front terrestre de La Valette, près des fortifications dont ces chevaliers avaient la responsabilité.
En août mille cinq cent soixante-neuf, ils vivaient encore dans l’ancienne capitale, Birgu, et c’est là qu’ils décidèrent de construire à La Valette. Ils achetèrent le terrain et financèrent les dépenses par une contribution spéciale prélevée sur leurs membres. Un siècle et demi plus tard, l’ancien bâtiment leur parut trop exigu et trop modeste. Le Portugais Manuel Pinto da Fonseca, chevalier de la même langue, devint grand maître en janvier mille sept cent quarante et un et ordonna presque aussitôt de démolir l’ancienne auberge. Il finança lui-même la plus grande partie de la reconstruction. Son buste fut installé au-dessus de la porte, et plus haut encore ses armoiries personnelles, avec une couronne fermée. Pinto cherchait à ce que la résidence de son regroupement corresponde au rang auquel il prétendait ; il plaça sa propre image juste entre l’entrée et les armoiries de Castille, de Léon et de Portugal.
Un demi-siècle plus tard, ceux dont les emblèmes couvraient la façade perdirent cette maison. Après la prise française de Malte, les chevaliers espagnols furent autorisés, le vingt juin mille sept cent quatre-vingt-dix-huit, à quitter l’île et à emporter leurs biens meubles. Les chambres, la cuisine, les locaux d’archives et le terrain lui-même restèrent sur place. La Commission des biens nationaux française s’installa dans l’auberge ; elle avait reçu la mission de disposer des biens immobiliers et des possessions de l’ordre chassé. Les chevaliers emportèrent leurs effets personnels ; l’institution qui réglait le sort des biens qu’ils avaient laissés occupa leur propre résidence. Avec la perte de Malte, l’ancienne division de l’ordre en langues prit elle aussi fin.
Le quartier général militaire britannique y fut ensuite installé. En mars mille neuf cent soixante-douze, le bâtiment fut remis à la chancellerie du Premier ministre de Malte. Aujourd’hui, derrière la façade de Pinto, travaillent des fonctionnaires du gouvernement et se réunit le Conseil des ministres. Les anciens occupants ont disparu depuis plus de deux siècles, mais leurs trois noms figurent toujours au-dessus de l’entrée.
Sur place
La façade est accessible depuis la place ; le bâtiment abrite la chancellerie en activité du Premier ministre, il n’y a pas d’entrée touristique régulière.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est un bâtiment gouvernemental en activité : observez la façade depuis l’extérieur et ne gênez pas le passage de service.
