Étape 1 sur 7

Place de la Liberté

თავისუფლების მოედანი

C’est ici que commencera l’histoire de l’avenue comme voie de l’argent, du pouvoir et des noms successifs de l’État.

15 min
Place de la Liberté à Tbilissi avec la colonne de saint Georges
anjči · CC BY 2.0; cropped/resized for app
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Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Colonne de saint Georges
  • Square Pouchkine
  • Début de l’avenue Roustavéli

L’histoire du lieu

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Au centre de cet espace ouvert se dresse la colonne de saint Georges ; au bord nord de la place, le square Pouchkine arrive jusqu’à elle. L’avenue Roustavéli commence ici, bien qu’autrefois son tracé urbain se soit achevé sur la place. Plusieurs routes y convergent de différentes directions, formant un carrefour urbain.

Kamo (Simon Ter-Petrossian), âgé de vingt-cinq ans et connu dans la clandestinité sous le nom de Kamo, entra sur cette place dans une calèche découverte, vêtu de l’uniforme d’un capitaine de cavalerie. Il dirigeait un groupe de combat bolchevique et projetait de dévaliser une voiture hippomobile de transport de fonds de l’État. Les autres participants, déguisés en paysans, attendaient aux coins des rues avec des revolvers et des bombes. La colonne de saint Georges n’existait pas encore au centre.

La place s’appelait place Érivan. Ce nom ne renvoyait pas à la ville même d’Erevan, l’actuelle Erevan, mais au commandant russe Ivan Paskevitch : pour la prise de la forteresse d’Érivan au profit de l’Empire russe, il reçut le titre de comte d’Érivan, et la place reçut son nom.

C’est précisément cette place qui fut choisie pour le vol en raison de l’organisation de la ville. L’avenue Golovine, l’actuelle avenue Roustavéli, s’y achevait ; les routes venant de la poste et de la Banque d’État convergeaient vers la place. Un employé de la poste bancaire remit aux clandestins l’horaire secret du transport de l’argent. Le vingt-six juin mille neuf cent sept, la voiture devait traverser la place avec un caissier, un comptable, des gardes armés et une escorte cosaque.

Les bolcheviks appelaient ces vols des expropriations : l’argent était pris pour les armes, les imprimeries clandestines et l’entretien de la clandestinité. À peine quelques semaines avant l’attaque, le congrès du parti avait décidé de dissoudre les détachements de combat, mais Kamo poursuivit les préparatifs. Lors de l’installation d’un détonateur, l’une des bombes explosa prématurément et lui endommagea gravement un œil. Pendant un mois, il ne quitta presque pas son lit et se rendit sur la place sans être encore rétabli. En cas d’arrestation, il risquait un tribunal militaire et la peine de mort.

Lorsque la voiture se trouva sur la place, les membres du groupe lancèrent des bombes et ouvrirent le feu. Un cheval blessé emporta plus loin la voiture contenant l’argent. Les assaillants l’arrêtèrent avec une autre bombe, retirèrent les sacs et les jetèrent dans la calèche de Kamo. Celui-ci repartit en uniforme d’officier. En chemin, il croisa une voiture de police. Kamo ordonna aux policiers de se hâter vers la place, en les assurant que l’argent était sauvé. Ils obéirent à l’homme en uniforme et comprirent leur erreur lorsqu’il avait déjà disparu.

Le groupe emporta plus d’un quart de million de roubles. Des morts et des blessés restèrent sur la place ; un décompte ultérieur fondé sur les archives de la police secrète tsariste donne environ quarante morts et environ cinquante blessés. Une part importante du butin était constituée de billets de cinq cents roubles dont les numéros avaient été relevés. Lorsqu’on tenta de les échanger simultanément dans plusieurs villes européennes, les employés de banque vérifièrent les numéros, les arrestations commencèrent et le vol devint la cause d’une querelle ouverte parmi les révolutionnaires.

Kamo fut arrêté à Berlin avec des explosifs destinés à l’opération suivante. Pour éviter d’être jugé et extradé en Russie, il simula la folie pendant plus de trois ans, supportant les examens des médecins de prison. Après son évasion, il fut de nouveau capturé et condamné à mort à quatre reprises ; la peine fut ensuite commuée en une longue peine de travaux forcés. Il ne recouvra la liberté qu’après la révolution de mille neuf cent dix-sept.

Le nom actuel de la place lui fut attribué pour la première fois un an plus tard, lorsqu’après l’effondrement de l’Empire russe fut proclamée la République géorgienne indépendante. Après sa mort en mille neuf cent vingt-deux, Kamo fut enterré tout près, dans le square Pouchkine, et un monument fut érigé sur sa tombe. Plus tard, le monument fut retiré et ses cendres transférées au cimetière de Vaké. Le square Pouchkine est resté au bord nord de la place de la Liberté ; la tombe de l’homme qui emporta d’ici les sacs de banque ne s’y trouve plus.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantéglise de Kachvéti
Entréeaccès libre

espace urbain ouvert jour et nuit

Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Écoutez le récit depuis le bord de la place : la circulation est en rond au centre, et il n’est pas nécessaire de s’approcher de la colonne.

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Où aller ensuite ?

Laissez la place derrière vous et remontez le côté droit de l’avenue jusqu’à l’église en pierre blanche.

Étape 1 sur 7Ensuite : église de Kachvéti

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« avenue Roustavéli : État et culture » — 7 étapes, environ 2,5 km, 1,5–2,5 heures.

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