Étape 5 sur 7

Loge de la soie

Llotja de la Seda / Lonja de la Seda

À la Loge, règlement, crédit, tribunal et prison pour dettes se révéleront être les parties d’un même système commercial.

15 min
Façade de la Loge de la soie à Valence
Juan Mayordomo · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Colonnes torsadées
  • Inscription latine sur les murs
  • Tour de pierre
  • Fenêtres gothiques

L’histoire du lieu

Taille du texte

Les colonnes torsadées s’élèvent dans la salle qui servait aux marchands valenciens de lieu pour leurs transactions commerciales. Les marchandises arrivaient par mer au port, puis elles étaient vendues dans le centre-ville, où l’on trouvait aussi ceux avec qui faire affaire. Outre les tissus, on y faisait circuler le grain, l’huile, la laine et les épices. La soie prit progressivement la première place et s’imposa dans le nom de la Loge, bien que le commerce ne se soit jamais réduit à elle seule.

Dans la salle aux colonnes de la Loge se trouvait une banque qui ressemblait à un meuble. Derrière la Taula en bois — une table — on échangeait des monnaies, on recevait des dépôts, on accordait du crédit commercial et on transférait de l’argent du compte d’un marchand à celui d’un autre. C’est de cette table que l’institution tira son nom : Taula de Canvis, « table d’échange ».

Le conseil municipal avait déjà créé une telle banque en mille quatre cent huit, dans l’ancienne Loge toute proche. Les conseillers voulaient réduire les dettes de la ville et sécuriser les dépôts, mais, au lieu d’en faire une banque à part entière, ils utilisèrent surtout la Taula comme caisse municipale. Huit ans plus tard, il fallut la liquider en raison d’une mauvaise gestion.

En mille cinq cent dix-neuf, les conseillers se décidèrent à faire une deuxième tentative et installèrent la Nouvelle Taula dans cette salle même. Le lieu fut choisi parce que les transactions elles-mêmes convergeaient ici. Les marchandises arrivaient au port, mais elles étaient vendues au centre de Valence ; dans la Loge, les marchands trouvaient des partenaires, concluaient des contrats et réglaient leurs engagements. La ville répondait des dépôts sur l’ensemble de ses biens municipaux. La grande caisse était gérée par trois administrateurs élus pour deux ans ; en prenant leurs fonctions, ils fournissaient leur propre garantie. Un marchand connaissant les pratiques commerciales et un notaire chargé des écritures les assistaient.

Pour un négociant, cette protection était considérable. Ses fonds pouvaient rester longtemps immobilisés dans une cargaison expédiée par mer, tandis que le naufrage d’un navire ou le refus d’un débiteur de payer lui laissait des obligations envers d’autres personnes. La Taula permettait de conserver de l’argent sous la garantie de la ville, de régler des transactions sans transporter toute la somme en monnaies et d’obtenir un crédit pour l’opération suivante. La Nouvelle Taula subsista jusqu’en mille six cent quarante-neuf, date à laquelle elle fut fermée après un nouvel échec financier. Neuf ans plus tard, les conseillers ouvrirent une troisième Taula, la plus récente ; elle fut définitivement liquidée en mille sept cent dix-neuf.

Le risque du marchand était inscrit dans l’organisation du bâtiment. Entre la salle des transactions et la chambre du Consulat de la mer — le tribunal qui tranchait les litiges entre les participants au commerce maritime — se dresse une tour. Ses deux étages supérieurs étaient destinés aux marchands déclarés insolvables. En bas, on concluait un contrat et on effectuait un paiement ; à côté, on jugeait un litige ; en haut, on détenait ceux qui ne pouvaient pas payer. Une inscription latine court le long des murs de la salle : elle exige de ne pas mentir dans le commerce, de ne pas tromper son prochain et de ne pas prêter de l’argent à usure ; elle promet richesse et vie éternelle au marchand honnête.

Le nom de « Loge de la soie » s’imposa plus tard. On y commerçait le grain, l’huile, la laine, les épices et d’autres marchandises, mais la soie les supplanta progressivement dans l’économie urbaine. Avant même l’ouverture de la salle, cinquante-six maîtres tisserands de soie, dont douze Génois, rédigèrent les règles de leur métier. Le conseil municipal et le roi Ferdinand II d’Aragon reconnurent leur association ; les Génois transmirent aux Valenciens les techniques de fabrication du velours, du satin, du damas et du brocart. Dès mille quatre cent quatre-vingt-sept, Valence comptait deux cent quatre-vingt-treize maîtres tisserands de soie. À la fin du dix-septième siècle, leur produit donna à la Loge le nom qui est resté attaché au bâtiment, même si les transactions n’y furent jamais limitées à la soie.

La Taula en bois n’est plus dans la salle aux colonnes. La table derrière laquelle la ville garantissait les dépôts des marchands a été transférée au palais de Cervelló ; dans la Loge demeurent l’inscription au-dessus du lieu des transactions et les deux étages de prison dans la tour.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantMarché central de Valence
Entréede l’extérieur

La visite extérieure est libre ; la page touristique officielle indique des horaires de journée pour la Loge de la soie, avec un horaire réduit les dimanches/jours fériés et une dernière entrée avant la fermeture.

Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

La façade mérite d’être observée lentement et depuis différents points de la place. La salle des transactions n’est accessible qu’avec une entrée distincte ; sans elle, l’arrêt reste néanmoins riche de sens.

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Où aller ensuite ?

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« La vieille Valence : soie, marchés et pouvoir municipal » — 7 étapes, environ 1,4 km, 2–3 heures.

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