Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Versants ouverts
- Larges terrains
- Chemins
- Terrains de sport
L’histoire du lieu
À l’emplacement de ces larges terrains se trouvaient autrefois deux îlots funéraires de communautés juives. Lorsque les sépultures furent transférées hors de la ville, les habitants du Mission District s’efforcèrent pendant plusieurs années de faire en sorte que le terrain libéré reste commun plutôt que d’être construit. La ville acheta le terrain pour en faire un parc et chargea le jardinier John McLaren d’y aménager des chemins, des aires et des versants verdoyants. Les terrains actuels, où l’on pique-nique et joue au ballon, reprennent son aménagement.
À l’automne mille neuf cent six, une petite maison en bois fut installée à l’angle de 19th Street et de Dolores Street. Elle était considérée comme le premier cottage standardisé de San Francisco destiné aux personnes restées sans logement après le séisme. Les pelouses n’étaient pas encore vraiment là. Il y avait des tentes, de la terre nue et des familles auxquelles une saison d’hiver sans toit les attendait.
Cet espace ouvert exista grâce à deux communautés juives, Congregation Emanu-El et Congregation Sherith Israel. Depuis les années mille huit cent soixante, chacune occupait ici son propre îlot funéraire. Lorsque San Francisco s’étendit, les communautés ouvrirent de nouveaux cimetières au sud de la ville et y transférèrent les sépultures. Près de mille inhumations furent déplacées depuis les seules propriétés de Congregation Emanu-El. Au milieu des années mille huit cent quatre-vingt-dix, les deux îlots entre 18th Street et 20th Street étaient vides.
Les habitants du Mission District, très densément peuplé, virent dans ce terrain la possibilité d’obtenir leur propre grand parc. En mille huit cent quatre-vingt-dix-sept, ils créèrent la Mission Park Association et s’efforcèrent pendant plusieurs années d’obtenir l’achat des cimetières. Les opposants répondaient que Golden Gate Park suffisait déjà à la ville, que le nouveau terrain serait une dépense superflue pour les contribuables et que les propriétaires des biens immobiliers voisins en tireraient profit.
Alors, plus de mille propriétaires de maisons des quartiers du sud firent approuver un emprunt municipal par vote. En mille neuf cent cinq, San Francisco versa aux deux communautés deux cent quatre-vingt-onze mille trois cent cinquante dollars. On promit aux vendeurs que les anciens cimetières resteraient pour toujours un bel espace public. Le jardinier municipal en chef John McLaren prépara un plan avec des chemins, des aires aménagées et de la verdure.
Un an plus tard, ce plan dut être reporté. Le séisme et les incendies du dix-huit avril mille neuf cent six privèrent de logement des centaines de milliers d’habitants. Les îlots tout juste achetés n’avaient pas encore eu le temps d’être construits ni plantés, et l’on installa donc les gens ici même. Le parc que les habitants avaient réclamé pour leurs loisirs était un terrain libre près des quartiers restés intacts, et il devint aussitôt un campement.
Les tentes convenaient mal à un séjour prolongé. À l’automne, les organisations de secours commencèrent à installer dans les parcs de la ville de petits cottages aux murs de bois, au sol en planches et au toit de bardeaux de cèdre. Le tout premier de ces logements dans l’ensemble de San Francisco apparut ici même. Puis les cottages furent alignés en rangées sur le versant.
Une famille payait deux dollars par mois ; les versements étaient déduits du prix d’achat, soit cinquante dollars. Pour des personnes ayant de petits revenus mais réguliers, c’était une chance d’obtenir pour la première fois leur propre maison. Les plus pauvres ne pouvaient pas se permettre même cette formule. Une fois le paiement intégral effectué, il fallait retirer le cottage du campement. Les propriétaires achetaient des terrains bon marché en périphérie et y transportaient les maisons en bois sur des plateformes tirées par des chevaux. Ils en assemblaient parfois deux ou trois pour n’en faire qu’un logement.
Lorsque les dernières constructions temporaires furent emportées, les jardiniers revinrent au plan de McLaren. L’organisation essentielle du parc en a été conservée : des versants ouverts, de larges terrains, des chemins et des aires aménagées. Aujourd’hui, on y pique-nique, on y joue au football, au basket-ball et au tennis, on y emmène les enfants à l’aire de jeux. Cet espace libre existe parce que les habitants du Mission District ont insisté pour qu’un parc public soit créé là où les deux communautés avaient déjà libéré deux îlots urbains entiers.
Au début, le lieu s’appelait Mission Park. Le nom « Dolores » lui vint peu à peu de la rue et de la mission voisine. La mission elle-même reçut son nom courant du ruisseau disparu et de la Laguna de Nuestra Señora de los Dolores, Notre-Dame des Douleurs, l’un des noms de la Vierge Marie.
Il ne reste aucun cottage du campement sur la pelouse. Leur disparition était prévue par le contrat : la personne qui avait payé sa maison devait l’emporter d’ici et commencer avec elle une vie sur son propre terrain.
Sur place
Le parc est ouvert tous les jours de 06:00 à 22:00. Toilettes : au printemps et en été de 08:00 à 20:00, en automne et en hiver de 08:00 à 17:30.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Pour le récit, il est préférable de gagner le bord supérieur du parc, sans occuper les chemins ni les espaces de repos. Le versant ouvert peut être très ensoleillé et venteux.
