Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Pierres portant des numéros gravés
- Long bâtiment du marché couvert
- Petite tour d’horloge du marché
L’histoire du lieu
Près des anciennes portes de la ville, un espace libre a été conservé, et le long de celui-ci s’étire un marché couvert avec une petite tour d’horloge. Lorsque le vieux Vyborg avait déjà dépassé ses anciennes limites, son centre restait encore exigu : les rues étroites enserraient les maisons en bois, les poêles et les remises. La place fut réservée au commerce alimentaire quotidien, puis un marché apparut à côté, avec des boutiques, un rayon de poisson pour les poissons vivants et des chambres frigorifiques en bas. C’est pourquoi le pavage ouvert et le long bâtiment commercial coexistent ici : un même lieu a reçu à la fois une place et un toit pour le commerce.
À six heures du matin, des paysans des villages autour de Vyborg arrivaient ici. Les légumes, les fruits, les produits laitiers, la viande, ainsi que les baies et les champignons cueillis dans la forêt rapportaient de l’argent à leurs exploitations. On ne pouvait pas garer une charrette n’importe où : chaque marchand recevait un emplacement dont le numéro était gravé directement dans la pierre. Certains de ces chiffres se trouvent encore dans le pavage.
Un passage traversant était réservé aux charrettes. Les vendeurs plaçaient les chevaux, la croupe tournée vers lui et le museau vers la marchandise : le fumier restait ainsi plus loin des denrées alimentaires. La viande ne pouvait être vendue qu’après inspection. La place n’était pas nécessaire aux rassemblements solennels, mais à la rencontre quotidienne de deux groupes dépendants l’un de l’autre : les exploitants ruraux qui vivaient de la vente de leur récolte et les citadins qui achetaient ici des produits pour leur foyer.
Jusqu’au milieu du dix-neuvième siècle, des fortifications se dressaient à cet endroit. Elles appartenaient à l’administration militaire, bien que Vyborg se fût depuis longtemps étendue au-delà de leurs limites. Dans les années mille huit cent quarante et mille huit cent cinquante, les anciens de la ville demandèrent à plusieurs reprises à Saint-Pétersbourg l’autorisation de démanteler les murs délabrés. Le vieux centre restait exigu, les rues étroites y étaient mal aérées et, dans une ville de maisons en bois, de poêles et de remises, tout incendie pouvait gagner le pâté de maisons voisin.
En mille huit cent cinquante-neuf, un décret impérial remit les murs à la ville. Deux ans plus tard, on approuva le nouveau plan du géomètre provincial Berndt Otto Nyumalm, chargé de tracer rues et pâtés de maisons sur les terrains libérés. La ville ne reçut pas d’argent pour démanteler les fortifications. Les fonctionnaires divisèrent le nouveau territoire en parcelles et les vendirent aux enchères à des marchands, artisans et employés locaux. Le produit de ces ventes paya la démolition : l’enceinte de pierre fournit elle-même les moyens de son propre démontage. La superficie de Vyborg destinée à la construction fut presque multipliée par six, tandis qu’un espace libre fut laissé près des anciennes portes pour le commerce alimentaire.
Au début du vingtième siècle, les charrettes et les étals seuls ne suffisaient plus. En avril mille neuf cent six, la ville ouvrit près de la place un marché couvert. On y installa quatre-vingt-deux emplacements de vente, deux boutiques et un rayon de poisson avec quatre bassins pour les poissons vivants ; des chambres frigorifiques furent aménagées au sous-sol. Le long bâtiment à la petite tour d’horloge devant la place est ce marché même.
On ne place plus les charrettes selon les numéros gravés dans le granit. Quelques pierres numérotées sont restées parmi les pavés ordinaires, et le commerce se poursuit tout près, sous le toit du bâtiment que la ville ajouta aux rangées à l’emplacement du mur démantelé.
Sur place
La place est toujours ouverte ; le marché et les pavillons fonctionnent selon les horaires actuels des locataires, qu’il vaut mieux vérifier sur place.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Le marché peut suivre ses propres horaires commerciaux, mais l’essentiel de l’histoire se lit bien depuis la place. Ne prévoyez ni achat imposé ni pause à l’intérieur.
