Étape 2 sur 8

Bastion royal

Королевский бастион

Les remparts de terre montreront ce qui a remplacé les tours détruites par l’explosion et comment ce secteur a résisté à un nouvel assaut.

18 min
Rempart de terre et escalier du Bastion royal à Smolensk.
Nastoal · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Cinq saillants de terre
  • L’étang dans l’ancien fossé
  • Le pont à l’emplacement de l’unique entrée
  • Les arcades murées sous les figures de lions

L’histoire du lieu

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Sous l’autorité polono-lituanienne, une citadelle de terre pentagonale fut aménagée sur ce secteur, bien que le nom de Bastion royal se soit imposé en ville. Trois de ses angles donnaient sur le ravin, le fossé et les approches du mur ; deux étaient tournés vers la ville : la garnison comptait aussi tenir ses habitants sous contrôle. L’unique pont-levis ouvrait la voie vers une cour militaire fermée, avec le logement du commandant, les quartiers des soldats, les armes et la poudre. L’étang occupe une partie de l’ancien fossé, le pont actuel reprend l’emplacement de cette entrée, et les arcades sous les lions mènent aux anciens dépôts.

Avant le siège de mille six cent cinquante-quatre, le colonel Korff, commandant de l’infanterie mercenaire de la garnison de Smolensk, se mit à un travail dont les officiers ne se vantaient habituellement pas. Il tressait des paniers pour la terre, posait du gazon avec ses subordonnés et restaurait le rempart qui s’était effondré. Ces paniers étaient disposés en rangées et remplis de terre, formant un parapet capable d’arrêter une balle. Korff reçut le secteur de défense le plus délaissé : la citadelle de terre aujourd’hui appelée Bastion royal.

Elle fut aménagée à l’emplacement d’une brèche. En novembre mille six cent dix, les mineurs du roi polonais Sigismond III firent exploser ici une tour et les sections voisines du mur. La percée fut alors arrêtée, et les habitants de Smolensk comblèrent la brèche avec de la terre. Après la chute de la ville, le fils de Sigismond, le prince royal Ladislas Vasa, qui gouvernait la région de Smolensk annexée, décida de remplacer le remblai provisoire par une forteresse distincte. Restaurer trois tours de pierre et le mur aurait coûté trop cher.

De mille six cent vingt-six à mille six cent trente-deux, on éleva ici un fort de terre sur le modèle de la citadelle d’Anvers. Ladislas le dédia à son père et le nomma forteresse de Sigismond. C’est de là que vient le mot actuel « royal » : la fortification fut construite par un prince royal en l’honneur d’un roi dont l’armée avait laissé ici une brèche.

L’ouvrage n’était un seul bastion que dans le langage courant. C’est une citadelle pentagonale entière, avec cinq saillants. Trois étaient tournés vers l’extérieur de la ville : depuis eux, on pouvait tirer sur le ravin, le fossé et les approches du mur. Deux étaient dirigés vers l’intérieur de Smolensk. La garnison devait employer leurs canons si les habitants orthodoxes se soulevaient. Un unique pont-levis menait à la citadelle ; derrière les portes se trouvaient des casernes, un arsenal, des magasins à poudre et la maison du commandant.

En mille six cent cinquante-quatre, Smolensk faisait déjà partie depuis quarante-trois ans de la République des Deux Nations, l’État polono-lituanien. L’armée russe du tsar Alexis Ier vint reprendre la ville. Vingt années de paix avaient laissé les remparts sans l’entretien nécessaire ; Korff dut donc restaurer la citadelle à l’approche même de l’ennemi.

À trois heures du matin, lors de l’assaut d’août, les streltsy moscovites s’avancèrent vers le Bastion royal avec de larges échelles. Ils étaient commandés par Dmitri Zoubov, chef des streltsy, c’est-à-dire commandant d’un détachement de streltsy qui devait ouvrir le chemin vers la ville. Il n’y eut pas de bombardement d’artillerie préalable : Zoubov comptait surprendre la garnison.

L’infanterie de Korff repoussa l’attaque depuis le rempart. Lorsqu’une partie des streltsy atteignit la tour voisine, le colonel les aperçut et y envoya une compagnie supplémentaire. Zoubov fut tué et son détachement se replia. Korff put ensuite transférer ses soldats vers un autre secteur du mur, où les assaillants pressaient déjà les défenseurs.

L’assaut ne prit pas Smolensk, mais la garnison ne reçut pas de secours. Les fantassins de Korff servaient pour une solde et, à la fin du siège, on leur devait cinq échéances de paiement ; les désertions commencèrent. En septembre, la ville se rendit à condition que la garnison puisse sortir librement. Korff fut accusé de trahison et dut expliquer pourquoi la forteresse avait été livrée après un assaut repoussé. La commission militaire reconnut les mérites de son infanterie et libéra le colonel après l’enquête.

De la citadelle subsistent cinq saillants de terre. L’étang du jardin Lopatinski occupe une partie de l’ancien fossé et de l’excavation d’où l’on prenait la terre pour les remparts. Le pont actuel passe là où se trouvait l’unique entrée, et les arcades murées de briques sous les figures de lions mènent aux anciennes salles où étaient entreposées la poudre et les armes.

Sur place

Temps sur place18 min
Point suivantMonument aux défenseurs de Smolensk des quatre et cinq août mille huit cent douze
Entréeaccès libre

Espace de parc en plein air ; certains sentiers peuvent être fermés pendant les travaux de restauration et les travaux saisonniers.

Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Regardez le bastion comme un seul volume de terre, et non comme une colline isolée. Restez sur les sentiers : les pentes herbeuses raides sont particulièrement peu sûres par temps humide.

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Où aller ensuite ?

Revenez au pied du rempart et arrêtez-vous près du haut monument en fonte.

Étape 2 sur 8Ensuite : Monument aux défenseurs de Smolensk des quatre et cinq août mille huit cent douze

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Smolensk le long de la forteresse : du jardin Lopatinski au Dniepr » — 8 étapes, 3,3 km, 3 h 20 min.

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