Étape 2 sur 9

Église du Tsarévitch-Dimitri-sur-le-Sang

Церковь царевича Димитрия «на крови»

Cette étape distinguera les témoignages de l’enquête, la vénération ultérieure et la version consacrée par l’Église.

20 min
Église rouge du Tsarévitch-Dimitri-sur-le-Sang, aux coupoles bleues, dans le kremlin d’Ouglitch.
Евгений Л. Попов · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Peinture du mur occidental
  • Photocopie du dossier d’enquête
  • Représentations du tsarévitch et des habitants

L’histoire du lieu

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Le mur occidental, à l’intérieur de l’église, est occupé par une peinture montrant le tsarévitch et les habitants, et une photocopie d’un ancien dossier d’enquête est exposée à côté. L’église en pierre de la fin du dix-septième siècle a remplacé la chapelle et l’église en bois qui se trouvaient auparavant ici. Elle reçut plus tard son nom « sur-le-Sang », lorsque le tsarévitch commença à être vénéré comme un saint.

Le quinze mai mille cinq cent quatre-vingt-onze, Dimitri, âgé de huit ans, fils cadet d’Ivan le Terrible et frère du tsar Fiodor Ioannovitch, sortit jouer dans la cour de son palais d’Ouglitch. Après la mort de son père, le garçon fut envoyé ici depuis Moscou avec sa mère, Maria Nagaïa. Ouglitch devint son apanage : la ville entretenait une cour princière distincte. Les oncles de Dimitri vivaient auprès de leur neveu et conservaient grâce à lui leur position et leurs revenus. Avec sa mort, la famille perdait tout d’un coup.

Pendant plusieurs jours, Dimitri eut des crises répétées de ce qu’on appelait alors le mal caduc, c’est-à-dire l’épilepsie. Ce jour-là, il tenait un couteau servant à un jeu d’enfant. La nounou, la nourrice, la femme de chambre et les compagnons du garçon déclarèrent plus tard que, durant une crise, Dimitri fut projeté au sol et se blessa lui-même à la gorge.

Sa mère se précipita dans la cour et décida que son fils avait été assassiné. Elle désigna comme meurtriers le fils de la nounou, ainsi que le fils et le neveu de Mikhaïl Bitiagovski, un clerc de l’administration moscovite qui gérait les affaires du palais et surveillait les Nagoï. La famille était depuis longtemps en conflit avec lui au sujet d’argent et de corvées. Ce même matin, Mikhaïl Nagoï, frère de la tsarine, avait exigé que le trésor verse une somme supérieure à celle qui était fixée, et le clerc avait refusé.

On sonna le tocsin. Les habitants accourus commencèrent des représailles. Bitiagovski arriva dans la cour et tenta d’arrêter les gens, puis se réfugia dans l’une des isbas du palais. La foule enfonça la porte, le traîna dehors et le tua. Son fils, son neveu, le fils de la nounou et plusieurs serviteurs périrent également. L’un des accusés fut amené devant Maria Nagaïa et tué sous ses yeux.

Trois jours plus tard, Mikhaïl Nagoï tenta d’étayer l’accusation par des preuves matérielles. Selon les témoignages de son frère et du greffier de la ville, il ordonna d’acheter deux couteaux, de se procurer une massue en fer, d’égorger une poule et d’enduire les armes de son sang. Les objets furent ensuite disposés près des morts, comme s’ils avaient appartenu aux participants à la tentative d’assassinat du tsarévitch.

Un jour encore plus tard, le boyard Vassili Chouiski arriva à Ouglitch, envoyé pour établir comment Dimitri était mort et qui avait commencé les représailles. La commission interrogea plus d’une centaine de personnes et conclut que la mort du garçon était un accident survenu pendant une crise. Cette conclusion ne dissipa pas tous les doutes : les enquêteurs avaient été envoyés par la cour de Moscou, contre laquelle l’accusation était précisément formulée. Mais les armes truquées ne prouvaient pas non plus un meurtre.

Maria Nagaïa remit au métropolite une demande de grâce pour ses proches et qualifia les représailles d’acte pécheur et coupable. Elle fut tonsurée de force sous le nom de Marfa et envoyée dans un monastère. Ses frères furent exilés ; les habitants d’Ouglitch impliqués dans les meurtres furent exécutés ou bannis.

Quinze ans plus tard, ce même Vassili Chouiski devint tsar. Une nouvelle tâche se présentait à lui : prouver que l’homme qui était parvenu à monter sur le trône sous le nom de Dimitri, présenté comme rescapé, était un imposteur. Chouiski ordonna de transférer les restes du garçon à Moscou, et Dimitri commença à être vénéré comme un saint innocent assassiné. Ainsi, l’ancien enquêteur rejeta la conclusion de sa propre commission.

Après la canonisation, une chapelle fut érigée sur le lieu de la mort, puis une église en bois. L’actuelle église en pierre fut achevée en mille six cent quatre-vingt-douze. Les mots « sur-le-Sang » de son nom consacrèrent la version de l’assassinat. Sur le mur occidental, à l’intérieur, des malfaiteurs frappent Dimitri, les habitants les châtient, et les restes du tsarévitch sont emportés à Moscou. Dans cette même église est exposée une photocopie du dossier d’enquête, avec les témoignages concernant le couteau dans la main du garçon et les armes que des adultes avaient enduites de sang de poule.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantLa cloche du tocsin
Entréesur billet

L’objet muséal ouvre à partir de 09:00 ; l’heure exacte de fermeture en été doit être vérifiée le jour de la visite.

Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

L’intérieur fait partie de l’exposition du musée. Regardez les fresques comme une interprétation tardive des événements, et non comme le tableau d’un témoin oculaire.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Approchez-vous de la cloche exposée à l’intérieur.

Étape 2 sur 9Ensuite : La cloche du tocsin

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Ouglitch : du kremlin princier à la centrale hydroélectrique » — 9 étapes, 2,6 km, 3 h 45 min.

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