Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La cathédrale de la Dormition de Smolensk
- La colline de la Cathédrale
- L’iconostase sculptée et dorée
- Les tribunes au-dessus de l’espace principal
L’histoire du lieu
La colline de la Cathédrale porte ce nom au sens littéral : depuis le douzième siècle, son sommet abrite l’église principale de Smolensk. L’ancienne cathédrale, fondée par Vladimir Monomaque, fut endommagée par l’explosion d’une poudrière lors de la chute de la ville en mille six cent onze. Plus tard, l’ancien bâtiment fut démoli, et l’actuel fut érigé aux dix-septième et dix-huitième siècles. On l’appelle cathédrale parce que l’évêque y officie ; cathédrale de la Dormition parce que son autel principal est consacré à la Dormition de la Mère de Dieu, fête religieuse marquant la fin de sa vie terrestre.
On raconte souvent que Napoléon sauva la cathédrale en mille huit cent douze : l’empereur de l’armée qui avait pris Smolensk entra à l’intérieur, admira la décoration et ordonna d’y placer une garde. Le prêtre qui obtint réellement cette garde consigna une autre histoire.
Nikifor Mourzakevitch officiait dans l’église Hodigitria voisine, ainsi nommée d’après Notre-Dame Hodigitria de Smolensk, et écrivit la première histoire imprimée de la ville. Peu avant la guerre, sa femme mourut, laissant sept enfants. Il ne pouvait pas quitter Smolensk : il n’avait ni chevaux ni argent. Il parvint à envoyer les deux aînés chez des proches ; les cinq autres restèrent avec leur père.
Après les combats près du Bastion royal, les troupes russes quittèrent la ville. La maison et l’église de Mourzakevitch furent prises sous le feu, et il conduisit ses enfants et ses paroissiens à la cathédrale de la Dormition de Smolensk. Les gens verrouillèrent les portes, éteignirent les bougies et se cachèrent dans les tribunes. Ce jour-là, le principal bâtiment de pierre de la colline de la Cathédrale servit à la fois d’église, de refuge et de dépôt.
Lorsque les soldats français commencèrent à piller la cour épiscopale, Mourzakevitch y courut. Avec deux employés de l’administration religieuse, il reprit aux pillards une partie des ornements, cacha le saint chrême et les antimensions — des linges consacrés sans lesquels il est impossible de célébrer la liturgie — puis transporta dans la cathédrale soixante-treize sacs de piataks de cuivre.
Joachim Murat, commandant de la cavalerie de l’armée napoléonienne et roi de Naples, s’était installé dans les appartements épiscopaux. Mourzakevitch se fraya un chemin à travers sa suite et lui parla en latin. Il demanda que la cathédrale et les autres églises soient protégées des pillards. Murat accepta et posta une garde.
Les officiers continuaient d’entrer coiffés et d’amener des chiens, les soldats montaient au clocher et sonnaient les cloches, mais les simples soldats ne furent plus admis dans la cathédrale. La sacristie et les objets qui y avaient été transportés furent préservés ; les enfants de Mourzakevitch et les habitants de la ville qui s’y étaient réfugiés survécurent à l’occupation de la ville. Selon le souvenir de son fils, la garde resta là jusqu’au retour des troupes russes ; le dernier sentinelle fut fait prisonnier près de la cathédrale.
Pour Mourzakevitch lui-même, l’histoire ne s’arrêta pas là. En automne, il se rendait auprès d’un paroissien malade lorsqu’il rencontra par hasard Napoléon, qui revenait de Moscou. Le prêtre ne reconnut pas l’empereur et, pris de peur, lui tendit une prosphore. Après la libération de la ville, ce geste fut transformé en accusation : on attribua à Mourzakevitch un accueil solennel et la bénédiction de l’ennemi, ainsi que la disparition de vingt mille roubles qui auraient été conservés dans la sacristie de la cathédrale. Il fut interdit de le laisser officier, privé de sa paroisse et de ses revenus ; sa famille s’installa dans le grenier d’une maison affectée au logement officiel. Au printemps de mille huit cent quatorze, la chambre criminelle acquitta le prêtre, et en été le Saint-Synode l’autorisa à retourner à l’église Hodigitria.
Cette église n’existe plus près de l’actuel carrefour des rues Lénine et Dokoutchaïev. Dans la cathédrale de la Dormition de Smolensk est conservée l’iconostase sculptée et dorée du dix-huitième siècle : celle-là même près de laquelle la garde se tenait tandis que les cinq enfants de Mourzakevitch se cachaient dans les tribunes.
Sur place
Cathédrale en activité. Horaires habituels : en semaine — liturgie à 9:00 et office du soir à 18:00 ; dimanches et jours de fête — liturgies à 7:00 et 10:00, office du soir à 18:00. Les horaires des fêtes peuvent varier.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Montez sans vous presser et laissez le passage libre. À l’intérieur, rappelez-vous qu’il s’agit d’une église en activité : pendant l’office, ne tenez pas de conversations de visite guidée et suivez les indications des servants.
