Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La tour de l’horloge de l’ancien club
- L’espace ouvert de la place
- La ligne d’arbres du parc du Peuple
- La large rue entre le parc et la place
L’histoire du lieu
La partie ouverte au centre-ville sert de lieu de rencontres et de fêtes urbaines. De l’autre côté de la chaussée commence le parc du Peuple, et une même grande parcelle se trouve ainsi partagée en deux parties distinctes. Au bord de la place, la tour de l’horloge de l’ancien bâtiment du club a été conservée ; une bibliothèque et un musée y ont d’abord fonctionné, et il abrite maintenant le musée d’Histoire de Shanghai. Les lignes de métro se rejoignent en dessous, si bien qu’aux fêtes s’ajoutent ici les correspondances quotidiennes.
En août mille neuf cent quarante-six, le maire de Shanghai, Wu Guozhen, tenta de faire revenir les chevaux ici. À l’emplacement de l’actuelle place se trouvait l’hippodrome du Shanghai Race Club privé. Les courses avaient cessé dès le printemps mille neuf cent quarante-cinq, et cette immense parcelle au milieu d’une ville exiguë restait vide. Shanghai traversait une crise du logement, et les caisses municipales étaient épuisées par la guerre et l’inflation. Le maire comptait autoriser les courses, imposer lourdement les billets et les paris, puis, avec cet argent, racheter peu à peu le terrain pour en faire un parc et un grand lieu de rassemblement.
Le Shanghai Race Club accepta de verser à la ville la moitié des recettes des billets d’entrée, des paris et des loteries. Le reste permettait au club de conserver l’hippodrome et l’activité principale dont il tirait ses revenus. Pour les habitants, la proposition se présentait autrement : la rare terre libre du centre devait être payée avec l’argent des mêmes personnes qui perdaient aux courses.
Le journal « Shenbao » soumit la question au vote de ses lecteurs. En quatre jours, quatre mille quatre cent soixante-trois lettres arrivèrent à la rédaction. Parmi les mille deux cent quatre-vingt-quatre bulletins remplis, cinquante-neuf seulement soutenaient le retour des courses. Les autres demandaient que l’hippodrome reste sans chevaux et que le terrain soit remis à la ville. Des députés proposaient d’y aménager un parc, des logements, un musée, un stade ou un hôtel de ville. Tous s’accordaient sur un point : l’ancien club ne devait pas occuper à nouveau toute cette terre.
Wu Guozhen entama des négociations pour le rachat, tout en reconnaissant ouvertement que la ville n’avait pas d’argent pour une telle acquisition. Il proposa au club un terrain hors des limites de la ville. En réponse, le club exigea un nouvel hippodrome de la même taille que l’ancien, la garantie de la reprise des courses et le droit de fixer lui-même les jours des compétitions ainsi que les règles des paris. À la fin de mille neuf cent quarante-huit, les prix augmentaient si vite et les besoins quotidiens des habitants étaient devenus si lourds que les négociations cessèrent. Les courses ne revinrent plus ici.
Après le changement de régime, la nouvelle administration municipale hérita de la même question non résolue. Le vingt-sept août mille neuf cent cinquante et un, l’administration militaire de Shanghai déclara que le terrain de l’hippodrome était une parcelle municipale. Les lecteurs des journaux proposaient des noms : place de la Paix, place de la Démocratie, place de la Libération, place de la Victoire du Peuple. Une commission spéciale choisit « place du Peuple de Shanghai ». Le mot « Peuple » indiquait à qui était désormais destiné l’ancien terrain du club privé : aux habitants de la ville, pour les rassemblements, les fêtes et le repos.
En septembre, des ouvriers, des étudiants et des membres d’organisations de jeunesse vinrent ici pour des travaux bénévoles. En vingt jours, ils tracèrent une large voie cérémonielle et préparèrent un espace pour les manifestations de masse. La partie sud de l’hippodrome fut réservée à la place, la partie nord au parc du Peuple. L’ancien bâtiment du club, avec sa tour de l’horloge, ouvrit d’abord comme bibliothèque et musée ; il abrite aujourd’hui le musée d’Histoire de Shanghai.
L’ovale équestre lui-même disparut. Son terrain reste encore partagé comme il fut décidé en mille neuf cent cinquante et un : le parc se trouve au nord, la place au sud, et une large rue passe entre les deux. Autour se sont installés des institutions municipales, le musée de Shanghai et le Grand Théâtre de Shanghai, tandis que les lignes de métro se croisent sous terre. Le terrain ouvert pour lequel le maire, le Shanghai Race Club, les journalistes et des milliers de lecteurs s’étaient affrontés est resté le principal lieu des rassemblements urbains et des correspondances.
Sur place
Espace urbain ouvert ; choisissez un point d’observation qui ne gêne pas le flux des piétons.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La place est vaste ; choisissez donc un coin calme pour le récit final. Les musées alentour demandent du temps à part et une vérification des conditions de visite.
