Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Arche de pierre
- Tour rouge au-dessus de la porte
- Plaque « Cheng’enmen »
L’histoire du lieu
Au-dessus de l’arche nord subsiste une plaque portant l’inscription « Cheng’enmen » — « Porte de l’acceptation de la grâce impériale ». Lorsque les bâtisseurs achevèrent les fortifications de pierre de Taipei en mille huit cent quatre-vingt-quatre, ils y dirigèrent la principale entrée cérémonielle. Les fonctionnaires de l’Empire Qing arrivaient par mer, remontaient depuis les quais fluviaux à travers le quartier marchand de Dadaocheng et entraient dans la ville par le nord. Les habitants ordinaires devaient emprunter la porte Sud.
Le sept juin mille huit cent quatre-vingt-quinze, ce ne furent plus des envoyés impériaux qui se tinrent devant l’arche fermée. L’Empire Qing céda Taïwan au Japon. Les dirigeants de la république proclamée sur l’île tentèrent de résister, mais, après la chute de Keelung, ils quittèrent Taipei. Privés de commandants et de solde, les soldats restés sur place pillaient les boutiques et les entrepôts gouvernementaux.
Les commerçants de Dadaocheng décidèrent de demander aux troupes japonaises d’entrer dans la ville et de mettre fin aux pillages. Gu Xianrong, âgé de vingt-neuf ans et commerçant en marchandises importées et en charbon, se proposa de transmettre cette demande. Il partit en train à la rencontre des Japonais, leur annonça que la défense s’était effondrée et conduisit l’avant-garde jusqu’à la porte Cheng’en. La route depuis Keelung menait naturellement ici même. Mais les battants étaient verrouillés, les murs étaient entourés d’un fossé et le détachement ne disposait pas de lourd matériel de siège.
C’est Chen Fa, une commerçante de quarante-cinq ans dont la boutique se trouvait près de la porte, qui ouvrit le passage. Son mari, autrefois transporteur, était devenu aveugle ; Chen entretenait son mari, leurs quatre enfants et sa belle-mère âgée. Les troubles menaçaient sa famille, sa marchandise et l’argent qu’elle avait économisé.
Les détails ont été conservés dans deux versions. Un document de récompense affirme que Chen Fa apporta une échelle en bambou sous le feu. La belle-fille de Chen, interrogée en mille neuf cent trente-sept, raconta une autre histoire. Elle et sa belle-mère faisaient sécher des légumes salés sur le côté intérieur du mur lorsqu’elles aperçurent les soldats japonais. Chen commença par faire descendre un long tissu rouge, auquel étaient attachés un poids et une boucle pour le pied. Deux ou trois hommes montèrent. Puis Chen et son fils apportèrent une échelle ; plus d’une dizaine de soldats l’escaladèrent. Ils trouvèrent la clé dans la pièce située au-dessus du passage et ouvrirent les portes de l’intérieur. Selon le récit familial, les défenseurs ne les en empêchèrent pas et il n’y eut pas de tirs près de la porte.
Les troupes japonaises entrèrent dans Taipei par la porte Cheng’en sans combat. Gu Xianrong devint intermédiaire de la nouvelle administration, obtint des postes et compta plus tard parmi les entrepreneurs les plus riches de l’île. Chen Fa reçut cinq yens d’argent et un diplôme. Elle mourut cinq ans plus tard, mais la famille conserva le diplôme : deux décennies après, il fut découvert chez la petite-fille de Chen.
Aujourd’hui, il n’y a plus autour de l’arche ni mur, ni fossé, ni fortification extérieure. Les battants verrouillés et la clé que les soldats cherchaient dans la pièce au-dessus de la porte ont disparu. Il ne reste que l’arche de pierre surmontée de sa tour rouge, seule des cinq portes de Taipei à avoir conservé son aspect de l’époque Qing. Au-dessus de ce même passage est toujours inscrite cette phrase : « Porte de l’acceptation de la grâce impériale ».
Sur place
Au 2026-07-01, la porte Cheng’en nécessite une vérification actualisée des conditions d’accès : les informations touristiques signalent une fermeture temporaire pour travaux, avec une réouverture prévue en 2026. Le monument historique se lit depuis l’extérieur, mais l’accès peut être limité par des clôtures.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez l’édifice uniquement depuis les zones piétonnes autorisées. Si les travaux ou les clôtures bloquent la vue, ne vous engagez pas sur la chaussée pour obtenir une photo de près.
