Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Deux poteaux de cèdre
- Les poutres supérieures incurvées
- Trois chrysanthèmes dorés
L’histoire du lieu
Les torii, formés de deux poteaux de cèdre et de poutres supérieures incurvées, ouvrent l’accès sud au sanctuaire Meiji. Leurs prédécesseurs se dressaient ici depuis environ un siècle et étaient faits de cyprès de Taïwan ; le bois actuel vient de la forêt près du village de Kawakami. Pour chaque poteau, il a fallu un cèdre de près de quinze mètres de long, d’environ cinq mètres de circonférence et sans grosses branches, et les arbres abattus ont séché pendant une année entière dans la forêt, sans qu’on leur ôte leurs branches. Les trois chrysanthèmes dorés de la poutre supérieure ont été transférés des anciennes portes.
De ce côté des torii restent le pont et la gare de Harajuku. De l’autre commence la route du sud vers le sanctuaire Meiji. Il n’y a pas de portes ici : les torii marquent la limite d’un territoire sacré shinto. C’est pourquoi certaines personnes qui entrent s’inclinent devant la première traverse, et celles qui sortent se retournent pour s’incliner de nouveau. Les portes ne barrent pas le passage : elles indiquent qu’au-delà, la personne avance déjà comme visiteuse du sanctuaire.
Trois chrysanthèmes à seize pétales sur la poutre supérieure indiquent qui est honoré ici. Meiji est le nom posthume de l’empereur Mutsuhito ; avec lui, le sanctuaire honore son épouse, l’impératrice Shōken.
Lorsque l’empereur mourut le trente juillet mille neuf cent douze, le maire de Tokyo, Sakatani Yoshirō, s’efforça de faire enterrer le monarque dans la capitale. Deux jours plus tard déjà, il déposa une requête et réunit des entrepreneurs de Tokyo pour négocier. La Cour impériale choisit le cimetière de Fushimi-Momoyama, à Kyoto. Sakatani et l’industriel Shibusawa Eiichi changèrent alors d’objectif : s’il n’y aurait pas de tombe à Tokyo, un sanctuaire devait apparaître ici.
Ils préparèrent une note qui désignait d’emblée un terrain à Yoyogi. Le gouvernement approuva la création du sanctuaire en mille neuf cent treize. Après la mort de l’impératrice Shōken, il fut décidé de l’honorer ici avec son mari. Le premier novembre mille neuf cent vingt, le sanctuaire Meiji ouvrit et ces torii furent installés au début de la route du sud.
Les poteaux actuels sont toutefois bien plus jeunes que le sanctuaire lui-même. Les premiers torii restèrent debout environ un siècle. Ils étaient faits de cyprès de Taïwan : à cette époque, Taïwan était administré par le Japon, et le bois fut apporté de là-bas. Pour le centenaire du sanctuaire Meiji, les responsables décidèrent pour la première fois de remplacer entièrement la structure vieillie, en conservant ses dimensions et ses courbes.
Il s’avéra difficile de reproduire les anciens torii. Pour chaque poteau, il fallait un tronc de près de quinze mètres de long, d’environ cinq mètres de circonférence et sans grosses branches. L’abattage du cyprès de Taïwan était alors interdit, et il fut impossible de trouver des cyprès japonais convenables. On envisagea des poutres en bois lamellé-collé et des poteaux de bois à âme d’acier, mais on choisit finalement du bois brut d’origine nationale.
Pendant deux ans, des spécialistes inspectèrent des forêts dans tout le pays. Kaimoto, le responsable d’une entreprise d’exploitation de bois précieux, se souvint d’un énorme cèdre dans une forêt appartenant à l’entreprise près du village de Kawakami. Il gagnait précisément sa vie grâce à ces rares grands troncs et connaissait le prix d’une erreur : une grume de la longueur nécessaire ne pouvait pas être remplacée par une autre prise sur stock. L’examen donna une circonférence de quatre mètres neuf. Un second cèdre fut trouvé non loin de là. L’un avait environ deux cent quatre-vingts ans, l’autre environ deux cent soixante ans.
Pour que les troncs ne se fendent pas en tombant, les bûcherons enlevèrent à l’avance sept ou huit arbres voisins et disposèrent leurs branches sur les pierres et les souches. Après l’abattage, les cèdres séchèrent pendant une année entière sur place, sans qu’on leur ôte leurs branches. Les ouvriers tracèrent ensuite une route sur la pente et transportèrent les grumes à travers la rivière. Ils n’avaient pas de troncs de rechange de cette taille.
L’architecte Kiuchi Osamu se heurta à une autre perte : les plans de mille neuf cent vingt n’avaient pas survécu. Il mesura les anciens torii et reconstitua, à l’aide de calculs informatiques, la courbure des poutres supérieures et le léger renflement des poteaux. Les artisans façonnèrent chaque cèdre d’après ces données, retirant le bois millimètre par millimètre.
Les nouveaux torii furent installés en deux mille vingt-deux. Le poteau oriental est fait du cèdre âgé de deux cent quatre-vingts ans, le poteau occidental de celui âgé de deux cent soixante ans. Les anciens chrysanthèmes métalliques furent retirés des précédentes portes, à nouveau recouverts d’or, puis remis sur la poutre supérieure. La forme est restée celle de la première entrée de mille neuf cent vingt, les poteaux viennent de la forêt de Kawakami, et les trois emblèmes au-dessus du passage servent déjà les seconds torii.
Sur place
Le sanctuaire Meiji ouvre et ferme selon un calendrier mensuel, du lever au coucher du soleil ; vérifiez le calendrier officiel avant une visite tôt le matin ou en soirée.
Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Vous pouvez vous arrêter devant l’arche, mais ne bloquez pas le passage. Il est d’usage de passer sous les torii légèrement sur le côté et de parler à voix basse.
