Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Rangées d’orangers
- Fontaine centrale
- Dais de pierre noire
- Plaque de marbre portant les noms des prédicateurs
L’histoire du lieu
Les orangers se dressent autour de la fontaine dans le patio ouvert que la cathédrale a hérité de la mosquée almohade. Lorsque l’appel à la prière retentissait ici, on venait à l’eau au milieu du patio pour faire ses ablutions ; la vasque supérieure de la fontaine actuelle est conservée de cette époque. Après la consécration de la cathédrale, l’espace ne fut ni fermé ni bâti : les habitants continuaient à y être rassemblés, désormais pour des sermons chrétiens. Sous le dais de pierre noire, près des arbres, se trouve une plaque de marbre portant les noms des prédicateurs que la cathédrale a décidé de conserver en mémoire.
Au printemps de l’an mille cinq cent cinquante-cinq, Constantino de la Fuente fut transporté à la Cathédrale de Séville sur une civière. Il ne s’était pas encore remis d’une grave maladie, mais il continua à prêcher les lundis, mercredis et vendredis du carême. Pour ces interventions, le chapitre utilisait une chaire de pierre près de l’arcade orientale du Patio des Orangers : bien davantage de personnes pouvaient se tenir devant elle que dans une chapelle séparée.
L’espace ouvert subsistait de la Grande Mosquée de Séville almohade. Au centre, les musulmans faisaient leurs ablutions avant la prière ; la vasque supérieure de la fontaine actuelle servait déjà dans l’ancienne fontaine de la mosquée. Après la consécration du bâtiment comme cathédrale chrétienne, le clergé y rassemblait les habitants pour des sermons. La première mention sûre de la chaire date de l’an mille quatre cent quatre-vingt-dix-sept. Le dais de pierre qui la surmontait abritait l’orateur et aidait à diriger sa voix vers les auditeurs. Les orangers poussaient déjà autour du puits et de la fontaine centraux dans le jardin médiéval et ont donné au patio son nom actuel.
Pour Constantino, la prédication était un métier. Il cherchait à obtenir le canonicat de magistral : un revenu permanent et l’obligation d’être le principal prédicateur de la cathédrale. En l’an mille cinq cent cinquante-six, il dut subir un concours public pour ce poste. L’archevêque de Séville et inquisiteur général Fernando de Valdés soutenait un autre candidat. Constantino retomba malade ; son médecin avertit par écrit que la poursuite des épreuves menaçait sa vie. Le lendemain, les juges déclarèrent pourtant Constantino vainqueur.
Il exposait la théologie en castillan, exigeait un retour au texte de l’Écriture et plaçait la foi intérieure au-dessus des rites. Ses adversaires voyaient dans ses paroles la doctrine des protestants. Le canonicat donna à Constantino une chaire et un revenu, mais fit en même temps de chacun de ses sermons l’objet de la surveillance des hommes de Valdés.
Le premier août de l’an mille cinq cent cinquante-huit, Constantino prononça son dernier sermon dans la cathédrale. Quinze jours plus tard, il fut arrêté. Les inquisiteurs obtinrent la preuve définitive par erreur. La riche veuve Isabel Martínez de Albo cachait derrière un faux mur la bibliothèque de Constantino contenant des livres religieux interdits. Lorsque, après son arrestation, les enquêteurs vinrent chercher les objets de valeur emportés hors de la maison, le fils d’Isabel pensa qu’ils connaissaient déjà l’existence des livres et révéla lui-même la cachette.
Constantino passa près de deux ans dans la prison de l’Inquisition à Triana et mourut avant son jugement. En décembre de l’an mille cinq cent soixante, ses restes furent exhumés de la tombe et portés à un autodafé avec une effigie de paille du défunt. La figure fut placée sur la chaire, la main levée — dans la pose sous laquelle les habitants avaient l’habitude de voir le prédicateur —, puis brûlée avec les ossements. Ses biens furent confisqués, ses livres et son matériel d’imprimerie vendus, et les frais de son entretien en prison furent prélevés sur le produit de la vente.
De l’ancienne chaire, après la transformation de l’an mille six cent quatre-vingt-douze, subsiste le dais de pierre noire. La plaque de marbre actuelle placée dessous énumère six autres prédicateurs célèbres. Le nom de Constantino de la Fuente en fut effacé après sa mort et n’y fut pas réinscrit.
Sur place
La visite culturelle de la cathédrale et de la Giralda dépend des offices et des travaux. À la date de vérification, une modification temporaire est en vigueur du 8—30 juin 2026 en raison de travaux au clocher : consultez l’horaire officiel avant d’entrer. Vérifié le 2026-06-29.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’accès au patio peut dépendre du fonctionnement du complexe de la cathédrale ; s’il est impossible d’y entrer, limitez-vous à ce qui est honnêtement visible depuis la zone autorisée.
