Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La borne de pierre « Onden-bashi »
- Les courbes de la rue
- Les bornes mobiles aux entrées
L’histoire du lieu
Cat Street s’est constituée par tronçons distincts à la fin du siècle dernier et sert aujourd’hui de liaison piétonne entre Harajuku et Shibuya. Le passage étroit est occupé par des magasins et un flux de visiteurs, et les entrées sont barrées par des bornes mobiles dont s’occupent les associations locales de commerçants. Près d’Omotesandō se dresse une borne de pierre portant l’inscription « Onden-bashi », signe subsistant de l’ancien pont. Les courbes de la rue ne sont pas fortuites ici.
Les familles paysannes du village d’Onden exploitaient plusieurs roues à eau sur ce tronçon de rivière. Le courant entraînait les mécanismes servant à décortiquer le riz et à moudre le grain : c’est ainsi que les habitants gagnaient leur vie. Vers mille huit cent trente et un, l’artiste Katsushika Hokusai inclut l’une de ces roues dans la série Trente-six vues du mont Fuji. Sur son estampe, deux hommes montent vers le moulin, courbés sous des sacs de grain, tandis que deux femmes travaillent près d’un canal de dérivation. Le mont Fuji est placé au loin ; presque tout le premier plan est occupé par des personnes dont la rivière assure le revenu quotidien.
Ce cours d’eau était la partie supérieure de la Shibuya-gawa et portait ici le nom d’Onden-gawa. La roue précise de l’estampe ne peut pas être rattachée avec certitude à l’une des façades actuelles : il y avait plusieurs moulins. Hokusai a cependant laissé un témoignage précis de l’ancienne organisation du quartier. Là où se trouvent aujourd’hui les magasins s’étendaient des rizières ; on portait le grain jusqu’à l’eau, car le courant accomplissait le travail mécanique.
Lorsque les champs furent urbanisés, l’ancien ordre se désagrégea. Les moulins disparurent, et des eaux usées domestiques se déversèrent dans la rivière depuis les nouvelles maisons : les égouts ne suffisaient pas dans un Tokyo en croissance rapide. Ceux qui tiraient autrefois leur subsistance de cette eau firent place à des habitants pour lesquels le lit à ciel ouvert devint un égout.
La préparation des Jeux olympiques de mille neuf cent soixante-quatre imposa un délai strict aux ingénieurs municipaux. Entre mille neuf cent soixante et un et mille neuf cent soixante-trois, ils recouvrirent l’Onden-gawa d’une voûte de béton et intégrèrent son lit au collecteur de Sendagaya. À l’année des Jeux, la part des maisons raccordées aux égouts dans le quartier de Shibuya était passée de trois à soixante pour cent. Les familles obtinrent une évacuation des eaux usées, mais l’eau, les berges et les moulins disparurent de la surface.
L’actuelle rue de promenade apparut bien plus tard. L’arrondissement de Shibuya l’aménagea par tronçons distincts de mille neuf cent quatre-vingt-quatorze à mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf. Les ingénieurs conservèrent les courbes de l’ancien lit : le collecteur restait en dessous et définissait les limites des travaux. Lorsque les magasins et les visiteurs remplirent le nouveau passage, les associations locales de commerçants prirent en charge les bornes mobiles aux entrées et limitèrent la circulation automobile. Ainsi, l’ancienne rivière devint une liaison piétonne entre Harajuku et Shibuya.
Le nom officiel de Cat Street est « ancienne promenade de la rivière Shibuya ». Près d’Omotesandō subsiste une borne de pierre portant l’inscription « Onden-bashi » — « pont d’Onden ». Elle indique décembre mille neuf cent cinquante-cinq. Le pont ne servit que quelques années : au début de la décennie suivante, les constructeurs recouvrirent la rivière et laissèrent sa borne debout près de la route tracée directement sur l’ancien lit.
Sur place
Allée urbaine ouverte ; les magasins, cafés et galeries suivent leurs propres horaires, et une partie de la rue devient sensiblement plus calme le soir.
Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La rue est étroite par endroits et partage l’espace avec les vélos. Observez la mode de rue avec discrétion et demandez l’autorisation avant de réaliser des portraits.
