Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’inscription noire sur une colonne
- La colonnade nord
- Les chapiteaux de marbre
- L’abside de l’autel
L’histoire du lieu
Cette basilique s’appelait autrefois la Grande Église de la Mère de Dieu. Au centre de Thessalonique, on se réunissait sous son toit pour la prière collective, et cette salle était l’une des plus vastes de la ville. À l’intérieur subsistent la colonnade nord avec ses chapiteaux de marbre et l’abside de l’autel. Le nom de l’Acheiropoietos se traduit par « non faite de main d’homme » et est lié à l’icône de la Mère de Dieu autrefois vénérée ici, dont l’existence est attestée par des documents, tandis que son origine miraculeuse demeure une tradition de l’Église.
Sur le marbre blanc de la huitième colonne depuis l’est, dans le rang nord, subsiste une inscription noire en écriture ottomane cursive : « Le sultan Murad Khan a pris Thessalonique en l’an huit cent trente-trois. » C’est une année de l’hégire ; selon le calendrier actuel, il s’agit de mille quatre cent trente. L’inscription fut apposée immédiatement après l’assaut. Murad II, le sultan ottoman qui cherchait à obtenir la reddition de la ville, ordonna de transformer cette église en mosquée et fit inscrire dans sa colonnade le résultat.
Sept ans plus tôt, Andronikos Palaiologos, le gouverneur byzantin de Thessalonique, avait reconnu qu’il n’avait pas les moyens de défendre la ville par ses propres forces et l’avait remise à Venise. En échange, il exigea que les habitants conservent leurs maisons, leurs coutumes, le droit de commercer, de venir et de partir librement, et que le clergé orthodoxe conserve son statut. Pour les marchands du port, les artisans et les propriétaires de boutiques, ces conditions déterminaient s’ils pourraient nourrir leurs familles. Les Vénitiens acceptèrent la ville et y envoyèrent une garnison.
Murad réclama Thessalonique pour lui-même. Les troupes ottomanes coupèrent la ville des champs environnants et des routes commerciales ; au printemps de mille quatre cent trente, les défenseurs étaient à peine assez nombreux pour compter environ un homme pour deux à trois créneaux du rempart, et beaucoup n’avaient pas d’armes. Les commandants vénitiens rejetèrent les propositions de reddition. Le vingt-neuf mars, des détachements ottomans escaladèrent les murs et ouvrirent les portes. La ville, prise d’assaut, fut livrée à l’armée pour être pillée. Un témoin byzantin, lui-même parmi les prisonniers, écrivit qu’environ sept mille habitants avaient été emmenés. Murad racheta ensuite une partie des prisonniers et appela les fugitifs à revenir, mais les maisons de ceux qui ne revinrent pas furent données à de nouveaux colons.
Après le pillage, le sultan vint précisément ici. La basilique se trouvait au centre et possédait l’une des plus vastes salles de la ville, adaptée à la prière collective. Murad y accomplit une prière d’action de grâce, puis ordonna d’aménager le lieu pour le culte musulman. On installa dans l’abside un mihrab indiquant la direction de La Mecque, on plaça à côté une chaire pour le prédicateur et l’on éleva un minaret à l’extérieur. La communauté chrétienne perdit son église, tandis que les habitants ottomans obtinrent la première mosquée du vendredi de Thessalonique conquise.
À cette époque, le nom de l’Acheiropoietos était déjà attaché à l’église. Auparavant, elle était connue sous le nom de Grande Église de la Mère de Dieu ; son nom actuel apparaît pour la première fois dans un document de mille trois cent vingt. Le mot grec signifie « non faite de main d’homme ». Il se rapportait à une icône de la Mère de Dieu en prière, conservée ici. Selon la tradition de l’Église, ce n’était pas un peintre qui avait créé l’image, mais un miracle. Des témoignages écrits confirment l’existence de l’icône vénérée ; son origine miraculeuse relève de la foi. Après la transformation de l’église en mosquée, toute trace de l’icône elle-même se perd.
Les Ottomans appelaient le bâtiment Eski Cuma, l’ancienne mosquée du vendredi, ou plus souvent Eski Cami, l’ancienne mosquée. Au début du vingtième siècle, les restaurateurs démontèrent le minaret et enlevèrent les aménagements du culte musulman ; en mille neuf cent vingt-neuf, l’église orthodoxe y fut de nouveau consacrée. L’icône qui lui avait donné son nom n’est plus ici. Il ne reste rien non plus du minaret. En revanche, à l’intérieur de l’église toujours en activité, on peut encore lire la courte phrase de Murad : le sultan a pris Thessalonique.
Sur place
Église en activité avec un accès touristique irrégulier ; en 2025, des travaux de mise en valeur et de présentation du monument étaient signalés, il faut donc vérifier l’entrée sur place.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est une église en activité : pendant l’office, restez près de l’entrée ou attendez un moment approprié pour la visiter. Si vous ne pouvez pas entrer, vous pourrez tout de même apprécier de l’extérieur son ampleur et son simple volume basilical.
