Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Monument en fonte
- Image de Notre-Dame Hodigitria de Smolensk
- Plan en relief de la bataille
- Rempart de terre derrière le monument
L’histoire du lieu
Dans la nuit du quatre août mille huit cent douze, le général-major Ivan Paskevitch, commandant de la vingt-sixième division d’infanterie, exhortait le commandant du corps, Nikolaï Raïevski, à renoncer au combat devant Smolensk. Derrière la position de campagne s’étendait un ravin par lequel il était impossible de faire passer les canons. Si la cavalerie française avait contourné le flanc gauche, l’infanterie aurait dû se replier vers la ville à travers les unités ennemies, en abandonnant l’artillerie.
Raïevski devait tenir jusqu’à l’arrivée de deux armées russes. L’empereur français Napoléon Bonaparte avait fait passer ses troupes sur l’autre rive du Dniepr, au sud de Smolensk, et les conduisait vers la ville dans le dos des unités russes qui s’étaient retirées vers l’ouest. En s’emparant de Smolensk et de la route de Moscou, il pouvait leur couper toute possibilité de poursuivre leur repli. Il restait à Raïevski environ quinze mille hommes, dont une division éprouvée lors du combat précédent et plusieurs centaines de soldats convalescents venant des hôpitaux de la ville.
À l’aube, Raïevski plaça les canons sur les anciennes fortifications de terre, l’infanterie devant les faubourgs, et arma les soldats sortis des hôpitaux avant de les poster sur le mur de briques. Paskevitch reçut le secteur droit de la défense, avec le Bastion royal, une fortification de terre située derrière le monument actuel.
Le maréchal français Michel Ney envoya ici de l’infanterie pour percer la défense et entrer dans la ville. L’une de ses colonnes monta sur le bastion et faillit s’emparer du rempart. Un officier avait déjà galopé vers Raïevski pour lui annoncer que la fortification était perdue. Mais les assaillants n’avaient pas vu un bataillon du régiment d’infanterie d’Orlov, dissimulé près du rempart. Les hommes d’Orlov chargèrent à la baïonnette et rejetèrent la colonne française hors du bastion.
Pendant que le premier rapport parvenait à Raïevski, il ne correspondait déjà plus à la situation. Un autre officier arriva ensuite et prétendit que les soldats français avaient pris l’unique pont sur le Dniepr. Raïevski divisa sa dernière réserve : il envoya deux bataillons vers le bastion et se précipita vers le pont avec deux autres. Il y trouva la garde russe en parfait ordre : il n’y avait absolument aucun ennemi près du passage. De retour au bastion, Raïevski apprit de Paskevitch que les hommes d’Orlov avaient déjà repris le rempart.
Vers le soir, les principales forces russes apparurent sur les hauteurs de la rive droite. Le corps de Raïevski avait accompli ce pour quoi il était resté dans la ville. À minuit, il fut relevé par le sixième corps du général Dmitri Dokhtourov, qui devait tenir Smolensk un jour de plus. Le cinq août, les Français donnèrent l’assaut aux fortifications sur tout le bord sud de la ville, mais ne purent percer la défense. Durant la première heure de la nuit du six août, les unités russes reçurent l’ordre de partir, firent sauter le pont et poursuivirent leur repli par la route de Moscou. Napoléon occupa Smolensk après leur départ, mais ne parvint pas à encercler et détruire les deux armées.
Les défenseurs mentionnés dans le nom du monument sont les soldats de deux relèves : les hommes de Raïevski et de Paskevitch, qui tinrent le Bastion royal le quatre août, et les unités de Dokhtourov, qui poursuivirent la défense le cinq. Ces dates sont données selon le calendrier russe de l’époque ; selon le calendrier actuel, la bataille eut lieu les seize et dix-sept août.
Vingt-neuf ans plus tard, le cinq novembre mille huit cent quarante et un, un monument en fonte fut inauguré ici, d’après le projet de l’architecte Antonio Adamini. L’empereur Nicolas Ier ordonna d’ériger de tels monuments sur les sites des principales batailles. Parmi les sept monuments construits dans cette série, celui de Smolensk est le seul original conservé.
Le jardin Lopatinski n’existait pas encore alors : une place de parade se trouvait devant l’entrée du Bastion royal. Sur la face est du monument, sous l’image de Notre-Dame Hodigitria de Smolensk, est fixé un plan en relief de la bataille. Derrière les colonnes de fonte s’élève toujours le rempart de terre depuis lequel le bataillon du régiment d’infanterie d’Orlov a repoussé la colonne de Ney.
Sur place
Visite extérieure de jour ; le monument se trouve dans le jardin Lopatinski.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Faites le tour du monument : son récit est réparti sur ses différents côtés. Ne vous limitez pas à sa silhouette d’ensemble : une partie importante de son intention se trouve dans le texte.
