Étape 8 sur 9

Palais du Rhin

Palais du Rhin

L’arrêt abordera le débat d’après-guerre dans lequel un projet pragmatique a failli coûter à la ville son palais impérial.

14 min
Le Palais du Rhin à Strasbourg, vu depuis la place de la République.
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À remarquer

  • Le dôme du palais
  • La façade d’apparat
  • Le portail principal
  • Le jardin devant le bâtiment

L’histoire du lieu

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Derrière la façade d’apparat à dôme subsistent de hauts salons, de longs couloirs et des escaliers conçus pour les cérémonies de la résidence officielle de l’empereur allemand. Guillaume Ier posa la première pierre, et son petit-fils, Guillaume II, inaugura le palais ; ce dernier n’y venait que lors de ses rares séjours à Strasbourg. Après la Première Guerre mondiale, les pièces impériales furent occupées par la Commission centrale pour la navigation du Rhin, transférée ici depuis Mannheim. Ses délégués fixent encore aujourd’hui des règles communes de navigation et de sécurité des navires sur le fleuve, tandis que le jardin près de la façade est resté une partie de l’ensemble palatial.

Le douze février mille neuf cent cinquante-sept, Maurice Roche, secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin et fonctionnaire chargé du sort de cet édifice, rédigea une note contre sa démolition. Sa propre administration préparait un autre projet : supprimer le palais et occuper l’espace libéré par un nouveau bâtiment destiné aux services de l’État.

Les arguments des partisans de la démolition étaient tout à fait concrets. Après la guerre, une partie de l’édifice restait endommagée. Les hauts salons d’apparat, les interminables couloirs et les escaliers se prêtaient mal à être transformés en bureaux. Le palais ne bénéficiait pas encore d’une protection patrimoniale. De plus, il rappelait à de nombreux habitants deux périodes allemandes à la fois : il avait d’abord servi de résidence à l’empereur, puis, durant la Seconde Guerre mondiale, de Kommandantur allemande.

Autrefois, le bâtiment portait justement le nom de Palais impérial. Il avait été commandé pour Guillaume Ier, empereur allemand, qui avait besoin d’une résidence officielle à Strasbourg après le rattachement de l’Alsace à l’Empire allemand. Guillaume posa la première pierre en mille huit cent quatre-vingt-quatre, mais mourut avant l’achèvement des travaux. Son petit-fils, Guillaume II, inaugura le palais. Les trois jours de festivités ne firent pas aimer à l’empereur sa nouvelle résidence : lors de ses rares séjours à Strasbourg, il n’y passait que quelques jours.

Le nom de Palais du Rhin — « palais du Rhin » — apparut plus tard et n’est pas lié à l’emplacement du bâtiment. Après la Première Guerre mondiale, les rédacteurs du traité de Versailles y transférèrent depuis Mannheim la Commission centrale pour la navigation du Rhin. Ses délégués harmonisent les règles de navigation, la sécurité des navires et la liberté de transport sur le fleuve qui traverse plusieurs pays. En mille neuf cent vingt, les fonctionnaires de la Commission occupèrent les anciennes pièces impériales, et le palais reçut le nom de l’institution.

Ce nom se révéla utile pendant le débat sur la démolition. Les opposants au projet avertissaient que, si le bâtiment disparaissait, la Commission pourrait quitter Strasbourg pour Mayence ou Bâle. Maurice Roche rassembla ces objections et d’autres pour une réunion de la commission de protection des perspectives urbaines. Le dix-huit février, la discussion s’acheva par une opposition ouverte des architectes, des conservateurs de musée et des représentants d’associations touristiques. Le lendemain, le préfet mécontent écarta Roche du dossier. Pour un fonctionnaire de carrière, c’était une conséquence bien concrète : son salaire et la suite de sa carrière dépendaient de la même hiérarchie à laquelle il avait empêché de faire passer le projet.

Le conseiller municipal Robert Heitz obtint la publication d’informations sur la démolition dans un journal régional. Il recueillait les avis d’architectes et d’artistes et exigeait que la décision sorte des bureaux pour être soumise au débat public. Des lettres affluèrent à la rédaction ; les défenseurs du palais évoquaient la préservation du jardin, le coût considérable du démontage et le possible départ de la Commission centrale pour la navigation du Rhin. À l’été, le projet avait été abandonné.

Maurice Roche conserva son poste et devint, quatre ans plus tard, préfet de Savoie. L’aile endommagée du palais fut restaurée ; en mille neuf cent soixante-dix-sept, le bâtiment fut protégé pour la première fois, puis reconnu comme monument historique. La Commission centrale pour la navigation du Rhin travaille toujours à l’intérieur, avec la direction régionale des affaires culturelles, qui est désormais chargée de l’entretien du palais. Le nouveau bâtiment administratif n’a jamais occupé l’emplacement du Palais du Rhin, et le jardin devant sa façade est lui aussi resté en place.

Sur place

Temps sur place14 min
Point suivantPalais universitaire
Entréede l’extérieur

Visite extérieure sans horaires. L’accès à l’intérieur ne constitue pas une partie garantie de la promenade et dépend des programmes, des institutions et des événements.

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Le bâtiment est utilisé par des institutions ; comptez donc avant tout sur une visite extérieure. Éloignez-vous vers le jardin pour que les blasons supérieurs ne se perdent pas dans la perspective.

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

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