Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade ogivale
- Carreaux bleus
- Plaque portant les mots de Pouchkine
- Portes des salles de bains
L’histoire du lieu
La famille princière Orbeliani possédait les bains au-dessus de la source sulfureuse, et son nom est resté dans leur nom russe. Le nom géorgien Chreli Abano se traduit par « bains bigarrés » ; il est lié au revêtement coloré de la façade ogivale et aux carreaux bleus. Les salles de bains se trouvent là où l’eau sulfureuse jaillit directement du sol ; il n’était donc pas nécessaire de la chauffer dans un poêle. Aujourd’hui, on y prend des bains sulfureux et l’on y commande avec eux un frottement au kese et un massage.
En mai mille huit cent vingt-neuf, Aleksandr Pouchkine, âgé de vingt-neuf ans, arriva à Tiflis — c’est ainsi que Tbilissi s’appelait alors. Le poète espérait y trouver son frère et ses amis, qui servaient dans l’armée en campagne, mais leur régiment était déjà parti en expédition. Le lendemain, Pouchkine se rendit aux bains de la ville.
Le propriétaire confia son hôte au baigneur Hassan. Pour Hassan, c’était son travail : il devait laver, frotter et masser son client de manière à ce que celui-ci paie pour son savoir-faire, au lieu de regretter de lui avoir confié ses propres articulations. Le baigneur allongea d’abord Pouchkine sur le sol de pierre chaud. Puis il se mit à lui étirer les bras et les jambes et à le frapper vigoureusement à coups de poing. Le poète s’attendait à souffrir, mais il ressentit un soulagement.
Hassan le frotta longtemps avec un gant de laine, l’arrosa d’eau chaude et battit le savon dans un sac de toile. Pour finir, il laissa son client entrer dans une profonde baignoire de pierre, dans laquelle arrivait de l’eau sulfureuse chaude. La source jaillissait ici d’elle-même du sol : nul poêle n’était nécessaire pour la chauffer. C’est pourquoi les bains se trouvaient précisément au-dessus de cette partie de la gorge, et le travail de Hassan complétait ce que procurait l’eau.
Pouchkine repartit avec une description détaillée de toute la procédure. Il proposa même aux bains russes d’adopter le gant et le sac servant à produire la mousse de savon. Le poète qualifia Hassan de maître et conclut son avis par cette phrase : « De ma vie, je n’ai rien rencontré, ni en Russie ni en Turquie, de plus somptueux que les bains de Tiflis. »
Pouchkine n’indiqua ni l’adresse ni le nom du propriétaire. C’est la tradition locale, et non une mention incontestable dans un journal de voyage, qui situe précisément ici sa visite. Des bains appartenant à la famille princière géorgienne Orbeliani fonctionnaient déjà à cet endroit : le nom de leurs propriétaires leur a donné leur nom russe. Leur second nom, Chreli Abano, signifie « bains bigarrés » et renvoie au revêtement coloré. L’actuelle façade ogivale fut construite après la venue de Pouchkine, dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle.
Aujourd’hui, les mots de Pouchkine sont gravés sur une plaque parmi les carreaux bleus, et l’une des salles intérieures porte son nom. Derrière ces portes, on commande toujours un bain sulfureux, un frottement au kese et un massage — cette même succession que Hassan exécuta un jour sur un voyageur qui lui était inconnu.
Sur place
Chreli Abano indique des horaires quotidiens de 09:00–23:00 ; vérifiez séparément les réservations, les salles et les services avant la visite.
Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La façade est accessible à l’observation depuis l’extérieur ; le bain et les services du baigneur nécessitent un accord séparé, et les salles portant un nom ne prouvent pas la visite d’un hôte célèbre.
